Assez, on en a assez, il faut que quelque chose change dans ce pays

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Le Pape Jean Paul 2 et le couple Duvalier

Après avoir visité des pays de l’amérique centrale dont le Belize, Costa-Rica, Panama, Honduras, Salavador, Guatemala et le Nicaragua, le Pape Jean Paul II était en Haïti le 9 mars 1983. Lors de cette visite, le Chef de l’église catholique a prononé une phrase qui avait toute son importance contre un régime dictatorial dirigé d’alors par Jean Claude Duvalier.

«Il faut que quelque chose change dans ce pays », disait Pape Jean Paul II.  Trente-six ans après, cette phrase a encore toute son importance et même beaucoup plus que lorsque le leader de l’église catholique l’avait prononcé le 9 mars 1983.  A tel enseigne, après un constat négatif par des leaders de l’église catholique en Haïti, dans la toute dernière note du week end écoulé, la même phrase du Saint Père refaire surface dans le pays.  «L’heure n’est pas au règlement de comptes, mais bien à la reddition de comptes. L’heure est au changement, un changement réel, radical. Pour répéter saint Jean Paul II, “Il faut que quelque chose change ici!” parce que le peuple haïtien en a assez de souffrir, de croupir dans la misère », tel a été le message de la Conférence des Évêques d’Haïti.

De cette phrase il faut que quelque chose change dans ce pays, le Saint Père, dans son message, sous entendre que les pauvres des classes défavorisée recommencent à espérer d’un lendemain meilleur. Trente-six ans de cela le Saint Pontif reclamait un changement dans le panorama socio-politique en Haïti.   Mais depuis ce discours du 9 mars 1983, qu'est-ce qui a changé? Certes, avec le départ de Jean Claude Duvalier le 7 février, il y eut les conquêtes de 1986, des élections pour élire des députés, sénateurs et présidents de la république, des coup d’états militaires, des occupations du pays par des forces multinationales. Mais, si aujourd’hui le Saint Père aura á refaire une visite dans le pays, ne referait il pas le même discours ou plus?

Car lors du discours du leader de l’église catholique, on persécutait les opposants politiques certes.  Duvalier et ses accolytes exploitaient toutes les richesses du pays sans pour autant faire le grand dépassement, comme aurait le faire tout grand leader progresssite et modern de l’époque, pour entammer de grands projets de development.  Le temps n’effacera pas les mauvaises expériences avec un dictateur anti-progressiste. Ce serait méchant et même cracher sur tous ceux la qui sont victimes des dictateurs Duvalier, si toutefois je voulais parler de ce régime.  J’ai grandi sous les duvalier, particulièrement Jean Claude. J’ai été témoin des malversations des macoutes. Mais, même si c’était avec les macoutes et les militaires, le pays était sécurisé. Le pays avait de l’électricité.  L’équivalent du dollar américain était, contrairement á aujourd’hui, 5 gourdes pour 1$. Mais trente-six après, négativement, le bilan est lourd.  

Le pays n’est pas gouverné

Sous les yeux des autorités du pays, la situation socio politique se détériore.  Depuis bien des mois, Haïti vit une situation de tension généralisée qui fait peur. Quand ce n’est pas á Grand Ravine,Ti Bwa, Village de Dieu ou au Bicentenaire dans l’air metropolitaine, ce sont dans presque toutes les grandes villes du pays que les armes automatiques se sont fait entendre. N’en parlons pas de la tuerie organisé contre les pauvres gens de La Saline, de Cite Soleil et de Carrefour feuilles.  Partout, les bandits imposent leurs lois.  Face á cette situation, on a l’impression que toutes les institutions sont impuissantes á ce qui se passe au pays.  

