Double peine…

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Sénateur Nahoom Marcellus

L’accident cérébrovasculaire (AVC) du sénateur Nawoon Marcellus, en direct à la télévision, lors d’une séance le mardi 20 mars, a suscité de la peine. Les images du sénateur, incapable de s’exprimer, quelque peu hagard, entouré par ses pairs de tendances politiques différentes avant d’être transporté à bout de bras à l’infirmerie ont aussi provoqué de la compassion et souligné, si besoin était, que tous les êtres humains sont égaux dans la maladie, selon des sources médicales.

Transfuge de Lavalas, ex-maire, ex-député et aujourd’hui sénateur sous la bannière de Bouclier, parti allié de PHTK, le sénateur du Nord mérite des souhaits de prompt rétablissement. Son état est grave. Il est à son second AVC, et cette fois, il a fait une hémorragie cérébrale.

Le second motif d’avoir de la peine a rapport avec la prise en charge du sénateur, avec la décision de l’évacuer vers un hôpital en Floride. Les images des sénateurs en panique, sincères, inquiets et dépassés transportant leur collègue à bout de bras, transpirent le dénuement du Sénat et celui de la République. Si, en théorie, il y a une infirmerie au Parlement, elle fonctionne jusqu’à 4 heures de l’après-midi. Résultat, à part Carl Murat Cantave, médecin, il n’y avait personne de qualifiée dans les parages.

Allez savoir s’il y a un défibrillateur, de l’insuline, des pompes pour libérer les voies respiratoires, des pansements dans la maison des sages au Bicentenaire.

Le sénateur n’a pas été acheminé d’urgence dans un hôpital public. Tous les sénateurs savent ce qu’est devenu, au fil des ans, le système de santé publique. Ils savent que les hôpitaux publics sont depuis longtemps des mouroirs où, pourtant, en dépit du dénuement, quand il n’y a pas de grève, des médecins, des infirmières, de vrais héros, poussent les limites d’une médecine que l’on pourrait qualifier de guerre pour sauver des vies.

Souvent, des malheureux qui ont voté aux élections, déçus par exemple de constater, pour l’exercice budgétaire en cours, que le budget du Parlement est plus important que celui du ministère de la Santé publique, meurent sans soin aux quatre coins du pays.

Si l’on doit se réjouir que l’hôpital Bernard Mevs Medishare project existe, ait reçu et stabilisé le sénateur Nawoon Marcellus, la Toile s’enflamme d’indignation encore une fois. Un homme politique, un haut responsable d’Etat doit finalement être transporté dans un avion-ambulance vers un hôpital à l’étranger.

Dans l’état actuel des choses, le sénateur Marcellus ne risque pas d’être la dernière personnalité politique, homme d’affaires, élément de la classe moyenne ou paysan des zones frontalières avec la République dominicaine à s’expatrier pour se faire soigner. Le système sanitaire, avec autant de défaillances au niveau de la formation de personnel soignant, de financement de soins jusqu’à la prestation des soins, ne va pas s’améliorer comme par magie. Il faudra se retrousser les manches et s’armer de courage, d’intelligence et d'un sacré sens de la priorité en Haïti où les ressources financières sont limitées. Autrement, nos peines se multiplieront à l’infini.
 

Roberson Alphonse Editorial du Nouvelliste

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