PENSER NOTRE HUMANITÉ DANS L’ HAITIANISME, UNE INVITATION À DÉCOLONISER LE CIEL HAÏTIEN.

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Lavoisier Cherisier

Le chaos s'installe et l'esprit de force s'impose en roi. De la dictature à la démocratie, chétif est le bilan. En trois fois, notre salut du blanc importé. Et oui, l'échec en plus deux siècles récolté. Pourtant de l'esclavage et du colonialisme, la France fait la gloire de Saint-Domingue. On parle même de Perle des Antilles jadis. Prospérité il fut, la France se vante. Et nos ancêtres de ce joyau ont voulu expérimenter nouveau. Passé et présent, à comparer certains crient "paradoxe". Situation complexe, des historiens et analystes, l'encre ne cesse de vomir. Eh toi, 1804 qu'as-tu accouché ? La liberté , elle répond. Cette fille qui suscite l'angoisse existentielle de l'haïtien. De l' haitianisme, on en veut mais l'Occident pèse encore trop lourd dans la balance.

Le choix “d'Être” par la négation de l'existence, ces negres ont choisi. Et de l'Essence, ils doivent inventer. ”. Cette responsabilité corollaire de la liberté léguée à nous de l'assumer. Compléter cette liberté tant voulue et rêvée par nos ancêtres et l'accomplir par le biais d’une pensée propre et spécifique élaborée, voilà un devoir sacré. Fruit d’une pensée haïtienne qui se veut autonome et libre d'un positionnement du soi-haïtien sur l’échiquier mental mondial elle en a droit. Quitte à inventer ses propres outils d’opérations mentales et spirituelles, reconnaissance elle réclame.

Aujourd’hui assimilé à  ce qui n'est pas nous: l’Occident. Notre histoire est claire là-dessus. Contraint à penser à  l’Occidentalo-centrisme, aliénation je proteste. Peu à peu, notre conscience assassinée par ces colons intellectuels qui travaillent de concert avec leurs maîtres occidentaux à  nous maintenir  aliénés. Ô Occident, cet éternel autre qui nous fait la guerre en permanence, par tous les moyens, cherche à éteindre le cerveau haïtien. Ce parasitisme intellectuel auquel l'élite intellectuelle haïtienne est soumise doit être perçu comme l’un des maux de notre société dont les racines remontent à  l’époque coloniale. L’amour de soi, de notre humanité dans notre haitianisme, doit être l’expression d’une pensée libre qui se débarrasse du parasitage intellectuel et ranimer notre conscience léthargique. Pendant longtemps, nous survivions sans penser. Il est temps pour nous de laisser l’esprit  haïtien vagabonder, contempler, imaginer, et enfin s’inventer.

Et à celà j'accuse. L’homme haïtien est connu pour être réceptif, passif des idéaux, modèles occidentaux. Processus de civilisation, on nous prêche. Ce progrès est considéré, du point de vue des mentalités, comme contrôle. Cultivé, il est ainsi en mesure d’exercer son jugement. Haute culture, il s'exclame pourtant imposée par l’occident, est caractérisée par un univers mental dans lequel baigne notre élite intellectuelle. Conditionnement et limitation, à la capacité d'expression de notre élite intellectuelle, toutes les structures mentales que l’Occident imposent. Prisonnière et esclave est-elle de la pensée occidentale. Cet asservissement par la pensée est encore pire que les chaînes physiques que nos ancêtres ont pu rompre au prix de leur sang. Tout effort qui vise à  décoloniser le ciel haïtien de ses dieux étrangers( structures, outils, et formes mentales) est fondé sur le refus de l’aliénation mentale. Responsabilité morale oblige, celle qui orientera notre liberté vers l’appropriation et la création d’un univers mental compatible avec notre “Pour-soi” qui se traduira dans les faits par l’élimination totale de notre facticité. Hé non, notre condition d’existence mentale en tant que peuple n’est pas insupportable en soi, mais elle doit le devenir. Rendons-là absurde. C’est  dans l’absurdité même de notre condition d’existence ontologique qu’on  doit puiser la raison, oui, le sens de l’urgence d’une action.

Plus de  200 ans de chaos, d’angoisse existentielle ontologique, d’amertume, de ténèbres spirituelles. Malgré tout, notre misère  n’est en fait que le miroir de notre liberté. Notre finitude de peuple noir et libre chaque jour qui nous effraie. Dans la transcendance occidentale, refuge on en trouve pas. Alors, brisons ce ciel hérité, et des matériaux, bâtissons un nouveau. Ce travail philosophique doit commencer par une critique massive de l’ensemble de notre univers mental id nos représentations mentales ( la connaissance, croyances religieuses, la morale classique..etc) qui aboutira à  un rejet total ou la néantisation de tout ce qui n’est pas notre “Pour-soi”.Néantiser signifie créer des possibles au sein du monde tel qu’il est, figé, c’est y introduire de la liberté. Elle doit être le dépassement de tous les faits, structures mentaux occidentaux vers la création spirituelle de non propres valeurs. Cette invitation à  “Penser” par nous-mêmes et pour nous mêmes, est en fait une façon d’exister. “Exister" dans le sens ontologique du terme a travers la création d’un ensemble de valeurs, principes qui nous permettent de nous définir dans l’univers mental par rapport au non-soi.

Bien sur que oui, nos cerveaux ont été en sommeil.  Nous penser reviendrait à avoir non seulement conscience des grands mécanismes qui structurent nos vies (par exemple ceux de la société), mais s’y soumettre tout de même. Penser, ce serait faire des autres à la fois un moyen et une fin. Ne soyons pas dupes. Il existe un ensemble de structures à  travers lesquelles tout l’arsenal conceptuel occidental nous est transmis. A cet égard, on peut considérer les formes qui régularisent nos activités mentales comme les coutumes, rituels, codes linguistiques, images esthétiques. Il est impératif que nous commençons par étudier cette mentalité par un examen sérieux  des réalités psychologiques desquelles découlent nos conceptions de l’homme haïtien dans ses relations les plus intimes et à ses habitudes mentales de base. En fait, on doit penser notre  “Humanité” dans notre haitianisme. Il est vrai qu’une telle entreprise  est au prise avec un risque perpétuel. Eh Oui, penser notre humanité dans notre haitianisme fait peur, parce que ce que nous aimons occulter d’habitude, le Mal, le Chaos, la Complexité, en d’autre terme “ l’Autre” qui est à  la fois en nous et hors de nous, et qui nous revient de plein fouet. Nous devons penser à  nous aimer et à  aimer la vie sous toutes ses formes. C’est cela “Être humain”. Je dirais qu’il faut nous aimer l’autre, le reste du monde, mais de toujours penser à  nous aimer d’abord.

Lavoisier J. CHÉRISIER.
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