Que fait Jovenel Moïse du soutien américain ?

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John Bolton

Ce lundi, le président américain Donald Trump a mis fin aux services de son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton. L'ancien ambassadeur des États-Unis d'Amérique à l'ONU sous George Bush avait des idées bien arrêtées sur Haïti. Avec son départ de ce poste hautement stratégique, le président Jovenel Moïse perd un allié. Le faucon aimait bien la façon dont Haïti était gérée et ne le cachait pas.

“Nous attendons avec impatience une journée productive de réunions avec les dirigeants des Caraïbes : des Bahamas, d'Haïti, de la République dominicaine, de la Jamaïque et de Sainte-Lucie, à Palm Beach et à Mar-a-Lago. Ces pays choisissent la prospérité et la démocratie plutôt que la souffrance et la corruption”, avait écrit sur Twitter l’ambassadeur John Bolton, conseiller à la sécurité nationale du président Donald Trump, le 22 mars 2019.

Ce jour-là, le président Trump allait accueillir le président Moïse chez lui dans le cadre d'un mini sommet régional. 

Bolton est aussi celui qui avait reçu à la Maison-Blanche le ministre haïtien des Affaires étrangères Bocchit Edmond et l'actuel chargé d'affaires d'Haïti à Washington Hervé Denis en plein peyi lok en février 2018. Un message sans équivoque, à l'époque. 

Sans rien offrir d'autre à Haïti que le bouclier américain, Bolton avait réussi à complètement aligner Haïti sur les positions américaines sur le Venezuela et la Chine. 

Maintenant que le puissant conseiller s'en va, totalement désavoué par Donald Trump, on ignore ce qui restera de ses vues sur la situation haïtienne. Mais on peut déjà se demander ce qu'a gagné le pays dans l'affaire ?

Pour Jovenel Moïse et le PHTK, on le sait déjà : ils sont encore au pouvoir comme le veut la constitution en dépit des protestations de l'opposition et du raz le bol général. 

Mais et Haïti ?

Ces derniers mois, la sécurité a continué à se dégrader sur tous les points du territoire. Aucun bailleur de fonds n'a pu débourser un centime pour Haïti. Les emplois dans la sous-traitance sont encore un rêve. La démocratisation se porte au plus mal. La bonne gouvernance n'est toujours pas une exigence à l'ordre du jour. La corruption est toujours un idéal et la combattre un voeu pieux. 

L'appui américain a aidé le pays à s'enfoncer dans le rouge avec des clignotants en folie dans tous les secteurs. Nous sommes comme pris dans la spirale du pire. L'opposition ne joue pas le jeu du dialogue et du partage du pouvoir tandis que l'exécutif et ses alliés renforcent leurs acquis, conquièrent de nouveaux territoires.

L'ère Bolton s'achève et Haïti ne sait toujours pas ce qui sortira de bien de son amitié sans faille avec les États-Unis. Ni l"opposition ni le gouvernement ne s'en servent pour améliorer le sort des Haïtiens. Ni ici ni ailleurs dans le monde. 

Edito du Nouvelliste

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Frantz Duval collabore au Nouvelliste depuis 1985. Il a une grande histoire de fidélité et de passion avec Le Nouvelliste où il a occupé les postes de responsable Création et Interactivité à partir de 2002 et de responsable de la section Economique à partir de 1994. Directeur de publication de Ticket et...

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