Par où est la sortie de crise ?

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Frantz Duval - Rédacteur en Chef du Nouvelliste - Président de l'ANMH

Les jours passent. Les mois se suivent et se ressemblent.
La Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) prévoit un inespéré taux de croissance de 0.9% pour l’économie haïtienne cette année. Rien ne dit qu’il sera atteint. Ce taux ne permettra même pas au pays de faire du surplace. La population croît plus vite que l’économie.

La Banque interaméricaine de développement (BID) souligne, dans un rapport, que 59% du revenu des Haïtiens est dépensé pour leur alimentation. N ap travay pou nou manje. Avec l’inflation, il est à craindre que la part des revenus consacrée à l’alimentation augmente. Quand il y a des revenus. 

On ignore le taux réel du chômage en Haïti. Le dernier responsable public qui avait parlé d’emploi n’a pas eu de succès avec son programme. Et quand les entreprises menacent de licencier ou annoncent qu’elles recrutent, cela ne fait ni chaud ni froid à notre actualité

Plus personne ne parle du nombre de fonctionnaires ou de contractuels du secteur public qui n’ont pas reçu leur salaire depuis plus de 90 jours. Personne ne tient ces statistiques. Les dettes de l’État envers ses employés ou envers ses fournisseurs ne sont plus comptabilisées pour ne pas faire exploser le déficit budgétaire. 

Ce qui est certain, c'est que l’inflation dépasse les 18%, le taux le plus élevé depuis dix ans. L’Institut haïtien de statistiques et d’informatique (IHSI) ne cache pas que depuis les épisodes de peyi lòk et la violence dans les quartiers populaires toutes les données ne sont pas collectées. Impossible d’aller en paix dans le plus grand centre commercial du pays, le marché de La Croix-des-Bossales où les massacres se suivent et où le staccato des armes a remplacé la voix des marchands criant leurs bonnes affaires du jour. Likidasyon pa dire. Zam ak bal sèlman ki bon mache.

Trois cents, quatre cents, cinq cents, personne ne sait la somme des millions de dollars qu’Haïti laisse filer. La Banque mondiale, la BID, le FMI, Taïwan, l’Union européenne, la coopération bilatérale, la lutte contre contrebande et les gaspillages, tous les robinets qui pourraient apporter le peu d’eau au moulin de notre économie sont à l’arrêt.

Il n’y a pas de gouvernement stable depuis plus d’une année dans le pays. Et l'on s'en inquiète de moins en moins. 

Pendant ce temps, nos politiques s’enlisent dans les mauvaises affaires. Pas un soupçon de mauvaise gestion, de vol, de détournement de fonds, de kidnapping, de violence qui n’ait son élu en acteur vedette.

Pas un élu haïtien se met au-devant de la scène pour réclamer une meilleure gouvernance du pays. 

Pas un problème auquel se trouve confronté la population qui enlève le sommeil à nos irresponsables. 

Un nouveau mois commence, nos problèmes demeurent.

Edito du Nouvelliste 

Author

Frantz Duval collabore au Nouvelliste depuis 1985. Il a une grande histoire de fidélité et de passion avec Le Nouvelliste où il a occupé les postes de responsable Création et Interactivité à partir de 2002 et de responsable de la section Economique à partir de 1994. Directeur de publication de Ticket et...

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