En lisant le dernier livre d'Etzer Emile...

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Michèle Oriol

Pendant les fêtes de fin d’année, Etzer Emile était sur toutes les radios, on ne voyait que lui à la télévision et sur les affiches dans les rues. Impossible de le rater sur WhatsApp et autres réseaux sociaux. Apport intellectuel ou campagne de communication ? Vendre des idées ou vendre une personne ? J’ai irrésistiblement eu envie de répondre à ces questions.

Un langage clair, des mots simples. Pas de pédanterie. L’auteur est économiste mais il couvre un spectre assez large des sciences sociales : le social, les institutions, la politique, la gouvernance.

Etzer Emile nous dit des vérités qui méritent d’être dites. Haïti n’a pas toujours été pauvre ou, comme il dit, « si pauvre ». En 1960, Haïti et la République dominicaine avaient le même PIB. En 2004, la République dominicaine a multiplié son PIB par neuf pendant qu’Haïti ne bougeait presque pas. La structure de l’économie haïtienne a changé : le secteur agricole n’est plus la locomotive de l’économie, nous ne sommes plus « un pays essentiellement agricole ». Même si les raisons qu’il avance ne sont pas nécessairement les bonnes comme nous le verrons plus loin, même si la réduction de la part de l’agriculture dans le PIB implique en général un progrès de l’économie, ce n'est pas le cas chez nous.

L’horizon de temps est aussi clairement annoncé : les trente dernières années. Il prend le risque de passer à côté des phénomènes qui s’inscrivent dans le temps long, comme il prend le risque de passer à côté de faits marquants de ces trois décennies.

Les concepts

Le concept-clé est la pauvreté. L’auteur nous donne les nuances apportées par les uns et les autres depuis deux siècles. Il nous donne deux clefs pour nous situer :

- La pauvreté générale ou pauvreté relative ou l’absence de « revenus suffisants pour satisfaire ses besoins essentiels non alimentaires » : habillement, énergie, logement.

- La pauvreté extrême ou pauvreté absolue qui est l’absence de « revenus nécessaires pour satisfaire ses besoins alimentaires essentiels sur la base de besoins caloriques minimaux ». Cette pauvreté est souvent renforcée par des carences collectives graves : analphabétisme, longévité réduite, maladies pouvant être évitées, etc.

On peut regretter que l’auteur n’ait pas situé clairement la position d’Haïti. Il est nécessaire de savoir que nous n’en sommes plus à la première définition, qui a concerné la plupart des pays du monde jusqu’au milieu du XXe siècle. La société d’abondance, la société de consommation dont l’image étalée dans les télévisions des grands pays agit comme un aimant sur les masses des pays du tiers-monde, est récente, date d’après la Deuxième Guerre mondiale. En d’autres termes, on peut être pauvre et vivre relativement bien. Mais on peut aussi être pauvre, d’une pauvreté abjecte qu’on appelle la misère : pauvreté individuelle, pauvreté collective. Etre un pays pauvre n’est pas un souci. C’est dramatique d’être un pays misérable. Et on ne peut pas avoir les mêmes politiques dans un pays où la pauvreté est marginale et dans un pays où règne la pauvreté de masse.

Je me permets de renvoyer le jeune auteur à la théorie, si contestée qu’elle ait été, si vieille qu’elle puisse paraitre, de John Kenneth Galbraith sur la pauvreté de masse et l’état d’esprit qu’elle crée : la résignation, l’accommodation. Nous le voyons depuis novembre 1980 et Cayo Lobos, nous le voyons tous les jours avec les départs pour le Chili : la seule réponse est individuelle, dans l’exode.

Bien d’autres concepts émaillent le texte et Etzer a le soin d’essayer de nous apporter des définitions opérationnelles. J’ai calé dès les définitions de la rente. J’en suis encore au concept balzacien du rentier avec sa redingote noire qui passe chaque fin de mois ramasser les loyers de son capital immobilier. Il m’a semblé que tout est rente. Je suis donc partie vers des dossiers qui m’étaient plus familiers.