A l’échelle internationale, Haïti est considerée comme un état en faillite.  En un mot, le pays n’est pas gouverné. Les différents gouvernements qui se sont succedés de 1986 á aujourdh’ui ont tous, piteusement, échoués.  Ils le sont du fait qu’ils sont incapable de comprendre que le soulèvement qui a conduit au départ de Jean-Claude Duvalier le 7 février 1986 était beaucoup plus profond qu’un simple changement de gouvernement.  Dans leurs révendications, les masses défavorisés étaient dans les rues pour réclamer d’un leader moderne avec de grandes visions, un nouveau contrat social.  En un mot, le peuple se voulait d’un leader capable, á travers de l’idéal déssalinien, de comprendre leurs aspirations politiques, économiques et sociales.  

Plus que cela change, plus que c’est la même chose

Plus que cela parait changer pour l’élite économique et politique, plus que les choses sont devenues plus difficiles pour les gens des masses défavorisées.  Car si les pouvoirs politiques post duvalier continuent de faire l’affaire d’un petit groupe de privilegié de l’état et des hommes d’affaires, quant aux masses défavorisées, elles n’ont rien vraiment béneficié des actions dites démoctatiques dans le pays. Puisque rien n’a changé pour les couches défavorisées dans ce pays, les Évêques exhortent les pouvoirs politiques, l’élite économique aussi bien que leurs alliés de l’international « à réparer les injustices sociales. »  Plus de trente-six ans après la visite du Pape en Haïti, les leaders de l’église catholiques, comme le pays tout entier, ils  estiment que le pays n'était pas dirigé.

Dragan Matic, écrit: ‘’Il est vain, voire trompeur, de parler dedémocratie lorsqu’il n’existe pas une répartition des richesses suffisantes entre les citoyens".  Maisen associant le discours du Pape Jean Paul II et les déclarations de Dragan Matic dans un contexte haïtien, un analyste et expert de la politique haïtienne des trentes dernières années déclarait que les différents gouvernements qui se sont succedés depuis 1986 ont tous, piteusement, échoués.  Ils le sont du fait qu’ils sont incapable de comprendre que le soulèvement qui a conduit au depart de Jean-Claude Duvalier le 7 février 1986 était beaucoup plus profond qu’un simple changement de gouvernement.  Dans leurs révendications, les masses défavorisés étaient dans les rues pour réclamer d’un leader moderne, avec de grandes visions, un nouveau contrat social.  En un mot, le peuple se voulait d’un leader capable, á travers de l’idéal déssalinien, de comprendre leurs aspirations politiques, économiques et sociales.  ‘’Car, si le devoir des responsables politiques est d'apporter des réponses aux besoins des citoyens à travers une société organisée, il est clair que ces besoins doivent être identifiés et articulés dans des programmes bien définis. Il est inadmissible qu'un Pays soit aussi souvent exposé au hasard sans que des ayant droits n'interviennent pour indiquer une orientation comme s'il n'y a pas de sortie possible’’.

Plus que cela change, plus que c’est la même chose, avait déclaré un jeune journaliste d’une station de radio privée de Port-au-Prince.  Cette déclaration n’est pas différente que celle de l’homme de la rue.  Tout ce qui se fait dans ce pays ‘’Se lavé men siyé a tè’’à déclarer un jeune homme au Champ de Mars.  On dirait que c’est un pays qui défie toutes les expertises.  

Comme plus que cela change avec les élections législatives et présidentielles des trente dernières années plus les choses sont restées les mêmes pour la classe défavorisées, donc le future d’Haïti est incertain. 

Face á une situation socio-économique catastrophique, l’église catholique avait dénoncé l’amour de l’argent des dirigeants immoraux, incompétents et arrogants du pays « Notre regard de Pasteurs et de citoyens sur la réalité actuelle de notre pays nous a fait découvrir que la source principale du mal qui ronge notre pays, c’est l’amour excessif de l’argent. »

