L’affaire des mercenaires-missionnaires va-t-elle emporter ou renforcer Jean-Henry Céant ?

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Premier Ministre Jean Henry Ceant

C’est par un message posté mercredi soir sur Twitter que les Haïtiens ont été informés que « la séance d’interpellation du Premier ministre est fixée au mercredi 20 mars 2019 au Sénat de la République ». Le tweet porte la signature du président du Sénat, Carl Murat Cantave.

La veille, le mardi 12 mars, lors d’une séance portant sur l’arrestation et la libération des sept étrangers lourdement armés sur le territoire haïtien puis « transférés » et libérés aux États-Unis, neuf sénateurs avaient décidé d’interpeller le Premier ministre Jean-Henry Céant, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique et le ministre de l’Intérieur, pour les porter à faire la lumière sur cette affaire qui suscite beaucoup de questions.

La séance d’interpellation du Premier ministre peut déboucher sur son renvoi en cas de vote de non-confiance des sénateurs. Cela fait déjà des mois que l’on parle de changements qui doivent être effectués dans le cabinet Céant. Depuis quelques jours, c’est l’interpellation du Premier ministre qui se préparait. On en parlait. C’est fait.

À quelle issue faut-il s’attendre ?

En Haïti, la séance d’interpellation est toujours très délicate. Rares sont les chefs de gouvernement qui en sortent vainqueurs. La séance souvent ne se déroule même pas sur les sujets ayant provoqué l’interpellation.

Les parlementaires s’en servent soit comme un piège pour renverser un Premier ministre, soit comme un moyen pour le renforcer, pour le mettre à l’abri du président ou d’une autre branche du pouvoir législatif.

Le Premier ministre qui reçoit un vote de non-confiance part. Celui qui reçoit la confiance de l’une des deux chambres reste en poste pour six mois sans qu’il soit possible de l’interpeller à nouveau avant la fin de ce délai.

Ce 20 mars, Jean-Henry Céant sera au terme de ses premiers six mois au pouvoir. Il devra compter ses alliés ou s’en offrir de nouveaux pour rester en poste.

On imagine mal que la séance d’interpellation qui attend Jean-Henry Céant va se dérouler comme les précédentes. Les sénateurs connaissent la situation. Le pays n’a même pas de budget régulièrement ratifié ni même déposé. Les caisses sont vides. Les sénateurs vont-ils quand même passer des heures à faire des demandes pour des projets dans leurs départements respectifs ?

Les sénateurs savent aussi que l’affaire des mercenaires ou des missionnaires arrêtés lourdement armés, puis libérés, puis transférés libres aux États-Unis d’Amérique est une affaire d’État qui s’est réglée d’État à État. Ils peuvent vouloir embarrasser quelques personnes, mais la «vérité vraie» ne sortira pas au grand jour.

Le premier ministre Jean-Henry Céant, qui ne peut plus promettre monts et merveilles, lui qui passait comme une des victimes potentielles de l’affaire des mercenaires-missionnaires, va-t-il passer à la casserole ou recevra-t-il un gilet de protection antirévocation après la séance d’interpellation ?

Il faudra attendre pour le savoir. Les grandes manœuvres sont en cours. Il y a des enjeux qui dépassent les acteurs pris un à un.

Edito du Nouvelliste

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Frantz Duval collabore au Nouvelliste depuis 1985. Il a une grande histoire de fidélité et de passion avec Le Nouvelliste où il a occupé les postes de responsable Création et Interactivité à partir de 2002 et de responsable de la section Economique à partir de 1994. Directeur de publication de Ticket et...

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