Faut-il redouter le départ de l’ONU ?

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Le president rencontre la délégation des Nations Unis

Le festival de jazz de Port-au-Prince ouvre sa 13e édition cette fin de semaine. Il y aura du jazz au Karibe comme à Jacmel. Le PapJazz est réservé aux connaisseurs et réunira des pointures mondiales comme Cécile Mc Lorin Salvant, chanteuse récompensée de deux Grammy Awards aux Etats-Unis et d’une Victoire du jazz en France, entre autres prix et récompenses prestigieuses.

Pour le grand public, le carnaval, depuis le dimanche 13 janvier, offre musiques et retrouvailles. Ce sont des milliers de fêtards qui étaient dans les rues dimanche pour danser au son des DJ montés sur camion. Plusieurs villes du pays -Port-au-Prince, Gonaïves, les Cayes, Croix-des-Bouquets- annoncent déjà la couleur et s’apprêtent à organiser leur défilé pour des jours gras qui s’échelonnent sur plusieurs dimanches avant le mardi gras.

En dépit de tous les problèmes, pour plusieurs semaines, comme une parenthèse enchantée, le carnaval et le festival de jazz vont permettre à la musique d'occuper le devant de la scène. L’administration Moïse-Céant va profiter de la période pour lancer le dialogue national attendu depuis novembre dernier.

On peut se croire dans une période idyllique.

Cependant, les raretés d’essence à répétition des premiers jours de janvier se chargent de nous ramener à la réalité. Les Haïtiens dans les mêmes villes en fête se plaignent de faire la queue pour les produits pétroliers et peinent à trouver de l’électricité…

On annonce, encore une fois ce jeudi, que tout est réglé. On y croit à peine.

Autre préoccupation, le dollar a passé la barre des 80 gourdes. Pour certaines transactions, il faut déjà 81, 82, 83 gourdes pour un dollar américain. Le prix de la devise américaine a un impact sur tous les autres prix.

C’est dans ce contexte qu’un long cortège de véhicules de l’ONU traverse la capitale, emmenant d’un point à l’autre, une haute délégation de l’organisation mondiale qui cherche à s’enquérir de la suite après le retrait annoncé pour octobre prochain de la MINUJUSTH.

Quelle potion faut-il administrer à Haïti ? Une mission légère comme en 1990 ? Une nouvelle mission invisible comme la MINUJUSTH ? Un prolongement sous l’égide du chapitre 7 si des turbulences sont à craindre ? Un retrait en bonne et due forme comme sous la première présidence de René Préval ?

Cette dernière option, en pleine année de renouvellement ou de changement à la tête de la Police nationale d’Haïti et de tenue d’élections, n’est pas souhaitable. Il demeure dans la mémoire les évènements de juillet, d’octobre et de novembre derniers. Les maux de l’économie haïtienne, les problèmes sociaux et les allumettes politiques peuvent enflammer à nouveau le pays.

S’il faut bien un jour enlever à Haïti ses béquilles et faire le constat que le pays peut marcher sans tutelle, il ne faut pas non plus, comme après Préval 1, brusquer le sevrage pour revenir au plus vite avec une assistance plus musclée. Haïti sait si bien reprendre ses habitudes séculaires d’impatience et ses jeux entre coquins dès qu’il s’agit d’élections et de mandat.

Haïti, sans mission de l’ONU, sans protection pesante, est l’horizon idéal. Un accompagnement plus efficace pour renforcer les institutions serait mieux.

Ah! Si les missions onusiennes et l’État haïtien n’étaient pas deux structures productrices d’échecs...

Edito du Nouvelliste

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Frantz Duval collabore au Nouvelliste depuis 1985. Il a une grande histoire de fidélité et de passion avec Le Nouvelliste où il a occupé les postes de responsable Création et Interactivité à partir de 2002 et de responsable de la section Economique à partir de 1994. Directeur de publication de Ticket et...

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