Haïti s’installe dans les mauvaises listes, le gouvernement américain le souligne

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Frantz Duval Président de l'ANMH - Rédacteur en Chef du Nouvelliste

La protection des droits de l’homme est au cœur de la politique étrangère des USA et constitue une priorité essentielle de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique en Haïti. Les USA s’engagent à collaborer avec la société civile et à engager leurs citoyens dans la lutte contre la corruption et l’impunité. Tel est le message rendu public sur le compte Twitter de l’ambassade américaine en Haïti ce lundi, quelques instants après la rencontre entre l’ambassadeur Michele J. Sison et Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits de l’homme (RNDDH), le 3 mai, pour discuter du dernier rapport du RNDDH.

Cette prise de position sur une question que l’on croyait délaissée par les USA en Haïti intervient alors que l’ambassadeur Sison doit témoigner bientôt devant le Congrès des États-Unis après la lettre écrite par plus d’une centaine d’élus des deux grands partis américains pour s’inquiéter de la situation des droits de l’homme en Haïti après le massacre de La Saline.

Si les Américains se mettent à écouter la version des organismes de défense des droits humains en Haïti c’est que les démentis portés par l’ambassade d’Haïti à Washington n’ont pas suffi à effacer toutes traces des incidents sanglants de La Saline.

Les droits de l’homme, Haïti et les Etats-Unis ont une longue histoire. Les péripéties infinies du régime des Duvalier pour se débarrasser de l’étiquette de pays où les droits de l’homme ne sont pas respectés peuvent en dire long. Et encore une fois, c’est par la tangente du non-respect de ce droit qu’un gouvernement et des autorités haïtiennes risquent de se faire attraper.

Comme si cela ne suffisait pas, vendredi, c’est encore à l’agence américaine de lutte contre la drogue, la fameuse DEA, que les autorités haïtiennes ont dû remettre un prévenu après que la justice haïtienne a étalé son incapacité à faire la lumière sur l’affaire du bateau Manzanares et de sa cargaison de plus de mille kilos de cocaïne et d’héroïne.

Là encore, sur un sujet sensible, des Haïtiens peuvent se faire prendre dans les mailles du grand filet de notre grand ami.

Comme si cela ne suffisait pas, dans un message délivré ce lundi devant le ministre de la Justice et de la Sécurité publique et des magistrats haïtiens, l’ambassadeur américain n’a pas trouvé de compliments à faire à l’égard de la justice haïtienne. Tout au contraire.

« Nous sommes tous conscients qu’un système judiciaire qui ne fonctionne pas en toute indépendance ouvre la porte à la corruption et est incapable de poursuivre efficacement les acteurs corrompus. Une justice sans éthique professionnelle limite l’accès à la justice, favorise l’impunité et érode la confiance du public dans l’équité et l’objectivité de ces décisions », a déclaré l’ambassadeur Sison.

Plus loin, elle a poursuivi : « La corruption, sous toutes ses formes et ses débouchés, entrave le développement ; elle freine la croissance économique et bloque complètement nos efforts collectifs pour mettre fin à l’extrême pauvreté. »

L’ambassadeur Sison a aussi rappelé que « l’année dernière, Haïti se classait au 161e rang sur 180 selon le dernier indice de perception de la corruption de Transparency International, le plus bas de la région ». Avant d’assener que « le gouvernement américain continue de soutenir la transparence et la reddition de comptes en Haïti. »

Respect des droits humains, lutte contre le trafic des stupéfiants, lutte contre la corruption sont des dossiers, parmi d’autres, qui permettent aux amis d’Haïti et aux institutions internationales de juger les performances des gouvernements haïtiens. Les notes du pays ne sont pas bonnes. Nos responsables peuvent s’inspirer des critiques qui les accompagnent pour chercher à faire mieux aux prochains examens ou laisser le pays s’enliser dans les profondeurs du classement avec les conséquences néfastes qui ne manqueront pas de suivre.

Nous avons toujours le choix et savons quoi faire pour sortir des mauvaises listes. Ne rien faire et y rester sont aussi un choix.

Frantz Duval Edito du Nouvelliste

 

Author

Frantz Duval collabore au Nouvelliste depuis 1985. Il a une grande histoire de fidélité et de passion avec Le Nouvelliste où il a occupé les postes de responsable Création et Interactivité à partir de 2002 et de responsable de la section Economique à partir de 1994. Directeur de publication de Ticket et...

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