Otorite, pa gen 2 jan, taboularaza

Depuis l’indépendence, la corruption a toujours été un handicappe majeur au processus de dévelopment d’Haïti.  Dans l’Haïti d’aujourdhui, que ce soient les églises, la presse, les institutions privés ou publiques, la corruption est tellement généralisée qu’il est difficile á des presentateurs de journaux ou de directeurs d’opinions de ne pas parler de ce mal qui cangraine le pays. Dans l’Haiti d’aujourd’hui, le mot corruption est presque sur toutes les lèvres, même les corrompus et dilapidateurs des fonds du Peto Caribe.   « Nous déplorons une situation de corruption endémique. Nous avons lu avec attention et consternation les deux rapports d’audit publiés par la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif sur la gestion des projets financés par les fonds PETROCARIBE. Ceux-ci jettent une lumière crue et saisissante sur l’ampleur et la gravité déconcertantes du mal de la corruption dans ses divers mécanismes politiques et opérationnels. Notre pays traîne honteusement dans la corruption au plus haut niveau de la société. La corruption généralisée devient un mal endémique, une bourbe salissante, un fait dégradant, un vol organisé. Elle est devenue une véritable plaie sociale qui gangrène nos institutions, rend la politique malade, menace la démocratie et la paix sociale, et ainsi nuit gravement, tant d’un point de vue éthique qu’économique, au développement de notre pays », lit-on dans la prise de position des Évêques haïtiens.

D’une façon voilée, á travers son dernier message, l’église catholique opte pour un tabula- raza.  Ce qui impliquerait, le départ des dirigeants incompétents, corrompus et immoraux.  Un tabula raza qui impliquerait non seulement le départ des corrompus, mais aussi tout le système qui, depuis l’indépendence en 1804, avec le statuquo restavec de l’international, exploite toutes les richesses du pays.   Les Évêques demandent au peuple haïtien de distinguer ceux qui recherchent vraiment son bien. « Pour que les choses changent, il faut à tous les échelons des pouvoirs et de la fonction publique des femmes et des hommes nouveaux par leur mentalité, leur conscience professionnelle et leur compétence. Voilà pourquoi notre intervention se veut citoyenne en mettant les acteurs politiques devant leurs responsabilités. Nous les exhortons à réparer les injustices sociales, à se soumettre à la justice de leur pays si c’est le prix à payer pour reconstituer l’autorité morale de l’État et de ses dirigeants », conclut le message des Évêques Catholiques. Le message des leaders catholiques est clair: il faut que les choses changent.

Quand á la Fédération protestante d’Haïti, sa position n’est pas différente de celle de l’église catholique.   Elle aussi, elle a appelé pour un changment du système.  « Ce système ne tient plus. Il doit changer », t-elle a été la position de la Fédérations protestante « Sistèm ki la a pa ka kenbe ankò. Li oblije chanje. Se pou sa FEDERASYION PWOTESTAN D AYITI mande tout moun mete enterè peyi a devan nan fasilite kreyasyon  yon nouvo  sistèm ki pou satisfè revandikasyon pèp la. Si kapitèn bato a pa konn wout la, si kapitèn bato a pa ka pase, se pou l gen konsyans li pa kapab. Se pou l renmèt  gouvènay la. Pèp aysien an pakab soufri ankò », lit-on dans le message en créole de la Fédération protestante.

Assez, on en a assez

Quand on arrive á des situations chaotiques comme celles que decrivent les Évêques catholiques et la Fédération protestante d’Haïti et autres forces de la société, donc, définitivement, il faut que les choses changent.  Oui, il faut que les choses changent, mais ce changement ne peut pas se faire avec des parlementaires et un chef de l’exécutif corrompus et incompétents qui de connivence avec les bandits terrorisent et tuent la population, surtout ceux des bidonvilles. Oui, il faut que les changent, mais celle-ci ne se fera que lorsque le système ‘’peze souse klas politik ak elit ekonomik ki depi 1804 kenbe tout riches peyi an pou kont yo pa egziste anko’’.   Enfin, pour que les choses changent dans ce pays, il faut qu’il y ait un tabula raza politique.  Pour que les choses changent réellement en Haïti, il faut que le peuple investi les rues des villes de provinces et de la capitale, se révolte contre les corrompus et corrupteurs au pouvoir et, finalement changer le système mafieux.

Prof Esau Jean-Baptiste

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et n'engagent pala Radio Television Caraibes

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