Herve Denis-Armée - Parlement: Des inscriptions, pas de recrutement

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Chose inhabituelle à la Chambre basse depuis l’ouverture de la deuxième session de l’année législative 2017, 79 députés ont répondu à l’appel nominal ce mardi 29 août 2017. Leur objectif ? Écouter le ministre de la Défense Hervé Denis autour de la décision soudaine de l’exécutif de remettre sur pied les Forces armées d’Haïti.
Déjà, dans la mise en contexte de la séance du jour, les députés convocateurs ont traité la décision du ministre Hervé Denis de “choix unilatéral, cavalier, antirépublicain et anticonstitutionnel”, s’il faut citer les propos mêmes du député Jean Michel Moïse. Ici, le ministre est la seule brebis galeuse, l’orange pourrie qu’il faut enlever du panier. Pour preuve, le député Jean Michel Moïse va jusqu’à souligner que le ministre, en lançant des inscriptions pour recruter des jeunes voulant faire partir de la nouvelle force armée, “ a agi sans l’aval ni du président de la République Jovenel Moïse, ni du Premier ministre Jac Guy Lafontant”. Une grande révélation si l’on tient compte du fait que la majorité des députés convocateurs est de l’APH, groupe majoritaire à la Chambre basse qui soutient le pouvoir en place. Certes, cette révélation d’un ministre qui aurait décidé sans l’avis de ses supérieurs hiérarchiques ne trouve pas sa place dans le débat mais étonne le député Pierre Jude Destiné qui se questionne sur le vrai motif de la convocation perçu comme un coup porté par le chef de l’Etat au ministre.
Après avoir dévoilé cette information, les députés convocateurs enchainent par d’interminables  interrogations sur le cadre légal de cette armée. Le député de Gros Morne Fritz Chéry, regrettant le fait de n’avoir pas eu le temps de signer la convocation, résume la situation: « Tout le monde est inquiet face à cette décision, voilà pourquoi nous sommes à la recherche d'informations ».
Pour répondre aux interrogations des députés, le ministre s’est trouvé dans l’embarras pour présenter son équipe présidée par un colonel de l’ancienne armée. La présentation du directeur général du ministère, le colonel Louis Daniel Marcelin a soulevé des grognements dans l’assemblée, comme pour dire qu’Haïti n’a pas d’armée, pourquoi ce titre de colonel? Oubliant que pareils titres ont la vie dure.
A propos du recrutement des jeunes, le ministre dit avoir trouvé sa directive dans le “ livre blanc de la défense” rédigé sous la présidence de Michel Joseph Martelly et qu’un embryon de cette armée dont on lui reproche la remobilisation existait bien avant sa prise de fonction comme ministre. A cela s’ajoute la feuille de route qui lui a été confiée par le président. Le ministre poursuit pour se défendre en résumant sa décision de recruter des soldats bien avant la constitution du haut état-major de l’armée ainsi : « Nous n’avons nullement l’intention de nous dérober des prescrits de la loi. Mais après 20 ans d’absence de l’armée d’Haïti, où allons-nous trouver des hommes pour former l’état-major, alors nous allons à ce qui est le plus facile, le recrutement des soldats ». Ce « plus facile », le ministre peine à le qualifier de recrutement mais plutôt d’inscription puisque, selon lui, il n’y a pas eu d’entrainement jusqu’à cette date et que même les tests médicaux ne sont pas encore faits.
Les explications du ministre suscitent encore beaucoup plus de questions. Quelle armée veut-on mettre sur pied tenant compte des exactions de l’ancienne armée? Quel rôle joue le Parlement dans cette initiative? A-t-on déjà un cadre légal? Avec quoi va-t-on entretenir cette armée?
En réaction, le ministre avance que cette armée qu’il compte instituer au fur  et à mesure servira à garantir la sécurité et le développement du pays invitant les parlementaires à ne pas avoir « une vision statique sur le présent ». En ce qui concerne le cadre légal, Hervé Denis confie qu’un projet de loi est en cours d’élaboration au ministère de la Défense et qu’il sera soumis sous peu à l’appréciation des parlementaires.
De ces informations, les députés sont sortis insatisfaits et le président de la Chambre basse, Cholzer Chancy n’a pas manqué de le rappeler en invitant le ministre à prendre le temps nécessaire pour s’expliquer afin de mieux convaincre.
En somme, après près de 3 heures de séance, les interrogations des députés sont si nombreuses qu’elles noient les explications du ministre qui, selon le député Jean René Lochard, proche du pouvoir, « devrait payer aujourd’hui, le prix pour avoir mal commencé ». Le problème, selon le député de la deuxième circonscription de Port-au-Prince, est le manque de communication. Il invite le ministre à « corriger son cahier » pour éviter de payer le prix.
La seule solution à la langue de bois du ministre est un huis clos qu’il a lui-même sollicité arguant que les affaires de sécurité nationale ne peuvent pas être débattues en public.
Après près d’une heure, la séance est reprise mais les questionnements des députés continuent de plus belle comme pour dire qu’ils ne sont pas satisfaits des explications fournies lors du huis clos.
Samuel Celine source le nouvelliste

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