La révolte des zombies enchainées

Publié
2 mois ago
Dernière mise à jour
2 mois ago
4127 views
Time to
read
3’

Kerlens Tilus

Personne ne peut prendre plaisir aux malheurs des autres, mais il y a de ces malheurs qui arrivent qui sont provoqués par l’insouciance de ceux qui y sont l’objet. La révolte d’un groupe de citoyens haïtiens cette fin de semaine qui a secoué la capitale haïtienne était prévisible.

Depuis plusieurs mois, des membres du gouvernement et des « machann mikwo » ne cessaient de justifier une potentielle augmentation des produits de premières nécessités. Le programme d’ajustement structurel prôné par le FMI avait fait des malheureux un peu partout dans le monde, au début de l’année le premier ministre jordanien a du démissionner sous la pression populaire. Au Mexique, le peuple a saccagé plusieurs entreprises et magasins à cause de l’augmentation du prix des carburants à la pompe. Les Haïtiens sont déjà essoufflés par une misère chronique, plus d’un encourageaient le gouvernement de prendre d’autres mesures appropriées et de ne pas augmenter le prix des carburant. Comme Jovenel Moise est un homme qui n’entend personne et qui agit comme bon le semble, il a pris la décision d’augmenter le prix des carburants et le peuple a réagi ? Est-ce vraiment le peuple qui a réagi. Tout au long de cet article, nous allons essayer de nous positionner par rapport à cette révolte pour ne pas dire casse et donner notre point de vue sur le dénouement de cette situation. 

D’entrée de jeu, je dois dire que comme futurologue, homme de pensée et chrétien croyant je condamne toute forme de violence. J’embrasse l’arme de la dialectique. Mais, dans le cas de ce qui s’est passe cette fin de semaine, l’on se demande si le peuple a raison. Sont-ce réellement d’innocents citoyens qui ont décidé de piller des magasins et brûler des entreprises privées ? J’ai eu la chance d’entendre des dizaines de messages voix et de voir des vidéos. Cette révolte n’est pas spontanée, c’est une action bien planifiée. Le démolissement des maisons des voisins de Jovenel Moise à Pélérin 5 et l’augmentation du prix des carburants a mis de l’eau au moulin des protestataires. C’est un mouvement de protestation qui a été suivi dans tout le plan, mais qui a fait plus de dégâts dans la capitale haïtienne. Certains des manifestants étaient armés, ce qui a porté les agents de sécurité qui surveillaient les entreprises vandalisées ou brulées à battre bas et laisser les révoltes agir. Les casses qui se sont produites cette fin de semaine est la résultante du laxisme du pouvoir en place et de la frustration des millions d’Haïtiens qui est montée au paroxysme. Mais, elles sont également la résultante de la guerre de gangs. Tout le monde sait qu’il y a toujours une lutte entre les Syro-Libanais/ Syro-Juifs et les mulâtres pour le contrôle de certaines sphères d’activités dans le monde économique. Le secteur énergétique est ce sésame qui incite à la guerre. Voilà que Reynold Bonnefil n’est plus de ce monde, on cherche à tout prix à prendre sa part de gâteau. Est-ce qu’on peut résumer ce qui s’est passé à une affaire de bandits et vagabonds qui pillent et qui brisent tout sur leur passage comme l’a dit Jovenel Moise à Radio Télé Boston hier au soir ? Non, une partie de la population a pris part à ces casses qui ont été planifiées et dirigées. 

Cela fait déjà dix-sept mois que Jovenel Moise a pris fonction comme chef de l’Etat. On ne ressent pas le dynamisme de l’action gouvernementale. Le gouvernement va de scandale en scandale. Quand ce n’est pas la corruption qui est décriée, ce sont des ministres qui sont mal nommes. Samedi soir, le président de la république, au lieu d’adresser le malaise, d’aller à la source et de dire à la population comment il va respecter les prescrits de la constitution et diriger dans l’intérêt suprême d’Haïti et de la population en général, a plutôt brossé certaines de ses réalisations et a parlé de promesses qui tardent à venir. Nous avons vu que c’est un Jovenel Moise affaibli, fatigue et tremblotant qui est apparu à la télévision pour raconter des histoires à faire dormir des enfants debout. Il est bon de rappeler que Jovenel Moise est élu par moins de 5% de la population en âge de voter. Le président inculpé a un déficit de légitimité. Malgré tout, durant ces premiers mois au pouvoir, il a pris des mesures pour conforter les nantis d’Haïti au détriment de la population. Premièrement, une histoire de caravane pour permettre à quelques commerçants de la place

Kerlens Tilus 

 

Animateur (s)

Portrait de Anne Merline Eugene
La Mafia existe
4 mois 3 semaines ago
Portrait de Jacques Adler Jean Pierre
Agenda Culturel RTVC - 20 Avril 2017
1 année 5 mois ago