Entre le Venezuela et Taïwan, Jovenel Moïse fait le grand écart

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Frantz Duval

Nicolas Maduro est réélu depuis dimanche et restera président du Venezuela jusqu’en 2025 avec ce nouveau mandat. Cela méritait bien un tweet.

On a attendu toute la journée de lundi un des fameux tweet du palais national sur les résultats de l’élection présidentielle au Venezuela. Le petit oiseau bleu de Tweeter est resté muet à la présidence. Jovenel Moïse n’a pas encore félicité son homologue et grand ami d’Haïti pour sa réélection.

Il n’y a pas encore de tweet non plus sur le voyage du président de la République pour Taïwan. Ce samedi, le président met le cap sur Taipei. Il espère en revenir avec de bonnes nouvelles et des millions en piles. Haïti a décidé de garder la République de Chine comme ami et de ne pas encore tenter l’aventure avec la République populaire de Chine.

« Notre choix c’est Ti Chin », répète-t-on ici depuis des décennies et cela ne va pas changer. Pour le moment, comme a eu à le dire le ministre de la Communication.

Si les relations entre Haïti et les Etats-Unis dictent sans doute la prudence vis-à-vis du Venezuela -lors du Sommet des Amériques tenu à Lima, le vice-président américain Mike Pence a évité soigneusement de rencontrer le président haïtien-, les mises en garde du sénateur Marco Rubio n’étaient pas nécessaires pour porter Haïti à rester dans l’orbite de Taïwan.

Avec cent cinquante millions déjà mis sur la table pour financer une partie du projet d’électrification du président Jovenel Moïse, Taïwan est pour le moment le seul partenaire à soutenir fortement les ambitions de l’homme de la banane. Les relations avec les entreprises chinoises qui ont promis monts et merveilles depuis la campagne électorale se sont heurtées aux vetos des bailleurs de fonds traditionnels d’Haïti.

Alors, Taïwan on y est, on y reste.

Pour le Venezuela, c’est plus compliqué. Les sanctions américaines contre le régime de Maduro, les difficultés économiques du Venezuela et la baisse du prix du pétrole avaient enlevé l’appétit pour l’amitié avec la République bolivarienne. Haïti, de peur de froisser les intérêts américains et de se retrouver sous les gros sabots de Donald Trump, se tient en retrait et raréfie les démonstrations d’affection pour Maduro depuis des mois.

Qui se souvient de la visite à la cloche de bois de Jovenel Moïse à Caracas comprendra ce qui a changé avec ce pays depuis le départ de Michel Martelly.

Il faut dire que le scandale PetroCaribe a laissé des traces si bien que le défi pour Taïwan sera d’augmenter sa coopération avec Haïti dans la plus grande des transparences, ce au bénéfice des deux pays amis.

Un scandale de plus dans la coopération internationale serait regrettable. Toute ombre au tableau ternira à jamais les relations entre les deux îles.

Entre le lointain Taïwan et le proche Venezuela, les impératifs de la realpolitik imposent au président Jovenel Moïse de faire le grand écart.

Editorial du Nouvelliste

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Frantz Duval collabore au Nouvelliste depuis 1985. Il a une grande histoire de fidélité et de passion avec Le Nouvelliste où il a occupé les postes de responsable Création et Interactivité à partir de 2002 et de responsable de la section Economique à partir de 1994. Directeur de publication de Ticket et...

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