La séance sur le budget reportée à mercredi matin

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Après des heures de difficiles discussions, le sénateur Antonio Chéramy, qui a empêché la séance de continuer en début de soirée, continue encore de faire tinter la cloche de la rébellion. A la suite d'un huis clos, des menaces de sanctions brandies par le président de l’assemblée, Youri Latortue, contre Don Kato qui a déchiré le rapport de la commission Économie et Finances sur le budget en pleine séance, une suspension de séance de plus de deux heures, le bureau n’a pas pu reprendre la séance, histoire de statuer sur le projet de budget déjà voté, presque sans débats, par les honorables députés.
Les différents blocs ne se sont même pas parvenus à débattre du rapport d’analyse sur le projet de budget que les commissaires ont taxé d’« illégalité ». Le sénateur de l’Ouest n’a pas attendu que le secrétaire-rapporteur finisse la lecture pour surgir sur la tribune. Il a déchiré le rapport qui était en la possession de Ricard Pierre et a claironné que « ce budget ne passera pas tant qu’il est au Sénat ». Personne n’est arrivé à le calmer. De ce brouhaha, s’ensuivent des discussions, en coulisses, qui n’ont in fine abouti qu'au report de la séance pour ce mercredi huit heures du matin.
« Il faut que le Sénat reste un lieu de débats », a indiqué Youri Latortue, estimant que le comportement d’Antonio Chéramy est anormal. Le président du Sénat, qui rappelle à dessein qu’il a toujours primé l’arme de la dialectique du temps où il était dans la minorité, croit qu’il va y avoir des modifications dans le document et que nécessairement celui-ci va être retourné à la Chambre des députés. Le temps presse, pense Latortue, qui souligne que si le Sénat ne se prononce pas après 70 jours, le gouvernement pourra volontiers reconduire le budget précédent.
Mais bien avant le report, décidé après des consultations, certains des parlementaires ont laissé transpirer leur impuissance. «On a trouvé un faux consensus», a confié un élu au Nouvelliste, à 22 heures passées, après deux heures d'âpres discussions, loin des caméras de la presse. Antonio Chéramy, lui, n'en démord pas. «Ce budget ne passera pas. Le peuple de l'Ouest m'a choisi pour défendre les causes du peuple», a-t-il crié, peu avant 20 heures, la voix émue, soutenu par les trois autres sénateurs de souche Lavalas qui sont en opposition ouverte à l'équipe Tèt kale.
Il faut dire qu'au grand Corps la majorité présidentielle, forte d’une vingtaine de sénateurs, reste indécomposable. Elle n'exige qu'une chose: la poursuite de la séance et ipso facto le vote du projet de budget 2017-2018. «Yo mèt fè sa yo vle, n ap vote li menm a minwi edmi», a affirmé, dans le brouhaha des discussions, Nahoon Marcellus, sénateur Bouclier, ex-lavalassien. Autre allié du pouvoir, Onondieu Louis s'étrangle: «Quatre sénateurs sur 29 ne doivent pas bloquer la séance. C'est intolérable!» 
Le sénateur de l'Ouest, par qui tout a basculé dans la panique et dans la confusion, ne compte pas lâcher du lest. «Nous voulons un autre budget qui tienne compte des aspirations des défavorisés. Celui-là a déjà été à deux reprises proposé par Wilson Laleau et rejeté par le Parlement. Le ministre de l'Économie ne doit pas se laisser emmener par Wilson Laleau», a lâché Antonio Chéramy, imperturbable, pas moins à l'aise dans ses habits de de défenseur des plus faibles. Il était presque 23 heures au Bicentenaire, Antonio Chéramy n'a pas cessé de faire pleurer sa cloche au creux de l'hémicycle.
Juno Jean Baptiste source Le Nouvelliste

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