Regroupement des Intellectuels et Professionnels Haïtiens d’OutreMer (RIPHO)

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Nous, intellectuels et professionnels haïtiens vivant en dehors d’Haïti, signataires de ce présent document, sommes très préoccupés par la situation de notre pays et la crise politique qui en résulte.

Notre statut d’enseignants, de professeurs, d’intellectuels et de professionnels d’outre-mer avec tous les avantages socio-économiques que cela nous procure ne saurait nous distancer de la réalité ô combien cauchemardesque de nos concitoyens vivant en Haïti. Quoique nous ayons laissé le pays pour différentes raisons, Haïti ne nous a pourtant pas quitté. Nous vivons donc une distance dans la proximité avec tout ce que ça comporte comme amertumes et consternations.

Nous sommes consternés face à la détérioration continue de la vie en Haïti. Quand pas moins de six haïtiens sur dix vivent avec moins de $2 US par jour ; quand 25% de la population ne parviennent même pas à subvenir à leurs besoins alimentaires ; quand les 20% les plus riches détiennent plus de 64% du revenu total du pays, alors que les 20% les plus pauvres en détiennent à peine 1%, le peuple a bon raison de manifester sa colère contre tous ceux qui ont conduit le pays au bord du précipice. Face à cette situation d’injustifiable et d’extrême, nous, Haïtiens de la diaspora, ne saurions ne pas compatir à la souffrance de nos compatriotes et le mécontentement populaire qui en résulte.

Cependant, ce regroupement d’intellectuels et professionnels haïtiens d’outre-mer rejette toutes formes violentes d’expression populaire. Le pays est déjà trop pauvre pour faire les frais des pillages et des destructions des biens publics et privés à répétition.

Le regroupement lance un appel solennel au dialogue, le seul moyen de sortir le pays de l’impasse où il se trouve. Personne aujourd’hui ne peut se vanter d’être le champion de la cause du peuple haitien. La responsabilité de nos malheurs est collective ; elle est imputable dans une large mesure aux avant-gardistes du mouvement contre la dictature de 1986, ceux-là qui ont depuis assuré le pouvoir politique et ont rien fait pour améliorer le sort du peuple Haitien.

C’est désormais le moment du bilan. Ceux qui sont dans l’opposition aujourd’hui étaient au pouvoir hier. Ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui seront très probablement dans l’opposition demain. Le regroupement croit qu’il y a lieu de s’assoir ensemble pour trouver un consensus plaçant Haïti en priorité.

Le regroupement croit qu’on ne peut pas continuer à faire la même chose et espérer avoir de résultats différents. Démissions, exils et assassinats des chefs d’Etat ont été depuis Jean Pierre Boyer nos moyens privilégiés de résoudre nos problèmes politiques. De 1986 à nos jours, le pays a connu déjà 20 chefs d’Etat pendant que nos gouvernements se succèdent à un rythme incomparable dans la région. Résultats : Haïti est le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental et le plus inégalitaire de l’Amérique latine et les caraïbes.

L’autopsie faite par le regroupement des affres d’instabilité et de misère que traverse le pays actuellement renvoie à des causes historiques profondes. Il s’agit principalement d’un système économique d’exclusion reposant sur la contrebande et le monopole comme mode opératoire. L’éclatement de ce système est indispensable à l’aboutissement des aspirations revendicatives exprimées par nos compatriotes.

Fort de ces considérations, nous, professeurs, intellectuels et professionnels haïtiens vivant en dehors d’Haïti, croyons que toute quête de solution à ce mal profond qui ronge le pays doit s’inscrire dans une perspective de dialogue impliquant les différents acteurs du corps social. Seul le dialogue comme moyen de résolution de conflit peut insuffler un nouvel air à notre démocratie balbutiante A contrario, nous estimons que tout bricolage visant à un changement d’acteurs ne servira qu’à assouvir les désirs de certains groupes d’intérêt au détriment des revendications légitimes du peuple haïtien.

Pour le regroupement : `

Ivens Jean-Louis, Economiste-Enseignant (Etats-Unis)
Jean Sherlin Mesadieux, Journaliste (Etats-Unis)
Jude Marie Joseph, Médecin (Etats-Unis)
Peterson Juste, Professeur (Etats-Unis)
Jean-Marc Cadet, Économiste-Professeur (États-Unis)
Wilmard Dorcius, Ingénieur (Etats-Unis)
Christela Mondesir (Europe – Espagne)
Lostania Brutus (Europe – Espagne)
Carl Gregory Dorante, Networking Engineer (États-Unis)
Ambroise Garçon, Association solidaire des travailleurs migrants en République Dominicaine
Francia Patrouille, Administration et Finance (États-Unis)
Esaïe Jean (Etats-Unis)
Augustin Madejene (Canada)
Noelly Nicholas (Etats-Unis)
Darnelle Gilus (Etats-Unis)
Emiold Verty, Registered Nurse (Etats-Unis)
Doris Jean, Educatrice (Etats-Unis)
Judith Auguste (États-Unis)
Joseph Delmas, Ingénieur-Informatique (Etats-Unis)
Michel Junior Dessources (Etats-Unis)
Rod Valery (Etats-Unis)
Toussaint Bernard, Registered Nurse (Etats-Unis)
Nadia Charles Marc (Etats-Unis)
Reginald Joseph (Europe – Belgique)
Ania Jean-Louis (États-Unis)
Oralus Pierre (États-Unis)
Wilzor Antoine, informaticien/informatique (Bahamas)
Lunerce Petit Toute, Droits Humains (Bahamas)
James Saint-Amour, Economiste (Bahamas)
Algado Rodriguez (Canada)
René Mesidor (Canada)
Marc Isarël (Canada)
Marcel Roméus, Association solidaire des travailleurs migrants en République Dominicaine
Medna Dieuphete, Association CANDH Puerto plata (République Dominicaine)

Pour plus d’info, veuillez nous contacter aux :

+1 239 687-9202
+1 646 807-6398
+34 603 24 96 63
+34 643 565 536
+1 239 503 9477
+1 347 468 0176
+1 347 206-1605
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+1 646 427-1870
+1 203 550-6870

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