L’agriculture

L’agriculture donc d’abord. On peut signaler en passant quelques erreurs historiques. Le XIXe siècle agricole c’est le café, le bois de teinture, le bois, le coton. Le XXe le café, le cacao, le sisal, la banane, la mangue, les huiles essentielles. Si l’on s’en tient aux exportations. Ce sont des erreurs mineures.

Dès l’énoncé de ce point en effet, la petite agriculture familiale est désignée comme coupable : elle a empêché la création d’un « secteur agricole compétitif, rentable, moderne et à grande échelle ». Dès la première phrase, le verdict est tombé : c’est un secteur en perte de croissance : jusque -3.5% en 2014-2015. Et le secteur avait fait pire : - 7.43% en 2004 ! La magie des chiffres. La condamnation est sans appel : « l’agriculture familiale s’est avérée catastrophique et inadaptée ». En d’autres termes, le paysan haïtien a fait couler l’agriculture haïtienne.

Ayant travaillé pendant des années à faire des enquêtes en milieu rural, je suis impressionnée par la précision des chiffres dans un pays où les produits agricoles ne sont toujours pas évalués au poids mais aux mesures folkloriques qui empêchent toute comptabilité, toute standardisation : les marmites (chaque coin a sa marmite), la tôle, le chapeau, le lot, etc. Comme diable nos économistes arrivent-ils à produire ces chiffres qui leur permettent d’affirmer la rentabilité ou la non-rentabilité d’une culture, d’une agriculture ? Et de savoir au centime près le coût des dégâts d’un cyclone.

Notre économiste se trompe aussi sur la nature des choses. L’agriculture haïtienne est une agriculture de subsistance, nous dit-il quand toute la littérature spécialisée dit bien que le tissu de l’agriculture haïtienne est fait de petites exploitations familiales marchandes et que l’essentiel de ce que le pays a exporté depuis l’indépendance vient de ces petites exploitations – et qu’il en a été de même de l’essentiel de ce que nous avons mangé il n’y a guère plus de trente ans avant le décontingentement de l’importation des produits agricoles, notamment le riz. La petite exploitation familiale marchande n’est pas une formule adoptée pour faire plaisir aux Nations Unies il y a trente ans : elle est née du morcellement des grandes habitations coloniales au début du XIXe siècle.

L’agriculture a toujours été une branche de l’économie mal comprise par nos économistes, même les meilleurs. Ils confondent facilement taille des exploitations agricoles et taille des parcelles, par exemple. On ne peut pas dire que c’est un mal en soi que 75% des exploitations agricoles font moins de deux carreaux ; deux carreaux en café ou en riz, c’est limite, mais c’est une fortune si on fait du maraîchage.

Les raisonnements sont inversés : ce n’est pas la faiblesse du secteur qui entraine la dépendance vis-à-vis des produits agricoles étrangers et l’inflation. Ce n’est pas un choix de politique agricole qui fait la faiblesse du secteur. C’est le choix de politique économique ultra-libérale qui a été faite au départ de Jean-Claude Duvalier, dans un grand élan démagogique de faire baisser le coût de la vie pour se fidéliser une clientèle politique. Lorsque le ministère des Finances et la banque centrale cassent les barrières douanières, négocient l’entrée d’Haïti à l’OMC, demandent au CARICOM qui impose à 40% l’entrée des produits agricoles sur ses territoires de faire une dérogation pour Haïti pour continuer à ne pas imposer les produits agricoles à l’entrée du pays, le ministère de l’Agriculture n’est pas consulté. Les paysans non plus.

Quand un secteur représente, bon an mal an 20% du PIB et 40% des emplois comme le dit Etzer Emile, c’est un secteur auquel l’Etat doit accorder une attention particulière et se pencher sur ses vrais problèmes : accès aux intrants et au crédit, mécanisation, outillage, organisation des marchés, organisation des filières, protection douanière. C’est ça qui peut faire des gains de productivité. Sans perdre de vue que nourrir sa population est un élément incontournable de souveraineté nationale.

