Sous-traitance, la bonne équation protège patrons et ouvriers

Publié
2 années ago
Dernière mise à jour
1 année ago
464 views
Time to
read
2’

 Dans Le Nouvelliste du 28 juin, Fernando Capellan, opérateur de CODEVI, importante zone franche installée à Ouanaminthe, s’est exprimé au nom de Groupo M, son entreprise, sur le salaire minimum. 
Au contraire de ses confrères de Port-au-Prince et, particulièrement de l’Association des industries d’Haïti (ADIH), l’homme d’affaires dominicain, deuxième plus grand employeur en Haïti, s’est déclaré pour un ajustement à la hausse du salaire des ouvriers du secteur de la sous-traitance.
Hasard du calendrier, ce même 28 juin, alors que l’article provoquait son petit effet dans les milieux concernés, Fernando Capellan retweetait un post de Groupo M & Codevi relatant la visite en ses bureaux d’une équipe d’inspecteurs de l’Office nationale d’assurance-vieillesse (ONA) venue inscrire les nouveaux employés de la zone franche.
Le même jour, le patron de CODEVI souligne qu’il paie ses obligations légales, cotise pour ses employés à l’ONA, lance le signal que l’augmentation des salaires est justifiée par l’inflation et laisse entendre qu’elle est soutenable par les patrons. Le pied de nez lancé aux patrons haïtiens est gros comme la Citadelle.
Fernando Capellan réclame simplement que tout se passe dans le calme, sous les auspices du Conseil supérieur des salaires. Il ne faut pas fragiliser le secteur avec des manifestations et des grèves. Capellan tient à la bonne image de son secteur et à ce que chacun y gagne son pain.
Si on remonte les publications du Groupo M sur le compte Twitter de l’entreprise, on verra que l’institution ne reçoit pas seulement les organismes haïtiens envers lesquels elle a des devoirs légaux, mais aussi des écoles haïtiennes. Le 23 juin dernier, c’est une série de photos des écolières du Collège Régina du Cap-Haïtien en visite à la Codevi Zone Franche qui ont été en vitrine sur le compte de Groupo M & Codevi. Le 21 juin ce sont des étudiants venus d’Europe qui ont découvert le site de CODEVI.
En fait, tous les jours, il y a des visiteurs dominicains, haïtiens ou étrangers de l’île qui font le tour des installations de Groupo M à Santiago ou à Ouanaminthe. Cela est devenu au fil des années un objet de fierté pour les propriétaires. Ils n’ont pas honte de leurs factorys. Les usines sont bien tenues. Les ouvriers parlent aux visiteurs. Les Capellan servent de guides, expliquent, s’impliquent, améliorent au jour le jour les sites et sont à l’écoute aussi bien des innovations techniques, des avancées sociales que des plaintes et besoins des ouvriers.
On ne peut pas être heureux de travailler en usine, mais on doit être moins malheureux quand on apprend que son propre patron acquiesce à la nécessité d’une augmentation de son salaire. A l'instar d'un Fernando Capellan —  défendre ses intérêts sans oublier ceux de ses ouvriers — si on ne pouvait retenir que cette leçon de la crise actuelle, on accomplirait un grand pas dans l’apaisement social et dans la bonification de l’image d’Haïti.
Il faut de grands capitaines pour construire une industrie forte, moteur de développement réel et synonyme de paix et de progrès social. Le pays actuellement en a grand besoin.
Edito du Nouvelliste

Author

Frantz Duval collabore au Nouvelliste depuis 1985. Il a une grande histoire de fidélité et de passion avec Le Nouvelliste où il a occupé les postes de responsable Création et Interactivité à partir de 2002 et de responsable de la section Economique à partir de 1994. Directeur de publication de Ticket et...

Animateur (s)

Portrait de Anne Merline Eugene
La Mafia existe
1 année 6 mois ago
Portrait de Jacques Adler Jean Pierre
Agenda Culturel RTVC - 20 Avril 2017
2 années 6 mois ago