Trump provoque une tempête, le Premier ministre haïtien semble être épargné

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Certains diront que le Premier minsitre, trop absorbé à faire l’éloge de la caravane initiée par le président Jovenel Moïse, a été pris de court, que sa réaction spontanée ne traduit pas réellement la profondeur de sa réflexion sur un sujet aussi délicat.

 Dirait-on qu’il ne s’en préoccupait pas? Qu’il ne s’en était pas indigné à l’instar des organisations internationales, des défenseurs des droits de l’homme à l’échelle mondiale, des Haïtiens et amis d’Haïti ayant marché en Floride et à Manhattan, lesquels ont condamné ces propos qui traduisent, selon eux, le racisme du chef de la Maison-Blanche?
Le chef du gouvernement haïtien n’a-t-il pas été informé des milliers de messages d’indignation et d’excuses au nom du peuple américain addressés en la circonstance à l’ambassade d’Haïti à Washington?
On est en droit de le supposer. En effet, alors qu’il inaugurait le lundi 15 janvier le Centre de réception et de livraison de documents d’identité (CRLDI), à Jérémie, le Premier ministre haïtien est apostrophé par un confrère sur la réaction du gouvernment à cette insulte qui dépasse la dimension d’un pays ou d’un continent. Sa réponse, dite sur un air désinvolte, est loin de celle attendue d’un chef de gouvernement d’un pays fier et souverain : «Bon nou pa la jodi a pou sa, men menm Trump di li pat di anyen…Trump di li pat janm di pawòl sa yo».- Nous ne sommes pas là aujourd’hui pour en parler, mais Trump se défend d’avoir rien dit de la sorte”…. Et le Premier ministre haïtien qui, vraisemblablement accorde à M. Trump le bénéfice du doute, d’ajouter: «Men si l te di yo, sa t ap regretab!- seulement ce serait regrettable, s’il avait tenu pareils propos! »
Certains diront que le Premier minsitre, trop absorbé à faire l’éloge de la caravane initiée par le président Jovenel Moïse, a été pris de court, que sa réaction spontanée ne traduit pas réellement la profondeur de sa réflexion sur un sujet aussi délicat. Mais d’autres objecteront qu’un responsable politique, un chef de gouvernement de surcroît, aurait dû se préparer à une telle éventualité et saisir l’opportunité pour exprimer la position de son gouvernement, de son pays et se rapprocher de la population indignée.
Le Dr Jacques Guy Lafontant se rattrapera sans doute, le temps pour la caravane de finir son parcours, la tempête provoquée par Donald Trump se sera sans doute assoupie pour s’évanouir bientôt, du moins pour certains, dans l’euphorie du carnaval.
Yvon Janvier source Le Nouvelliste