Exit Jean-Henry Céant, que va nous proposer Jovenel Moïse ?

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Frantz Duval - Rédacteur en Chef du Nouvelliste

Avec le renvoi de Jean-Henry Céant par la Chambre des députés par une écrasante majorité de 93 voix pour, 6 contre et 3 abstention et devant l’incapacité du Sénat de trouver le quorum pour sauver la tête du premier ministre, le président Jovenel Moïse a les mains libres pour désigner un nouveau chef de gouvernement.

Bien entendu, rien de ce qui s’est passé au Parlement ce lundi 18 mars n’entre dans la coutume du Parlement. Les élus ont simplement décidé d’écrire une nouvelle page de leur histoire. Un nouveau chapitre.

La guerre de l’interpellation entre les deux branches du parlement s’est achevée avec le renvoi express du Premier ministre, sans sa présence, alors qu’il était au pays et avait écrit pour expliquer son absence. Cette opération en dit long sur ce que peut imposer une majorité décidée à agir. 

Cela dit, cela fait des mois que la rue dissertait sur les dissensions entre les deux chefs de l’exécutif. Ils ne s’aimaient pas. Ils ne s’aimaient plus. Ils ne se sont jamais aimés, dit-on même.

Pour ce qu’il est de la confiance, aucun des deux n’usait de ce mot pour traduire leurs relations.

Est-ce à cause du dialogue manqué ou de sa plainte contre les dilapidateurs du fonds PetroCaribe? Est-ce à cause de ses déclarations sur les mercenaires-missionnaires ou pour ses performances dans la lutte contre la vie chère? Est-ce parce qu’il n’avait jamais été le vrai choix du président ou parce qu’il était resté dans la peau du candidat à la présidence qu’il était ? Est-ce à cause de l’article de la Constitution qui faisait de lui le potentiel remplaçant du président ou à cause des yeux doux que lui faisaient les diplomates étrangers ? À cause de tout cela sans doute, Céant n’a pas pu et n’a pas su apaiser les craintes du président et de ses alliés.

Tous les reproches faits à Céant vont dessiner le contour de son remplaçant. Un président méfiant ne peut faire d’ouverture. Un premier ministre à projets ne peut se mettre au service d’un autre. 

Si aujourd’hui tout porte à croire que Jean-Henry Céant a perdu, rien ne certifie cependant que Jovenel Moïse a gagné. Le match va se poursuivre et Haïti attend le meilleur. 

Edito du Nouvelliste

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Frantz Duval collabore au Nouvelliste depuis 1985. Il a une grande histoire de fidélité et de passion avec Le Nouvelliste où il a occupé les postes de responsable Création et Interactivité à partir de 2002 et de responsable de la section Economique à partir de 1994. Directeur de publication de Ticket et...

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