AU TRIBUNAL DE L'HISTOIRE, J'AI PRIS LA DÉFENSE DE Jean Jacques DESSALINES: MON BILLET AU FONDATEUR DE LA NATION HAITIENNE

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Jean Jacques Dessalines

Avec ton sens de la stratégie militaire et ton leadership naturel, tu as fondé une nation, tu as fondé un Etat. Pas n'importe lequel mais la Première République Noire de l'histoire du monde. Tu as conduit la première révolte d'esclave noire ayant aboutit de toute l'histoire de l'humanité. Au Panthéon de la gloire, tu auras ta place Empereur.

Tu n'étais pas un intellectuel, mais tu étais savamment épris des idées de liberté, d'égalité et de justice sociale chère à la Révolution Française de 1789. Tu étais un panafricain avant la lettre, la porte de ta maison libre était grande ouverte et accueillante pour les noirs du monde entier.

Certaines de tes décisions ont fait jaser et continuent encore de faire polémique comme le massacre des Français, que certains ont pu  qualifier de raciste et barbare. Aujourd'hui, an 212ème de ton départ,  je tiens à répondre en ton Nom.

Raciste, tu ne l'as pas été et cette décision radicale  n'avait peut-être  rien de raciste. Tu as anéanti la présence intolérable des Français que tu jugeais  esclavagistes, mais  tu as accordé des terres à des Polonais. Les Français étaient-ils plus Blancs que ces légionnaires Polonais ? La réponse est sans aucun doute négative ! Donc en toute logique, tu vins à bout d’un groupe qui représentait, et je dis bien à tort ou à raison, une menace fatale à l'indépendance d'Haïti. C'était donc une décision politique et non raciste.

Doué d'un sixième sens que seuls les grands hommes ont en commun, tu étais en avance sur ton temps en voulant construire une société plus juste et plus égalitaire.

A tes Généraux qui te pressaient de légaliser leurs titres de propriété, tu as tenu tête et sarcastiquement tu leur as demandé : « Que resterait-il pour les noirs dont les pères sont en Afrique? ». La réforme agraire visant à donner des terres à tout un chacun était pour toi une nécessité sine qua non. Cette approche t'a sans doute couté la vie. Mais pour toi ce n'était pas grave,  car ta vie tu en avais déjà fait don depuis longtemps à ta patrie et à ton peuple.

Ce qui devait se produire  advint donc un jour du 17 octobre. Cette date funeste n'était rien par rapport à l'assassinat moral et politique qui s'en est suivi. Oui pendant près d'un siècle, tu avais été ce fondateur d’un grand Etat dont le nom n’était pas autorisé à être prononcé. Ta signature avait été bannie. Tes enfants n'avaient pas le droit d'apprendre tes faits d'armes. Mais dommage pour ces révisionnistes, ils n'ont pas compris l'essentiel: Un symbole ne meurt jamais!

Empereur, tu vivras aussi longtemps que vit ce pays, tu vivras aussi longtemps que cette nation dont tu es le Père-Fondateur perdure. Au Panthéon de la Gloire, lorsque la vérité aura son audience, tu t'assiéras aux cotés de Phocion le grec, aux côtés de Brutus le romain, aux cotés d'Hampden l'anglais, aux cotés de Georges Washington l'américain  et aux cotés du Spartacus noir, le génie, Toussaint Louverture. 

Fernando ESTIMÉ
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Fernando ESTIMÉ est licencié en Sciences Politiques de l’Institut National d’Administration, de Gestion et des Hautes Etudes Internationales. Il est aussi Spécialiste en Diplomatie Economique et Politique Commerciale. Depuis 2012, il est Directeur de recherche à la L’ouverture Institute for Diplomacy and...

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