Des actions pour relever la filière cacaoyère dans la Grand’Anse

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L’ouragan Matthew a donné un coup de massue à la production du cacao dans le grand Sud notamment celle de la Grand’Anse. Les pertes sont énormes.  Les anciennes poches de production et les nouvelles parcelles ont été totalement dévastées. Emmanuel Jean Fridolin, vice-président de la Coopérative agricole cacaoyère de la Grand’Anse (CACCOMA), parle d’une perte de 4 millions de gourdes pour son organisation. C’est le cas également pour bien d’autres structures organisées qui misaient gros sur cette production. Ainsi, la relance de cette culture s’avère une urgence pour les milliers de producteurs qui savaient en tirer leur revenu. 
Depuis plus d’un mois, le débat sur la problématique de la régénération de cette culture est lancé. Les acteurs locaux parlent d’un coude-à-coude en vue de relever cette filière. Les actions posées se situent au niveau de la production. Une emphase importante est mise sur le renouvellement des plantations et la régénération des cacaoyers ayant résisté aux rafales de vents. 
Pour y arriver, tous les acteurs de la chaîne se disent impliqués. KALEOS, une entreprise d’exportation de cacao fermenté, apporte son savoir aux paysans. De l’exportation, cette structure se trouve dans l’obligation d’encadrer ses fournisseurs. Pour le moment, soutient Freedson Jean-Baptiste, PDG de KALEOS, il n’y a pas lieu de parler d’exportation. Mon staff se focalise davantage sur la rénovation de la filière. « Depuis novembre, nous avons entrepris plusieurs activités avec les producteurs afin de les assister à tous les niveaux », explique le responsable.
Cette structure, si l’on en croit M. Jean-Baptiste, effectue des investissements lourds pour redevenir compétitive d’ici les deux prochaines années. Les activités de KALEOS s’étendent sur plusieurs communes de la Grand’Anse et touchent plusieurs milliers de producteurs appartenant à six coopératives. 
Fort de l’importance de la production du cacao, relever cette filière, précise l’exportateur est une priorité pour le pays. Elle présente des énormes opportunités de marché, car les coûts mondiaux sont en hausse depuis ces 20 dernières années. Le prix du cacao a quasiment doublé en l’espace de 10 ans et la demande mondiale  pourrait excéder l’offre de 20%, d’ici à 2020. 
Déjà considérable avant Matthew, la situation devient plus corsée avec cette catastrophe. Les acteurs devraient s’efforcer davantage afin d'améliorer les systèmes de production et des performances économiques de cette filière. 
Le cacao, selon  l’agronome Jobert C. Angrand, fait partie des filières porteuses et prioritaires du secteur agricole. Dans un contexte de croissance de la demande mondiale et à prix élevé, il importe, croit-il, de mettre ce potentiel en condition de mieux se positionner dans les exportations. Haïti produit, poursuit-il, 6 000 TM de cacao environ, dont 5000 TM sont exportables. La Grand'Anse est réputée comme une région importante de production de cacao. Après la région du Nord, la Grand’Anse demeure la plus grande zone de production de cacao en Haïti. 
Aussi, poursuit le spécialiste du café, Haïti détient des souches de Criollo qui est d’une qualité supérieure très recherchée par les fabricants de chocolat pour leur rôle de « cacao bonificateur ». Ils estiment, soutient-il, que le cacao d’Haïti peut se vendre lui-même. Le grand problème est qu’il y en a de moins en moins. Matthew vient de compliquer la situation encore plus. 
Jose Fletcher source le nouvelliste

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