Le Premier ministre nommé a essuyé un camouflet au Sénat

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Contrairement à la coutume, le Premier ministre nommé, Jacques Guy Lafontant, venu jeudi déposer ses pièces, conformément à l’article 157 de la Constitution amendée, n’a pas été accueilli par le bureau du Sénat. Le secrétaire général du Sénat, Rony Gilot,  a été chargé d’accueillir le Premier ministre nommé et de recevoir ses pièces. Depuis l’adoption de la Constitution de 1987 qui a mis fin à la toute-puissance du présidentialisme haïtien, le régime mixte s’impose sans pour autant faciliter la cohésion des grands pouvoirs de l’Etat. De Martial Célestin à Enex Jean-Charles, tous les Premiers ministres haïtiens, désignés ou nommés, ont été tous accueillis par l’un des bureaux des deux chambres lorsqu'ils allaient déposer leurs pièces au Parlement. Pourquoi ce camouflet à Jacques Guy Lafontant ?
Il n’est pas indiqué que le comportement du bureau du Sénat à l’endroit du Premier ministre nommé reflète l’assentiment de l’ensemble des sénateurs en fonction au niveau du Grand Corps. Cependant, tout porte à croire qu’il s’agit d’un message envoyé au président de la République dans le cadre du processus enclenché en faveur de Jacques Guy Lafontant. Issu du parti Ayiti An Aksyon (AAA), le président du Sénat, Youri Latortue, qui, habituellement, maintient le contact avec le Premier ministre nommé, vient de lancer un signal à travers ce comportement. 
Gardant un profil bas depuis la nomination de Jacques Guy Lafontant comme Premier ministre, les élus du PHTK dans les deux chambres n’ont pas encore approuvé la décision du président Jovenel Moïse. A la Chambre des députés, les parlementaires du parti au pouvoir avaient beaucoup misé sur  Cholzer Chancy pour  accéder au poste de Premier ministre. S’appuyant sur l’Alliance des parlementaires haïtiens (APH) qui comporte 64 membres, les députés croyaient qu’ils pouvaient influencer le président sur ce choix étant donné qu’aucun obstacle n’était dressé sur le chemin de celui-ci dans les deux chambres du Parlement. Les négociations entre le Premier ministre nommé et les différents blocs politiques à la Chambre basse permettront de savoir si un accord est encore possible. 
A la Chambre haute, la configuration est différente. Mis à part les 4 sénateurs proches du parti Fanmi Lavalas, le Premier ministre nommé devrait pouvoir trouver un accord avec les sénateurs du PHTK ainsi que les alliés du pouvoir au sein de cette assemblée.  Avec 9 sénateurs issus du parti au pouvoir et 11 alliés, les 16 voix nécessaires à l’approbation de la politique générale du Premier ministre ne devraient pas constituer un obstacle au Sénat. Cependant, certains membres du directoire du PHTK ainsi que les partis alliés ne sont pas entièrement  favorables au choix du Premier ministre nommé. 
Comment le président de la République peut-il rapiécer les morceaux au sein des députés et des sénateurs qui sont encore réticents à ouvrir la porte de la Primature à Jacques Guy Lafontant ?
Lemoine Bonneau Edito du Nouvelliste
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