Au-Delà des Critiques : La Diplomatie Haïtienne, Notre Ultime Rempart

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Bocchit Edmond

« Ecrivez vingt livres. Un critique vous jugera en vingt lignes, et vous ne serez pas le plus fort ». Cette phrase de Jules Renard résonne tellement dans le contexte haïtien qu’on peut même se demander si l’auteur n’a pas vécu en Haïti. Rien d’ethnocentrisme, ni de condescendance, mais on se demande parfois est-ce que ça vaut la peine de s’efforcer pour une carrière avec honneur dans l’administration publique haïtienne. D’aucuns croient que le jeu n’en vaut vraiment pas la chandelle. Ils ont peut-être raison tant il est devenu facile, grâce aux réseaux sociaux, pour des pécheurs en eaux troubles et des jaloux de se cacher derrière leur ordinateur ou téléphone portable pour détruire la réputation des gens honnêtes choisissant de faire carrière dans la fonction publique.

Le cas de Bocchit EDMOND, actuel ministre des Affaires Étrangères et des Cultes, traduit sans demi-mesure l’observation de Jules Renard. Le 166e Chancelier haïtien a environ 30 ans d’expérience dans la diplomatie haïtienne. Il est rentré tout jeune au Ministère des Affaires Étrangères, il a pris du galon et a donc gagné ses épaulettes sur le champ de bataille. Le titulaire du Ministère des Affaires Étrangères est dynamique, motivé et proactif. Son dévouement pour faire de la diplomatie un instrument au service de la stabilité politique saute aux yeux. Quelqu’un d’autre l’a si bien signalé dans un article publié sur le site de la Radio Caraïbes, intitulé « Une Diplomatie Haïtienne au Service de la Stabilité Politique ». Et ce n’est nullement une outrecuidance de situer les actions de Monsieur EDMOND dans la tradition d’une diplomatie intelligente n’ayant rien à envier aux entreprises diplomatiques de certaines figures emblématiques, telles les Anténor FIRMIN, Emile SAINT LOT et Jean PRICE MARS.

Outre d’éviter un chaos que pourrait susciter un départ prématuré du président Jovenel MOISE, Bocchit EDMOND, par son dynamisme et son savoir-faire, a pu obtenir une baisse du niveau d’alerte émis par les Etats-Unis sur Haïti. Cette baisse du niveau 4 au niveau 3 peut bien être un petit pas pour certains, mais ce devrait normalement être un pas de géant pour l’économie Haïtienne. De toute façon, c’est de façon incrémentale que les gains diplomatiques sont obtenus. La concrétisation des décisions prises lors de la rencontre à Mar-a-Largo entre le président Jovenel MOISE et Donald TRUMP témoigne fort bien l’importance capitale d’un bon Chancelier pour la réussite des entreprises diplomatiques d’un chef d’Etat. En effet, suite à cette rencontre, OPIC a procédé à la signature d’un accord de financement de 19.5 millions de dollars pour soutenir la construction du futur Hôtel Marriott du Fatima Group au Cap-Haitien. Des tables rondes sont également organisées avec des chefs d’entreprises locales pour discuter des opportunités qui vont être supportées par cette même institution qui semble désormais faire d’Haïti ses priorités. On ne saurait donc ne pas féliciter l’actuel titulaire du MAEC pour son dynamise et son intelligence diplomatique.

Toutefois, le chantier est loin d’être achevé. Il y a encore du pain sur la planche. La diplomatie haïtienne, comme d’ailleurs toutes autres institutions du pays, charrie son lot de problèmes. Le ministre semble être conscient. Sa récente note pour s’excuser auprès des employés du ministère en mission consulaire et diplomate à l’étranger montre qu’il est tout aussi préoccupé par la situation. Monsieur EDMOND ne parait en aucun cas être indifférent à cette situation. Voilà pourquoi il est indécent et inélégant de cacher derrière son ordinateur en utilisant cette situation comme prétexte pour calomnier et assassiner le caractère d’une personne qui a déjà donné 28 ans de sa vie au service public.

J’ai lu avec amertume les diatribes et je suis consterné. L’envie, la jalousie a atteint son paroxysme en Haïti. Je comprends qu’on peut ne pas être d’accord avec un régime politique. Je comprends que vous pouvez être victime d’une décision administrative, souvent prise au plus haut niveau de l’Etat, mais ça ne vous donne aucun droit de mentir et salir l’image des concitoyens dévouant leur vie à la fonction publique. Cessez le massacre. Le pays en a trop souffert. Le temps est vraiment au dialogue et à l’entente.

La situation du pays est difficile, tout le monde le sait. Le contexte politique est incertain, ça saute aux yeux. Mais ayez un peu d’élégance et de civilité.  Ce n’est pas en calomniant qu’on devient ministre des affaires étrangères, ou titulaire de n’importe quel autre ministère. Suivez l’exemple de Monsieur EDMOND qui a consacré presque 30 ans de sa vie à servir l’Etat. Ayez un peu de patience.  Rome ne s’est pas construite en un jour.

 

Ronald Antoine

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et n'engagent pala Radio Television Caraibes

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