Lettre de protestation du parti FUSION des Sociaux-Démocrates Haïtiens (FUSION) à l'IS

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         Genève, le 26 juin 2018

Aux membres du Conseil de
L’Internationale Socialiste (IS)

Chers Camarades Membres du Conseil de l’IS

Le Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens (FUSION), institution née du regroupement de trois partis dont deux étaient déjà membres à part entière de l’Internationale Socialiste depuis de nombreuses années, s’étonne de la facilité avec laquelle on a pu l’induire en erreur et la porter à prendre une décision grave de suspension sur la foi des allégations mensongères d’un ex-conseiller du parti Monsieur Victor Benoit. A noter que celui-ci est devenu Vice-président l’IS, uniquement parce que le parti auquel il appartenait lui avait fait l’honneur de le désigner comme son représentant auprès de l’IS.  
En tant que présidente de la FUSION nouvellement réélue à une majorité écrasante à la tête du parti lors du 3ème Congrès National tenu les 20, 21 et 22 avril 2018, j’ai du mal à comprendre qu’une institution aussi démocratique que l’IS ait pris une décision d’une telle gravité et  politiquement préjudiciable à mon parti et à ses militants, en se basant uniquement sur les déclarations d’un mauvais perdant qui a refusé d’affronter le verdict des militants de son propre parti. 

Dans une institution aussi prestigieuse que l’IS qui n’est pas un club de petits copains, un parti membre a au moins le droit d’être entendu avant d’être l’objet d’une quelconque sanction.  Si les amis de Victor Benoit veulent agréer le parti dont il a annoncé la création seulement la veille de la tenue de la réunion régionale en Uruguay, ils ont parfaitement le droit de lui permettre de brûler toutes les étapes et de au demander au Conseil de lui faire le plaisir d’admettre comme membre à part entière, un parti qui n’a pas encore trois mois d’existence et qui n’est même pas encore légalement autorisé à fonctionner en Haïti.  Mais ce n’est pas une raison pour infliger une insulte pareille à la FUSION qui compte en son sein des militants de la cause démocratique ayant combattu au péril de leur vie la dictature des Duvalier et qui luttent depuis de nombreuses années pour l’instauration de la démocratie et de l’état de droit en Haïti.  Il semble que l’on me reproche de ne pas me connaitre et de ne m’avoir pas souvent rencontrée dans les réunions de l’IS.  Dans mon parti il y a une répartition des tâches.  C’est à ma demande que Victor Benoit a été désigné pour représenter le parti auprès de l’IS et c’est tout naturellement qu’on l’a laissé remplir ce rôle sans interférence de ma part.

Le parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens proteste de la façon la plus énergique contre l’idée d’une quelconque sanction même provisoire qui pourrait lui être infligée.  Les statuts de l’IS exigent que mon parti soit au moins entendu avant d’être condamné.  

Si le Secrétariat général avait pris la peine au moins de s’informer sur ce qui s’est passé ces mois derniers dans notre parti et tenu compte des correspondances que le parti lui a adressées, la vérité aurait été vite découverte.  Je ne demande à personne de me croire sur parole.  Une enquête même superficielle aurait permis de savoir que Victor Benoit avait tenté d’imposer ses protégés à la tête du parti sans prendre l’avis des militants.  C’est face au refus de la direction de recourir à un procédé aussi peu démocratique qu’il a décidé de ne pas participer au congrès et d’aller constituer son propre parti.

 Je vous épargne les détails sordides de cette aventure individuelle de notre ancien camarade détails qui pourront au besoin être fournis dans le cadre d’une enquête sérieuse.  Je le dis et je le répète, prendre une sanction aussi grave qu’une suspension même provisoire contre mon parti sur la base d’allégations mensongères, satisfera l’ego de Victor, causera des torts considérables à la FUSION et ternira aussi durablement l’image de l’IS qui sera désormais perçue comme une association de petits copains qui règlent les comptes de leurs amis sans aucun respect pour les principes démocratiques élémentaires.  Mais le peuple haïtien ne sera pas dupe.  L’image de mon parti n’a rien à voir avec le tissu de mensonges que Victor a pu vous raconter.  Les plus anciens de l’IS se souviendront qu’il n’en est pas à son coup d’essai.  A une réunion du Conseil à Athènes en 1992, il avait fait le même coup, sans succès contre un parti frère (le PANPRA alors géré par le camarade Serge GILLES dont je vous transmets les salutations fraternelles) qui ne partageait pas ses positions et qu’il voulait détruire.  

Au nom de tous les militants de la FUSION, au nom des combats que nous avons menés sur le plan national et international contre la dictature et en faveur de la démocratie et de l’état de droit je demande aux membres du Conseil de rejeter purement et simplement la proposition de suspension provisoire de mon parti jusqu’à ce qu’une enquête impartiale vienne faire la lumière sur cette affaire.

En vous remerciant par avance de votre compréhension et de votre solidarité, recevez Chers Camarades, l’expression mes fraternelles salutations.
 

Edmonde Supplice Beauzile

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