Il y a certes des gains de productivité à faire. Mais il y a aussi des niches occupées ou à occuper : nous sommes premier producteur mondial de vétiver, nous avons commencé à nous faire une place dans le café et le cacao de qualité. Tout n’est pas immobile. Mais la politique agricole ne peut pas se définir seule, sans que la politique économique se réoriente.

On le sait de façon certaine : nos villes haïtiennes sont sans économie et le niveau de vie y est bien plus bas que dans la campagne haïtienne, contrairement aux constats faits dans la plupart des pays du monde. Ce n’est pas l’urbanisation qui peut à court ou moyen terme constituer une alternative à l’agriculture paysanne en grande partie détruite.

Le foncier

Le foncier ensuite. Le foncier a bon dos. On sait que tout ce qui ne marche pas dans le pays c’est de sa faute, de l’investissement à l’urbanisation sauvage. Etzer Emile partage cette opinion. Il est tout à fait curieux de suivre le raisonnement sur cette institution « d’une complexité extrême ». Tous les problèmes fonciers s’expliquent par l’absence de cadastre. C’est la diaspora, l’une des plus grandes victimes des problèmes fonciers, nous dit-il citant Le Nouvelliste et Robenson Geffrard. Ces problèmes existent depuis l’indépendance et ont été amplifiés par le tremblement de terre de 2010. Et puis ONU-Habitat l’a dit : Haïti est « un pays où les terres sont concentrées dans les mains de quelques grands propriétaires terriens ». Et aussi le milliardaire mexicain Carlos Slim. Une revue des situations africaines (Ethiopie, Afrique du Sud, Afrique subsaharienne) permet de conclure (« donc ! ») que le foncier est l’obstacle par excellence à l’investissement et à une politique de logement. Nous « tournons autour du pot ». L’OEA a élaboré « un programme de modernisation du cadastre et de la gestion des biens fonciers » en 2010. Le CIAT a proposé des mesures qui ne sont pas mises en œuvre. Le CIAT « se voit transformé en une bureaucratie pour la réalisation de colloques et d’ateliers, et pour la production d’études. Quid de la législation du foncier ? »

Un incroyable manque d’informations ! Un a priori d’immobilisme qui contribue au découragement citoyen. Il est urgent de faire le point.

Si le foncier apparait au moment du tremblement de terre comme un obstacle majeur à la reconstruction, c’est parce que les experts internationaux qui se précipitent à notre chevet ont pour la plupart une expérience africaine ou asiatique du foncier. En d’autres termes, de pays où l’essentiel du foncier appartient à l’Etat ou est en propriété communautaire ou villageoise. Ils sont peu préparés à comprendre les réalités foncières haïtiennes, qui sont celles d’une grande partie de la Caraïbe, à savoir la petite propriété privée marchande, telle qu’elle existe chez nous depuis plus de trois siècles, telle qu’elle existe chez eux, en Europe ou en Amérique. Ils ont basé leur stratégie de reconstruction sur la quête de ces espaces publics, loin de la zone sinistrée, ce qui nous a donné notamment la naissance de Canaan. Au lieu de faire une ouverture vers les classes moyennes propriétaires de cette capitale dévastée et de leur donner les moyens de reconstruire.

Le jeune Etat d’Haïti avait hérité de l’Etat français une masse foncière importante d’habitations confisquées par l’administration française à ceux que celle-ci considérait comme des contre-révolutionnaires. Après Dessalines qui voulait continuer une politique d’affermage et Christophe qui a tenté de créer une propriété féodale, Pétion et Boyer réalisent la première réforme agraire d’Amérique latine en distribuant plus de 100 000 hectares par petites parcelles autour de 5 carreaux. Pendant tout le XIXe siècle, ceux qui au hasard de l’histoire et du marché foncier avaient hérité ou acheté de grandes propriétés les revendent à leurs « associés » et fermiers paysans, anciens esclaves, inscrits dans le modèle vivrier des « places à vivres » coloniales. Le recensement agricole de 2008/2009 aussi a fortement contribué à discréditer de façon forte cette affirmation simplificatrice d’un foncier monopolisé par quelques grands propriétaires et à établir la généralité de la petite propriété.

