Le président va-t-il se remettre à présider ?

Publié
2 semaines ago
Dernière mise à jour
2 semaines ago
3252 views
Time to
read
1’

Frantz Duval Rédacteur en Chef du Nouvelliste

Depuis le 9 juin 2019, date du lancement de la version soft de l’épisode 2 du « peyi lòk », le président Jovenel Moïse économise ses forces.

Mis à part une prise de parole le jour du 24e anniversaire de la Police nationale d’Haïti, le 12 juin dernier, le président n’a pas été très prolixe. Il a peu dit. A été peu vu. N’a pas pris d’initiative spectaculaire.

Le président garde un profil bas. Pour ne pas prêter le flan aux critiques. Pour ne pas gaspiller ses cartouches. Parce qu’il n’a pas de solution à proposer.

Chacun peut choisir son explication.

N’était les délégations de diplomates américains ou de l’OEA (encore des Américains) qui nous permettent de voir de temps à autre Jovenel Moïse en compagnie d’émissaires, la récolte de photos serait très pauvre pour ce mois de juin.

Heuresement, il y a les messages sur Twitter. 7 en juin jusqu’à présent. Sans eux, la pensée du chef de l’État serait encore plus inconnue de nous.

Ce vendredi, le président et sa femme ont honoré de leur présence la fête nationale du Canada en l'ambassade du pays de l'érable. Il n'a pipé mot. Présence remarquée, mais silence complet. 

Le pays pourra-t-il rester une semaine de plus sur pilotage automatique ? C’est la question que se posent de nombreux observateurs.

Si certains ministères font encore comme si on y travaille, l’administration publique est à l’arrêt. Il n’y a plus ni ordre, ni direction, ni mission, ni ambition et surtout aucune ressource dans la grande majorité des boites de l'Etat.

Seules bougent encore les institutions qui génèrent des fonds de part leur nature, les forces liées à la sécurité présidentielle et le ministre des Affaires étrangères. Dans ce cas précis, si le ministre est en représentation permanente, les diplomates haïtiens ne font que rêver toutes les nuits de recevoir les mois d’arriérés de salaires qui leur sont dus, ce dans toutes les capitales du monde.

Les autres pouvoirs ne se portent pas mieux. Le Parlement est d’une inactivité exemplaire. Le judiciaire est englué dans des rêves de pouvoir de transition, une grève larvée et le proverbial manque de moyens qui touche la justice comme son auxiliaire, la police.

Les dernières nouvelles qui font état de menaces graves pesant sur la vie et l’intégrité des membres de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif ne sont pas de nature à améliorer l’image d’un Etat qui se délite et semble disparaître au fil des jours.

Pour toutes ces raisons et parce qu’en politique on ne peut pas rester indéfiniment immobile, le président se doit de prendre des initiatives.

S’il assure qu’il ne compte pas démissionner, le président Moïse va-t-il se remettre à présider et chercher à avoir un gouvernement ou le pays devra-t-il s’entendre sur une alternative viable à lui soumettre ?

Edito du Nouvelliste

Animateur (s)

Portrait de Anne Merline Eugene
La Mafia existe
1 année 2 mois ago
Portrait de Jacques Adler Jean Pierre
Agenda Culturel RTVC - 20 Avril 2017
2 années 2 mois ago