Politique/Police: Mario Andrésol appelle le DG de la PNH à résister

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Dans un contexte où le commandant en chef de la PNH, Michel-Ange Gédéon, ferait l'objet de pressions de la part des autorités pour le porter à  démissionner, l’ancien directeur général de l’institution, Mario Andrésol, l’invite à résister, à rester droit dans ses bottes. Par ses conseils, Mario Andrésol dit  vouloir empêcher l’interférence de la politique dans la gestion de la PNH et sauvegarder l’avenir de l’institution et la carrière des milliers de jeunes qui en font partie.  « L’interférence de la politique empêche à la police de remplir sa mission », fait-il remarquer. «Quand le pouvoir en prend le contrôle, a-t-il poursuivi, alors rien ne se fait légalement». 
Il explique que ce ne sera pas un acte insubordination de la part du chef de la PNH. Celui qui avait dirigé l’institution policière de 2005 à 2012 fait remarquer que les pressions constituent la stratégie généralement utilisée par les autorités qui, du point  du  vue  de la Constitution  et des lois  de la République, n’ont aucune provision pour porter un DG à la démission.  Celui qui avait refusé de donner sa démission quand l’ancien président Michel Martelly le lui avait demandé à deux reprises au moins ne feint pas d’ignorer que résister ne sera pas chose facile pour l’actuel DG.  
« Entre l’obligation de respecter son serment et les pressions exercées par l’exécutif pour le contraindre à la démission, un commandant en chef des Forces de police doit savoir rester droit dans ses bottes et n'a qu’un seul choix, le bon choix : se cantonner derrière la Constitution et la loi », a-t-il préconisé. Il faut, selon lui, que nos hautes autorités politiques apprennent à respecter les prescrits de la Constitution et les lois de la République.
Dans une interview sur Magik 9 lundi, Mario Andrésol s’en est pris à ceux qui contraignent Michel Ange Gédéon à la démission en vue de placer quelqu’un dont elles auront  le contrôle à la tête de l’institution. « Je suis sûr que celui-là sera limité dans ses actions », affirme Mario Andrésol. Il a critiqué l’attitude du ministre de la Justice qui, lors d’une séance au Sénat  jeudi, a clairement affirmé qu’il avait donné des ordres à des cadres de la PNH sans passer par le directeur général de l’institution.  
« Cette volonté du pouvoir politique à vouloir assumer un contrôle de la police entraîne non seulement un effet déstabilisateur sur l’ensemble de l’institution, mais affecte aussi sur l’efficacité de la PNH dans la gestion de l’ordre et de la sécurité », fait-il remarquer dans une lettre adressée à Michel-Ange Gédéon pour l’inviter à résister. Il soutient que le phénomène de politisation de la police permet en général à des cadres proches du pouvoir d’accéder à des postes de responsabilité sur demande expresse du président de la République. Ainsi, ce manque de légitimité et de leadership de ces cadres, en plus de générer de la frustration et des cas d’indiscipline à l’intérieur de l’institution, ne permet pas d’élaborer et de mettre en œuvre de bonnes stratégies de lutte contre l’insécurité et de bonnes réponses aux atteintes à l’ordre publique, dans la mesure où la politique n’a pas toujours su placer les bonnes personnes à la bonne place, a-t-il dit. 
Mario Andrésol  prévient une recrudescence des actes d’insécurité et invite Michel Ange Gédéon à prendre le contrôle de ses troupes et à anticiper. « Habituellement, quand le pouvoir politique ne peut obtenir gain de cause dans un bras de fer l’opposant à un DG de la police, il (le pouvoir) joue la carte de l’insécurité pour le fragiliser dans l’opinion publique. À ce moment, on assiste à une recrudescence des actes de kidnaping, de meurtres, de vols à main armée, de vols de véhicules, etc. Si l'on est par ailleurs à l’ère des grandes manifestations, celles-ci sont infiltrées par les alliés du pouvoir pour provoquer le plus de casses et de désordre possible. Une campagne médiatique s'ensuivra pendant laquelle la PNH sera accusée de n’avoir assez fait pour prévenir ou éviter des casses », tente-il d’expliquer. 
Michel Ange Gédéon qui  a un mandat de trois ans été installé dans ses fonction en avril 2016 sous la présidence de Jocelerme Privert.  
Danio Darius source le nouvelliste

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