Armée-Réhabilitation:La position de Youri Latortue

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« La question n’est point de se demander s’il faut restaurer l’armée, mais quel type d’armée il faut mettre en place dans notre État bicentenaire », a demandé l’ancien officier dans un document dans lequel il fixe sa position sur la nouvelle force armée de l’ère Jovenel Moïse. Selon Youri Latortue, les dirigeants actuels du pays, incluant lui-même,  « ont l’obligation d’avancer vers le mieux et subséquemment de combler les lacunes politiques et stratégiques des anciens leaders, militaires et civils, qui n’ont pas su adapter l’armée aux besoins de démocratisation et de développement du pays. S’ils ont été aveuglés par l’appât du gain et des idéologies anarchistes, nous, de notre part, nous devons rendre justice à la patrie et à la République en redonnant à l’armée son rôle patriotique et développementiste ».
En ce sens, le puissant sénateur de l’Artibonite croit que les nouvelles Forces armées d’Haïti  doivent respecter les prescrits de la Constitution de 1987 amendée en ce qui a trait au respect des droits fondamentaux des citoyens haïtiens (articles 16 à 51), et à son apolitisme (article 265). 
« À la volonté de remobilisation de l’armée, d’aucuns objectent déjà bruyamment qu’en cherchant à faire respecter l’existence constitutionnelle de celle-ci on va bafouer davantage certains autres prescrits constitutionnels traitant particulièrement des droits fondamentaux à l’éducation, à la santé et à la propriété. Nous leur disons avec conviction et responsabilité qu’en voulant remobiliser l’armée, nous ne nions nullement les problèmes institutionnels et socio-économiques auxquels le pays est actuellement confronté. En effet, nous reconnaissons la faiblesse de l’État, notre manque de ressources économiques et financières, l’approfondissement continu de la pauvreté et notre significative dépendance de l’aide internationale », a-t-il affirmé aux détracteurs du retour de l’armée. 
Selon le parlementaire, un retour à la philosophie de l’Armée indigène est nécessaire. « Ce coup d’œil rétrospectif n’a d’autre but que de nous éloigner de l’individualisme exclusif, de revenir à la solidarité collective fondatrice, et de nous permettre de mieux avancer, avec l’armée, sur le chemin du développement national », a-t-il rassuré. 
La nouvelle force armée en 10 points, selon le point de vue de Youri Latortue
La nouvelle force armée, de l’avis du président du Sénat, doit être d’abord au service des intérêts de la nation ; de petite taille ; stratégiquement défensive ; de métier, donc professionnelle et professionnalisante ; répartie dans tous les endroits stratégiques de la République  (entrées et sorties des villes, zones côtières, zones frontalières, ports et aéroports, aires naturelles protégées, etc.); en soutien à la Police nationale ; protectrice de l’environnement ; une institution de secours en cas de catastrophe et de désastre naturels ; respectueuse des droits fondamentaux de la population et enfin, et pas des moindres, soumise au pouvoir civil démocratique.
Cependant, l’ancien officier a souligné que l’opérationnalisation du projet de remobilisation des Forces armées d’Haïti, à travers ces dix points, ne pouvait pas se faire « de manière précipitée, désordonnée et conflictuelle. Elle demande une collaboration étroite et sincère entre les pouvoirs exécutif et législatif », a-t-il réclamé.  
Le sénateur a appelé le chef de l’État, en sa qualité constitutionnelle de chef des forces armées, à désigner « dans le plus bref délai le Commandant en chef de l’armée, selon le vœu des articles 264-1 et 264-2 de la Constitution de 1987 amendée, et par surcroît, mettre en place l’état-major. Au législatif, le parlementaire croit qu’il doit s’evertuer à voter toutes les lois devant permettre l’opérationnalisation de l’armée, ainsi, certaines institutions comme la Garde-côte, le CNE et les unités spéciales de la PNH pourraient être intégrées à l’armée, a-t-il dit.
Youri Latortue, en conclusion, a souligné que le pays ne saurait fonctionner et évoluer sans une armée légale-légitime et professionnelle. « Les pères fondateurs de notre nation l’ont bien compris. C’est pourquoi ils ont fait de l’armée aussi bien le symbole que le levier de la nation, a-t-il rappelé. Mais, l’obscurantisme, l’égoïsme, l’appât du gain, les conflits internes répétés ont fini par avoir raison de cette institution fondationnelle. La nouvelle génération de dirigeants haïtiens doit mieux faire. D’où la nécessité pour elle de mettre sur pied une armée professionnelle au service prioritairement de la protection et du développement de la nation haïtienne. »
Robenson Geffrard source Le Nouvelliste

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