Partez tous !

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Bernard Gousse

Nous sommes avilis !

 

Nous, qui avons fait le choix de vivre, d’étudier, de travailler et d’éduquer nos enfants ici, nous sentons avilis par un Exécutif qui a failli sur tous les plans, mais dont les membres s’accrochent à des fonctions qu’ils déshonorent tout en en profitant des privilèges avec une arrogance que n’égale que leur incompétence. Leur autorité ne leur sert qu’à une chose, nous écraser, sirènes hurlantes, avec les grosses voitures dont nous assumons les coûts.

Autorité couarde, car officiels peureux, ils ne gouvernent rien au-delà des portails de la capitale, le pays entier étant livré à l’anarchie, aux bandits et à l’absence d’État. Même à la capitale, les administrations centrales des ministères sont paralysées, les tribunaux dysfonctionnels et, nous qui les payons n’avons droit à aucun service.

La police est injuriée par un pouvoir qui la désavoue et libère des mercenaires étrangers. Elle est démoralisée lorsqu’à chaque arrestation de criminels des politiciens font pression et obtiennent leur libération.

La population, avec raison, se sent violée face à l’insécurité impunie, volée par la dégringolade de la gourde et le gaspillage des fonds PetroCaribe, insultée par les stratagèmes de protection des dilapidateurs lesquels sans vergogne ambitionnent leur retour au pouvoir.

Quand les fonctionnaires ne sont pas payés, quand les hôpitaux ne sont pas équipés, quand les écoles sont insuffisantes, le spectacle hideux de la répartition égoïste des maigres ressources de l’État ou des secteurs lucratifs comme la douane, les impôts, s’apparente à un partage de butin que s’arrachent des pillards.

Nous sommes insultés par un parlement qui ne vote rien, un parlement kleptomane qui engloutit chaque année davantage de fonds des contribuables que pour la santé ou l’éducation. Un parlement où la vulgarité, le vandalisme et l’indécence ont remplacé la rhétorique. Des parlementaires qui ne pensent qu’à leurs avantages immérités et pas aux lois à voter. Une population affamée ne peut comprendre que les parlementaires du pays le plus pauvre du continent s’arrogent des privilèges dont un parlementaire britannique n’ose même pas rêver. En appliquant au parlementaire haïtien le même taux de rémunération dont bénéficie son homologue anglais, soit 2,7 fois le PIB par habitant, l’ensemble de ses émoluments, i.e salaire plus autres avantages, ne devrait pas être supérieur à US $2.175 ! Êtes-vous prêts, messieurs, dames, à une telle cure d’amaigrissement ?

Faut-il désespérer ? Je veux croire qu’il y ait de la place en politique pour l’honneur, et le sens du bien commun. Je veux encore croire que l’intégrité, la formation, la discipline et la réussite professionnelle soient les conditions d’accès aux fonctions électives ou nominatives. Je suis persuadé que la majorité d’entre nous attend et est prête à soutenir ces hommes et ces femmes désireux de servir dans la dignité, de faire la guerre au crime et à la corruption, de favoriser l’effort….. et de projeter au monde une autre image d’Haïti fière et digne. Nous avons ici et ailleurs des compétences qui ne demandent qu’à être sollicitées. Des générations ont souffert de ce complot contre l’intelligence, exilées dans leur propre pays. Il nous faut donc faire le ménage !

Vous nous faites honte !

Partez, mais partez tous !

Bernard Gousse

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