Les femmes et les sciences, un défi continu...

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Depuis plus de trente ans, des associations féministes haïtiennes s’engagent dans une lutte acharnée pour la participation des femmes dans tous les domaines, notamment l’éducation. Pourtant, aujourd’hui encore, l’univers scientifique et professoral universitaire haïtien semble être moins accessible aux femmes.

Les sciences communément appelées « sciences dures », pour leur aspect rigoureux, sont souvent attribuées au domaine de la gente masculine. Une tendance qui parfois impose une orientation, voire une certaine limite aux femmes sur le plan professionnel.

« Quand j’ai intégré le département de Mathématiques à l’Ecole Normale Supérieure (ENS), les professeurs ont cru que je n’étais pas à ma place. Lors d’un cours d’Algèbre, un professeur m’a dit de partir, car les femmes ne font pas les maths », confie Antonine Phigaro Oscar, professeure et doctorante en mathématiques.

Dans certains cas, même après avoir bouclé le cycle d’études, les femmes se coltinent encore des stéréotypes à tout-va. Certaines professeures se font sous-estimer comparativement au sexe opposé.

« J’ai commencé à travailler en secondaire. A la première prise de contact, les élèves ont cru que je n’étais pas à la hauteur en se comportant comme bon leur semble en salle de classe. Il a fallu que je m’affirme en tant que femme et professeure de mathématiques afin de prendre le contrôle. », Poursuit-elle.

Au fil du temps, les femmes intègrent timidement les départements spécialisés aux « sciences dures » à l’Université d’Etat d’Haiti. Il arrive même qu’on compte seulement une fille au sein d’une promotion. Cette situation provoque parfois une source de motivation pour l’étudiante qui se trouve dans l’obligation de se donner à fond pour prouver qu’elle est bien à sa place.

« Etant la seule femme de ma promotion à la Faculté des sciences, je me suis trouvée dans l’obligation de me prouver. Je restais après les cours pour travailler dans des groupes avec les garçons afin d’évoluer avec eux », témoigne, Farah Altagracia Dorval, docteure en hydrologie urbaine, lors d’une entrevue accordée à Alterpresse.

Aux facultés des Sciences humaines et sociales de l’Université d’Etat d’Haiti, la présence féminine est plus ou moins corsée dans les corps professoraux, comparativement aux autres entités. Aujourd’hui, on compte seulement deux femmes doctorantes et professeures de mathématiques à l’Ecole normale supérieure.

L’intégration des femmes dans tous les domaines de la vie constitue encore une lutte ouverte en Haiti. La socialisation en Haiti doit enseigner aux filles que leur condition de femme n’établit pas de limite à leurs aspirations. 

SOURCE ALTER PRESSE

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