Electricité : passer du post-payé au prépayé

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La République d’Haïti, pays hôte de cette initiative, accuse un sérieux retard par rapport aux autres pays de la région dans presque tous les domaines ayant rapport à l’énergie. Tout d’abord, le pays trimbale un taux de pénétration de 12.5%, soit le taux

La République d’Haïti, pays hôte de cette initiative, accuse un sérieux retard par rapport aux autres pays de la région dans presque tous les domaines ayant rapport à l’énergie. Tout d’abord, le pays trimbale un taux de pénétration de 12.5%, soit le taux le plus bas de toute la Caraïbe. Une situation qui a poussé le chef de l’État, Jovenel Moïse, au moment de procéder au lancement du mois de l’énergie à l’université Quisqueya le 30 octobre dernier, d’exprimer le souhait, qu’après son quinquennat, de laisser le pouvoir avec un taux de pénétration compris entre 90 et 98%. Il a tôt fait de préciser qu’il s’agit du taux de pénétration pour les ménages haïtiens. 
Ensuite, la République d’Haïti n’a pas non plus réussi à diversifier sa matrice énergétique. Autre point qui n’a pas échappé au président Jovenel Moïse, qui dit vouloir faire de l’énergie renouvelable une source sûre de production énergétique pour le pays. Il fait référence à la biomasse, l’éolienne, le solaire et l’hydroélectrique. « Nous avons la capacité, l’opportunité, la possibilité de produire de l’énergie à partir des sources propres », a insisté le président de la République, qui tient mordicus à donner de l’électricité à toutes les familles haïtiennes 24 heures sur 24. 
Mais pour l’instant, la quantité de kilowatts d’énergie éolienne installée par Haïti est de zéro. Quoique le pays soit le plus venté de toute la Caraïbe, se désole le chef de l’État, qui n’a pas voulu blâmer ses prédécesseurs qui n’ont pas su exploiter ce riche potentiel. En matière d’hydroélectrique, le pays produit moins de 60 mégawatts. Pour le photovoltaïque, si l’on exclut la production solaire indépendante, non encore répertoriée, la production se chiffre désormais à 160 kilowatts de solaire grâce à l’installation de la centrale mixte aux Irois. 
Le besoin en énergie du pays avoisine actuellement les 800 mégawatts, si l’on en croit les chercheurs. De ce total, les trois fournisseurs privés ne produisent, pour être précis, que 92 mégawatts. Cependant, le président Moïse n’y voit pas là un problème de production. Au contraire. Selon lui, il y a un problème de transport, de distribution et de commercialisation. « Quand je parle de l’énergie 24 heures sur 24 en 24 mois, je priorise la commercialisation d’abord. La commercialisation où nous allons sortir du post-payé pour aller au prépayé », a fait savoir Jovenel Moïse, notant l’absence en Haïti d’une politique axée sur la commercialisation.
« Nous allons mettre un système de compteurs prépayés pour les 500 familles des Irois pour que ces gens-là puissent acheter de l’énergie électrique comme des minutes sur leurs téléphones », a poursuivi le chef de l’État vantant à l’assistance les exploits de Sigora Haïti dans le Nord-Ouest où son taux de recouvrement tutoie les 95%.
À en croire le Dr Evenson Calixte, conseiller en énergie du président de la République, et depuis peu directeur général nommé à la tête de l'Autorité de régulation du secteur de l'énergie (ANARSE), la vision du gouvernement pour faire atterrir l’électricité 24 heures sur 24 passera par la réparation des réseaux électriques existants, y compris le grand réseau de Port-au-Prince ainsi que les réseaux en région, leur interconnexion ensuite ainsi que la mise en place des miniréseaux et des programmes hors réseaux. 
Evenson Calixte appelle donc à l’élaboration de la politique énergétique de la République d’Haïti, à la soumission de ce texte au Parlement, pour qu’enfin Haïti puisse avoir un document de politique énergétique clair en parfaite cohésion avec le document de la CARICOM. Cette dernière, via la vision de sa politique énergétique, préconise notamment une transformation radicale des secteurs d’énergie de ses États membres garantissant un accès à l’énergie sûre et durable, d’une manière qui minimise le gaspillage énergétique à travers tous les secteurs, afin de faire en sorte que tous les citoyens de la CARICOM aient accès à des approvisionnements énergétiques modernes, propres et fiables à des prix abordables et stables.
Le Parlement a pris l’initiative d’élaborer une loi sur les énergies renouvelables, a confié Evenson Calixte. « Nous sommes en train de travailler avec eux [les parlementaires] pour qu’on puisse s’assurer par exemple de la possibilité que l’énergie solaire produite chez les consommateurs soit injectée sur le réseau », a-t-il poursuivi. Le consommateur peut ainsi devenir acteur réel au niveau de la production. 
Techniquement, c’est possible. « Tous les pays qui ont pris ces initiatives ont chez eux un dispatching, c’est-à-dire un centre qui s’occupe de la gestion de la demande énergétique dans le pays. On va mettre en place un dispatching moderne capable de faire la planification énergétique surtout au niveau demande et consommation. Une fois cette mise en place effective, et qu’on s’assure une certaine stabilité du réseau électrique, on va mettre en place les mécanismes nécessaires permettant au consommateur de pouvoir injecter l’énergie produite sur le réseau national », a annoncé le Dr Calixte.
Ce reportage est réalisé à l’initiative de Panos Caraïbes et l’Association pour le climat, l’environnement et le développement durable (ACLEDD) pour sensibiliser la population sur les énergies renouvelables.
Patrick STPRE source nouvelliste

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