On est toujours dans la simplification quand on présente le cadastre comme la solution par excellence aux problèmes fonciers. L’OEA a bien tenté après le tremblement de terre de prendre les financements que la communauté internationale voulait mettre à la disposition d’Haïti mais c’est finalement le CIAT qui a, avec des financements français et de la BID, pris le leadership d’une réforme foncière conçue comme holistique : appui à la création d’associations de notaires et d’arpenteurs, mise au point d’une méthode de réalisation d’un cadastre simplifié, photographie aérienne en 3-D comme instrument de base pour le cadastre, création d’un réseau d’antennes pour faciliter le travail des arpenteurs et des topographes sur tout le territoire, bases pour la numérisation des archives foncières publiques (plus de 2 millions de pages) et privées, formations à plus de 200 professionnels, travail technique et lobbying qui débouche sur le dépôt à la Chambre basse il y a deux ans de quatre textes majeurs (notariat, arpentage, cadastre, conservation foncière). Le cadastre de la commune de Camp-Perrin, commune pilote par excellence, a permis l’identification de 21 634 parcelles sur 16 989 hectares et celui de Sainte-Suzanne, encore inachevé, de 8 107 parcelles sur 8 976 hectares. Le titrement a commencé à Camp-Perrin et à Chantal, en partie cadastré. Le travail est en cours sur les communes de Grande Rivière du Nord et de Bahon. Beaucoup reste à faire mais techniquement le cadastre est aujourd’hui possible sur tout le territoire haïtien et un nouveau cadre juridique et institutionnel est en train de se mettre en place. Ce dernier dépend essentiellement du vote de ces quatre textes et de… la dizaine d’autres textes qu’il faudra produire dans les prochaines années.

Les grands absents

Quand on revient au cadre général dans lequel s’inscrit ce livre, on est surpris par l’absence ou la présence discrète d’éléments majeurs pour la réflexion et l’action.

Mais où est donc Lesly Delatour ? La pensée précède souvent la pratique économique. Or, Delatour est le grand penseur de la déstructuration de l’économie haïtienne, de 1986 à nos jours. Et même un peu avant, puisqu’il a fait partie du cabinet de Marc Bazin, ministre des Finances de Jean-Claude Duvalier. C’est un prestidigitateur : dénoncé comme Chicago boy par la gauche haïtienne en 1986, il traverse impavide le temps et les gouvernements. Ministre des Finances du CNG (avril 1986-février 1988), gouverneur de la Banque Centrale (décembre 1994-février 1998), il se retrouve avec Aristide le grand penseur de l’intégration d’Haïti à la mondialisation – au prix de la destruction de toute barrière douanière, de toute la production nationale, agricole et autre. C’est le grand pape des rencontres du 2 janvier de Kesner Pharel pendant plus de dix ans. A la tribune de radio Métropole, il expose toute l’orthodoxie de l’économie haïtienne qui a lentement mais sûrement mené à la situation actuelle. Haro sur tous les protectionnistes, obsolètes, archaïques.

Et l’embargo ? Comment comprendre l’économie haïtienne sans parler de l’embargo de 1991-1995 dont l’économie haïtienne ne s’est pas encore remise ? Aujourd’hui encore, on n’est pas revenu aux performances économiques d’avant 1986 et des pans entiers de l’économie ont été définitivement détruits. C’est l’embargo qui permet à la République dominicaine d’entrer en force sur le marché haïtien, aidant le peuple haïtien à ne pas s’effondrer sous le poids de l’embargo mais verrouillant par la suite des filières clés.

