La mise en place du chaos

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Frantz Duval - Rédacteur en chef du Nouvelliste

« S'il y a encore un président de la République dans ce pays, mwen panse l ap enstwi chèf polis la pou l pran les dispositions que de droit », a déclaré lundi le président de la Chambre des députés Gary Bodeau.

La deuxième tentative de statuer sur l’opportunité de mettre en accusation le président de la République pour crime de haute trahison venait de tomber à l’eau faute de quorum quand le député de Delmas a lâché cette sentence terrible.

Quelques secondes auparavant il avait fait remarquer que « Sou wout mwen, mwen kwaze anpil depite k ap retounen paske les conditions ne sont pas réunies! Je rappelle que nous sommes dans un État de droit! ». Des députés avaient dû battre en retraite à cause de l’insécurité dans le périmètre du Parlement où manifestants, pneus enflammés et détonations d’armes à feu faisaient décor à la séance.

Ce même lundi, un examen pour évaluer les agents 4 de la Police nationale d’Haïti a été affecté par un incident. Des policiers se sont interposés et ont renversé le mobilier pour empêcher d’autres policiers de prendre part à l’évaluation qui doit leur permettre de monter en grade. Une affaire de préséance entre promotions, rapporte-t-on.
Au Parlement comme en salle d’examen de la PNH, la police a failli à sa mission. Ceux qui doivent veiller à la bonne marche de nos institutions aussi.

On ne compte plus les incidents et les précédents regrettables qui s’accumulent ces derniers temps.
La déliquescence de l’État et les manquements des hommes qui conduisent la destinée de la nation sont évidents. Pire, cela passe comme une lettre à la poste à chaque fois en dépit du fait que nous dégringolons les échelons dans la course vers le fond.

Si le Parlement ne siège pas, pour une raison ou pour une autre, il n’y aura pas de gouvernement. S’il n’y a pas de gouvernement, les problèmes ne seront pas abordés. Si l’insécurité augmente, les institutions s’effaceront. Si les institutions défaillent, l’insécurité s’élargira.

À un mois de la rentrée scolaire et de la vacance parlementaire qui mettra fin à la 50e législature, jamais l’avenir n’a paru si hypothéqué et nos responsables plus absents.

Edito du Nouvelliste

Author

Frantz Duval collabore au Nouvelliste depuis 1985. Il a une grande histoire de fidélité et de passion avec Le Nouvelliste où il a occupé les postes de responsable Création et Interactivité à partir de 2002 et de responsable de la section Economique à partir de 1994. Directeur de publication de Ticket et...

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