Vers l’acte III du feuilleton Lapin au Sénat de la République

Publié
3 jours ago
Dernière mise à jour
3 jours ago
1513 views
Time to
read
1’

Senat Haitien 2019

Après plusieurs heures de tergiversations assorties d’injures et de bagarre entre les sénateurs de l’opposition et ceux qui supportent l’équipe au pouvoir, le climat qui régnait à la salle de séances n’a pas permis au Premier ministre nommé, Jean-Michel Lapin, de faire l’énoncé de sa politique générale devant le grand Corps le mardi 14 mai 2019.

L’arrêté du Premier ministre nommant les membres du cabinet ministériel et octroyant un portefeuille ministériel en plus à quatre membres du gouvernement constitue la pomme de discorde entre les sénateurs de l’opposition et les supporteurs du pouvoir. Contrairement à la déclaration du sénateur Joseph Lambert faisant croire que ce cas s'est répété avec d'autres Premiers ministres, il n'en est pas ainsi. Aucun autre Premier ministre nommé n'avait procédé de la sorte. C’est un cas inédit dans l’histoire récente des cabinets ministériels en Haïti.

Pour justifier le bien-fondé de la décision du Premier ministre Lapin, le sénateur Lambert s’est référé à l’article 34 du décret du 17 mai 2005 sur l’administration centrale de l’Etat. L’article est ainsi libellé : « Le Premier ministre, en accord avec le président de la République, peut décider, dans le cadre de la mise en œuvre de l’action gouvernementale, de placer plusieurs ministères sous la tutelle d’un ministre. » Selon toute vraisemblance, le sénateur Lambert n’a pas su faire la différence entre un Premier ministre en fonction qui met en branle l’action gouvernementale et un Premier ministre nommé qui n’a pas encore reçu la bénédiction des deux Chambres sur sa déclaration de politique générale. L’article 34 évoqué par le sénateur ne peut pas être appliqué par le Premier ministre nommé, car il n’a pas encore franchi les étapes nécessaires à l’investiture du cabinet ministériel.

Après deux séances avortées au Sénat, comment Jean-Michel Lapin se présentera-t-il de nouveau au Parlement, avec son cabinet ministériel, pour obtenir un vote de confiance sur sa déclaration de politique générale ? De toute évidence, un nouvel arrêté doit nécessairement rapporter celui nommant les ministres avec des portefeuilles additionnels. Les nouveaux ministres qui doivent combler les quatre postes ministériels vacants doivent être à l’abri de tout soupçon. En outre, pour calmer l’ardeur des parlementaires de l’opposition dans les deux Chambres, le Premier ministre Lapin devra trouver un autre citoyen pour le poste du ministre de la Justice et de la Sécurité publique.

Les conditions posées à l’article 172-1 de la Constitution amendée pour occuper le poste de ministre serait à l’origine de l’action posée par le Premier ministre nommé. Différentes personnalités consultées ont décliné cet honneur pour absence de décharge. D’autres ne veulent pas s’aventurer dans cette conjoncture incertaine.

Comment se présentera l’acte 3 du feuilleton Lapin au Sénat de la République ?

Lemoine Bonneau source Le Nouvelliste

[email protected]

Animateur (s)

Portrait de Anne Merline Eugene
La Mafia existe
1 année 3 semaines ago
Portrait de Jacques Adler Jean Pierre
Agenda Culturel RTVC - 20 Avril 2017
2 années 4 semaines ago