Budget: Group Croissance analyse les priorités de l'administration Jovenel- Lafontant

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Pour expliquer le budget récapitulatif du gouvernement haïtien, le P.D.G. du Group Croissance, Kesner Pharel,  avance que « sur chaque 100 gourdes retrouvées dans les caisses de l’État, 50 gourdes vont être dépensées directement pour payer les employés, 29 gourdes seront distribuées pour faire fonctionner l’État, et 11 gourdes restent pour les transferts et subventions (lajan pwason). Pour ce qui concerne le financement des projets, l’État accorde  moins de dix gourdes, selon le budget rectifié ». 
Analysant la rectification du budget, l’économiste soutient que les tendances budgétaires suivent les parcours initiés depuis la présidence de René Préval. Ces mêmes tendances sont maintenues par l’ex-président Michel Martelly et l’actuel président Jovenel Moïse, selon le conférencier. 
Le budget mise sur le fonctionnement de l’État et néglige l’investissement
Utilisant les données du projet financé par l’USAID sur la transparence budgétaire- (bidjè peyi a se zafè chak sitwayen ayisyen), Kesner Pharel montre que le gouvernement ne vise pas à baisser son train de vie, mais le consolide plutôt.  Pour lui, le tableau est dressé entre les dépenses d’investissement et les dépenses courantes. « Les dépenses d’investissement (programmes et projets dominés par les bailleurs de fonds) sont de l'ordre de 52 milliards de gourdes (52, 264, 430,290) alors que les dépenses courantes (salaires et traitement, biens et services, transfert et subventions) sont de 66 millions de gourdes (66, 085, 700,361) », mentionne-t-il,  document à l’appui.
Selon ses analyses, l’Etat haïtien va dépenser moins dans l’investissement public et déboursera beaucoup plus d’argent dans les dépenses courantes. « Les biens de services (reflet du train de vie du gouvernement) ont augmenté de plus de 16% et les transferts et subventions de plus de 5% alors que les intérêts du service de la dette se contractent à 37% dans le budget » a-t-il révélé. Comparé au budget initial, le taux de croissance sous Jocelerme Privert était prévu à 2.2% en octobre, mais le budget rectifié sous Jovenel Moïse prévoit le taux de croissance à 1.1%. Les réserves de change qui représentent quatre  à cinq mois d’importation dans le budget initial passent à environ trois mois d’importation, a déclaré Kesner Pharel.
« Les bailleurs apporteront 42 milliards de gourdes et le Trésor public ne donnera même pas sept milliards de gourdes pour les dépenses d’investissement », a-t-il avancé. Dans ce budget rectificatif, le gouvernement haïtien décide de placer beaucoup plus d’argent dans le secteur politique que dans le secteur économique. Pour illustrer ces propos, M. Pharel a montré à l'aide de chiffres probants que: « le budget pour le pouvoir législatif a augmenté de 3.9 à 4.13 milliards de gourdes, soit plus de 5%».
La conference de ce jeudi au Complexe Lafayette était aussi l'occasion pour l'OSFH d'attirer l'attention sur les indicateurs macroéconomiques qui sont au rouge et la pession démographique qui ne baisse pas. L'OSFH  a rappelé que le taux de croissance est passé de 5,2 % en 2010-2011 à 1,1% pour l’année 2016-2017. Le taux d’inflation passe de 6,5 % en 2012-2013 pour atteindre en 2016-2017  15.1%. Or, le pays connaît une croissance démographique qui est de 1,5%, a ajouté l’économiste pour décrire la situation du pays.
 Fort de tout cela, le conférencier parvient à la conclusion que: « Les générations futures n’auront pas accès à de meilleurs services dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’infrastructure. » 
Dominique Moussignac
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