Le piètre spectacle des sénateurs-acteurs

Publié
1 semaine ago
Dernière mise à jour
1 semaine ago
1548 views
Time to
read
1’

Frantz Duval - Redacteur en chef du Nouvelliste - President de l' ANMH

Quand on va au théâtre, on s’attend à voir du spectacle. On est sûr cependant que la pièce est déjà écrite. Qu’un metteur en scène a tout supervisé. Que les acteurs, avant de se présenter sur scène, se sont entraînés. Qu’il y a eu des répétitions.

Au théâtre, on ne propose au public que ce qui est fin prêt.

Au Parlement haïtien, au Sénat plus précisément, périodiquement il y a des spectacles à l’affiche. Des sénateurs-acteurs font la tournée des médias pour attirer l’attention du public, promettent monts et merveilles, déclarations et révélations, attirent les caméras de la presse, invitent premier ministre, ministres, secrétaire d’État et directeur général de la Police nationale d’Haïti et lancent leur représentation à l’heure décidée par eux-mêmes, dans leur local.

Rarement cependant les pièces sont à la hauteur des espérances du public ou des réclames des sénateurs-acteurs.

C’est long. Décousu. Verbeux. Pompeux. Et puis ? Et puis ? Rien.

L’affiche du 4 décembre 2018 a été à l’image de précédentes représentations théâtrales données au Sénat de la République. Ceux qui avaient cru au miracle ont tout suivi mais n’ont rien vu ou appris que le premier venu ne pouvait pas leur dévoiler.

Pas une des questions importantes qui étaient à l’ordre du jour de la pièce n’a tenu la promesse des suspenses entretenus. On n’a rien découvert de bien nouveau. Surtout pas la vérité ni sur le massacre de La Saline, ni sur les parlementaires qui supportent les gangs, ni sur les autorités du gouvernement qui aident les bandits à s’enfuir ou qui les libèrent de prison, ou qui les hébergent. Rien.

Après dix heures de débats, le public n’avait qu’une seule certitude : il n’en a pas eu assez pour son argent avec ces sénateurs-acteurs. Le Sénat, qui coûte des milliards de gourdes à la République, n’est pas fichu de ficeler une petite pièce de théâtre. C’est à désespérer du talent de nos politiques.

On ne peut qu’espérer que la prochaine fois qu’il sera question de parler de choses sérieuses, que nos parlementaires auront la bienséance de travailler leur texte, de maîtriser leur jeu, de préparer leurs répliques, de travailler les dialogues, d’apprendre leur métier d’acteur avant de monter sur scène.

Nos honorables parlementaires du Sénat peuvent aussi tout faire à huis clos. Il n’est vraiment pas nécessaire de faire perdre au pays des heures pour des spectacles d’aussi piètre qualité. D'autant que, en matière de sécurité, ce qui était à l'ordre du jour le 4 décembre, on ne peut pas évoquer de tels problèmes ni leurs solutions devant caméras et public.

Edito du Nouvelliste

Author

Frantz Duval collabore au Nouvelliste depuis 1985. Il a une grande histoire de fidélité et de passion avec Le Nouvelliste où il a occupé les postes de responsable Création et Interactivité à partir de 2002 et de responsable de la section Economique à partir de 1994. Directeur de publication de Ticket et...

Animateur (s)

Portrait de Anne Merline Eugene
La Mafia existe
7 mois 3 semaines ago
Portrait de Jacques Adler Jean Pierre
Agenda Culturel RTVC - 20 Avril 2017
1 année 8 mois ago