Et la démographie ? C’est la variable assassine. Quoique modeste par rapport à d’autres démographies, la démographie haïtienne amplifie les effets d’une économie qui stagne ou qui régresse. Nous étions 3 097 220 millions avec 12% de population urbaine en 1950. Nous ne savons pas aujourd’hui combien nous sommes, restant en attente d’un recensement général qui doit se faire cette année. Mais deux groupes de chiffres permettent d’évaluer la situation au cours des trente dernières années. En 1982, nous étions déjà à 5 053 792 habitants et 25.8% de population urbaine. Les projections de l’IHSI pour 2015 affichent une population totale de 10 911 819 et 52% de population urbaine. Nous avons donc doublé la population totale comme la population urbaine pendant l’une des périodes de notre histoire où l’Etat n’a jamais été aussi faible et incapable de prendre la mesure du phénomène. Fait majeur de la démographie de ces dernières années au moins, l’immigration, clandestine ou non, aurait dû être un thème majeur des politiques publiques.

Et la Constitution ? Elle est la clé pour comprendre l’équilibre (le déséquilibre ?) actuel entre les institutions qui les paralysent toutes et nous traine inexorablement vers l’anomie. Malgré les réformes annoncées et les bonnes intentions il n’y a plus d’indépendance des trois pouvoirs, principe que Montesquieu met au centre de la bonne gouvernance depuis le XVIIIe siècle. Tout le reste n’est que conséquences…

Comparaison n’est pas raison

Etzer Emile est piégé par ses sources, pour l’essentiel des rapports du système des Nations Unies ou assimilés : FAO, Banque mondiale, PNUD, tous producteurs de rapports dont la dominante est la comparaison entre pays, sur la base d’indices dont le national n’est pas toujours évident dans tous les contextes nationaux. On ne cherche donc pas la logique interne d’un système social, politique et économique. Le Rwanda, la République dominicaine, Taïwan, la Thaïlande. On fait feu de tout bois.

Toutes les références citées sur le foncier par exemple concernent d’autres pays : ONU-Habitat et, Adams, Cousins et Manona (Afrique du Sud), Atwood (Afrique), Feder et Feeny (Banque Mondiale), Besley (Ghana), Deininger et Jin (Ethiopie), Place et Hazell (Afrique subsaharienne), l’OEA. Le CIAT est cité mais aucune de ses études n’est citée ni aucun de ses travaux mentionné.

Cette gymnastique géographique ne permet pas d’entrer dans la logique d’un système national et d’en saisir la complexité.

La responsabilité

Un titre accrocheur est un procédé classique de com qui peut choquer. Le titre dérange. Le sous-titre aussi. La raison, quand elle ne désigne pas la capacité de raisonner ou une certaine forme de sagesse, fait référence à un principe explicatif, cause ou conséquence d’un fait. Une raison explique, une raison démontre, une raison prouve ; c’est le sens premier du mot. Prouver c’est établir par le raisonnement, le témoignage, les pièces à conviction. Ce sous-titre est quelque part un pléonasme. On peut au moins dire qu’il y a redondance.

Revenons au titre. Choisir suppose qu’on a eu l’opportunité de trier de façon raisonnée ou non, de sélectionner. Choisir suppose qu’on a pu faire des comparaisons, exercer son jugement. Choisir suppose une liberté dont 1804 a fait bénéficier les citoyens haïtiens mais pas le pays haïtien.

Dans la vie d’une nation, les choix sont limités. Par la géographie notamment. Le « destin manifeste » des Etats-Unis aurait-il pu s’exprimer si les Américains n’avaient pas au fil du temps constitué cet immense territoire ? Plus que pour une vie humaine, les choix d’une nation sont contingents et la gamme des options est réduite. Si non, c’est un destin par défaut qui se dessine par les choix que l’on ne fait pas. Sans vouloir rien excuser, peu de pays ont eu moins de choix que Haïti : un territoire exigu, perdu dans la mer des Caraïbes.

Au-delà d’un débat sémantique qui peut paraître pédant, futile ou tout au moins trop académique, je crois avoir compris et j’ai apprécié le sens de la démarche du jeune auteur : créer, recréer, de la responsabilité, de la citoyenneté. Mais il faut prendre garde à ne pas croire ou faire croire que nous sommes totalement maitres de notre destin. Plus aucun pays n’a aujourd’hui cette marge de manœuvre. Il peut être dangereux pour une petite nation pauvre de penser ainsi.

Michele Oriol Source Le Nouvelliste

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