Et si les mairies et l'université se mariaient pour de bon ?

Publié
1 semaine ago
Dernière mise à jour
1 semaine ago
1269 views
Time to
read
2’

La signature du protocole d’accord entre la Fédération nationale des maires d’Haïti (Fenamh) et l’Université d’État d’Haïti (Ueh) la semaine écoulée est une initiative qui mérite d’être applaudie. À partir de ce protocole, l’UEH va mettre des stagiaires, ses experts et son savoir-faire au service des municipalités en vue de leur renforcement. Avant l’Ueh, l’Université Quisqueya (Uniq) a signé avec la Fenamh, depuis 2016, un protocole d’accord dans le cadre d’un projet. «Vwazen», tel est le nom du programme de l’Université Quisqueya.

Il n’est un secret pour personne que le pays fait face, à tous les niveaux, à une carence de ressources humaines qualifiées. Selon les déclarations du coordonnateur de l’Office de management et des ressources humaines (OMRH), Josué Pierre-Louis, l’administration publique haïtienne dispose de moins de 5% de cadres détenteurs d'une licence universitaire. Quel paradoxe pour un pays qui a plus de 130 universités reconnues ! On peut accuser les universités haïtiennes de tous les maux, mais on ne peut pas nier que les ressources humaines qu’elles forment sont en grande partie laissées au chômage ou poussées vers l'étranger. Un gaspillage de ressources pour un pays qui en manque cruellement.

Dans un tel contexte, le partenariat entre les universités haïtiennes (notamment Uniq, Ueh) et la Fenamh est à encourager. Ces deux institutions universitaires, avec leurs nombreux champs d’études, peuvent accompagner les municipalités dans la modernisation de leur gestion. C’est un cadre idéal pour permettre aux étudiants, surtout les boursiers de l’État haïtien, de mettre leurs compétences et leur fougue au service du pays. C’est aussi un moyen de permettre à l’université de jouer son rôle et d’être plus utile à la société. Une occasion idéale pour faire découvrir le pays et ses problèmes à nos jeunes diplômés.

Les universités haïtiennes n'ont jamais eu la place qu'elles méritent dans la société. Dans le cas de l’UEH, institution publique financée par le Trésor public, elle est souvent vue comme une source de problèmes à cause de ses crises récurrentes. On a souvent oublié que l’institution reste également un espace où l’on produit des connaissances et des réflexions qui peuvent aider à la résolution de nos problèmes. Il est légitime que le pays mette à profit ces ressources. À ce niveau, nous n’avons pas à réinventer la roue, mais à suivre la voie tracée par d’autres pays qui font de leurs universités un élément central dans leur développement.

Il n’est pas trop tard pour accorder à chaque université, publique ou privée, une place dans la résolution de nos problèmes. Nous avons trop longtemps pensé que ce sont les millions de dollars qui vont sauver le pays. Les milliards de dollars dépensés au nom du peuple haïtien après le séisme du 12 janvier 2010 ainsi que les fonds PetroCaribe nous prouvent le contraire. Sans les idées, sans la recherche scientifique, sans des hommes bien formés à tous les niveaux, les milliards de dollars peuvent créer plus de problèmes que d’en résoudre.

Que d’autres institutions publiques et privées fassent comme la Fenamh, le pari de s’associer aux universités du pays – publiques ou privées – pour chercher des solutions aux problèmes de toutes sortes auxquels le pays fait face ! Ce sera un partenariat gagnant-gagnant, pour le bien du pays. L'université comme les collectivités ont un rôle vital à jouer dans le développement d'Haïti. Souhaitons que ces partenariats dépassent le stade des annonces et des poignées de mains !

Jean Phares Jerome Source Le nouvelliste

Animateur (s)

Portrait de Anne Merline Eugene
La Mafia existe
6 mois 3 semaines ago
Portrait de Jacques Adler Jean Pierre
Agenda Culturel RTVC - 20 Avril 2017
1 année 7 mois ago