Hommages du Lieutenant -Général Ret. Prosper AVRIL FAd’H au Feu le Major- Général Ret. Max VALLÈS FAd’H le 13 juillet en l’église Altagrace de Delmas, Haïti

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Major Genereal Max Valles saluant le Lt General Henry Namphy - Archives

« Monsieur le lieutenant-général Jodel Lesage, Commandant en chef des Forces Armées d’Haïti, p.i.,
Monsieur le général de brigade Sadrac Saintil, chef d’État-major général des Forces Armées d’Haïti,
Monsieur le général de Brigade retraité Acédius Saint-Louis, ancien ministre de l’Intérieur et de la Défense Nationale,
Révérend Père,
Chers parents de notre regretté frère Max Vallès,
Chers amis ici présents,
C’est avec un cœur endolori que je fais mes adieux à mon ami d’enfance et camarade de combat Max Vallès (Ti-Max)
Aujourd’hui 13 juillet 2019 se déroulent aux États-Unis d’Amérique, en Floride, les cérémonies funéraires de mon digne frère d’armes, le major-général Max Vallès, mon ami Ti-Max, enlevé à l’affection des siens le jeudi 28 juin dernier. En cette douloureuse circonstance, je présente mes profondes sympathies à sa courageuse épouse Solange, à ses enfants, Carline, Sandra, Daphnée, Claude-Laurent et Pierre Max, ainsi qu’à toute la famille, terriblement affectés par cette perte cruelle.
C’est l’occasion aussi pour moi de revivre des souvenirs qui ont émaillé notre vie et tissé des liens indélébiles entre Max Vallès et moi depuis soixante-quinze (75) ans déjà. On s’est rencontrés dès la plus tendre enfance, c’était en automne 1944, dans la salle de classe de 12ème de mère Camille au Petit Séminaire Saint-Martial. On s’était vite liés d’amitié. Nous avions formé, lors, un petit groupe de trois amis : lui, un petit prénommé Gaetano et moi. On était inséparables. On s’amusait ensemble et on s’échangeait volontiers les petits avions en papier que, dans la «Cour des Petits», nous confectionnait mère Félicienne, la titulaire de la classe de 11ème.
Nous avons quitté en même temps le Petit Séminaire après la 5ème, prenant chacun une direction différente, lui, au lycée Alexandre Pétion, moi, au lycée Toussaint Louverture. Cependant nos liens d’amitié sont restés intacts. Tous les deux, on s’est présentés en été 1957, au concours d’admission à l’Académie Militaire. Il fut reçu comme cadet, mais pas moi. Je n’avais pas atteint le poids requis (120 livres) pour franchir l’étape des examens physiques. J’ai moi-même été admis à l’Académie en 1959, donc, nous sommes de promotions différentes dans l’institution militaire.
En avril de l’année 1968, le lieutenant Max Vallès, fraîchement rétabli dans le service actif, me rejoignit à la Garde Présidentielle, l’organisation militaire responsable, à l’époque, de la protection du président de la République et des membres de sa famille. En effet, à partir du mois de novembre 1966, Max avait été, pour un temps, séparé du service, sous la rubrique : Pour le bien du service ».
« Heureux mécompte ! » s’était-il écrié, lorsque cela arriva. Car, Max Vallès en a profité pour embrasser une carrière d’écrivain, ce qui lui réussit à merveille. Mordu de l’écriture, il sollicita et obtint l’autorisation de continuer à produire des œuvres littéraires même après son retour dans le service actif. Ecrivain et poète, il publia plusieurs ouvrages, dont «Le Rêve de Joaréus », «Le Milicien des Mornes», «Confidences du Tambour», «La Mort de Bouqui», puis «Le Nouveau Bouqui», etc. Homme de grande culture, dramaturge, directeur-fondateur du groupe «Combite Quisquéyenne», Max Vallès eut à présenter sur les planches du Rex Théâtre la magistrale pièce intitulée «Roi Angole» qui connut un grand succès.
Le militaire Max Vallès fut un officier intègre et discipliné. Grâce à la perception d’honnêteté et de loyauté qu’il inspirait à tous, il fut désigné, en 1984, commandant de la Garde Présidentielle, puis, en 1986, membre du Conseil National de Gouvernement.
Bon père de famille, Max a su élever ses enfants dans la crainte de Dieu, l’amour de la Patrie et le respect de l’autre. Grand humaniste, il est le fondateur du Collège Quisquéyen qu’il mit au service des économiquement faibles, une initiative bien accueillie par les familles modestes du Bel Air. Fervent catholique et patriote éprouvé, il publia, en 1992, son ouvrage «Face à Jésus, Haïti vivra», un chant d’espoir pour la renaissance de notre patrie.
Quant à son dernier livre, Ti-Max a tenu à rentrer en Haïti pour m’en apporter personnellement un exemplaire. Son titre : «Lettre à Toi, notre Papa-Bon-Dieu». C’était comme un pressentiment qu’il ne lui restait plus longtemps pour se présenter à son Créateur.
Vas-y allègrement, très cher ami et frère ! Notre Papa-Bon-Dieu est prêt à t’accueillir dans Sa maison. Il t’attend les bras ouverts, car tu as fait Sa volonté sur cette terre et as su bien remplir ta journée!
Merci.
Lieutenant-Général retraité Prosper Avril
13 juillet 2019.

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