Fêter à tout prix

Publié
3 années ago
Dernière mise à jour
2 années ago
678 views
Time to
read
3’

Les fêtes de fin d’année approchent.L’incertitude politique, comme d’habitude, tend à jouer les trouble-fêtes. Encore plus quand, sans se soucier de l’impact sur l’industrie musicale haïtienne, Schiller A. Louidor de Fanmi Lavalas, après la publication des résultats préliminaire de la présidentielle, affirme qu’il n’y aura pas de fête avant de se raviser, prendre la tangente d’une explication jugée cocasse par certains lors d’une audition au parquet de Port-au-Prince. Mais, dans la tête des ultraprécautionneux, le mal est fait. Pas un pied dehors. La bière, elle sera bue à la maison, dans le cocon familial avec quelques proches. 
L’industrie musicale suit tout ça avec angoisse même si elle avance. « Nous avons raté 2015. Cette année, il y a beaucoup d’annonces, beaucoup de réservations. J’ai des réservations du 23 décembre au 2 janvier 2017, mais pas nécessairement de contrats signés, de versements de down payment », a confié au journal Fritz Joassaint Junior, Toto Beats, l’un des plus importants entrepreneurs qui loue des stands, fournit la sonorisation lors des bals et concerts. 
« L’industrie de la musique est l’un des secteurs qui paie le plus lourd tribut à l’instabilité politique », a indiqué Gérald Chéry, band leader de K-Zino. Il est difficile de planifier sur le long terme les dates, la sortie d’un album. On fonctionne au jour le jour, poursuit le chanteur, inquiet de la perte d’une part de marché important pour les groupes musicaux. « Matthew a dévasté le grand Sud. Auparavant, aux Cayes, à Port-Salut et ailleurs dans ce département, il y avait des bals. Peut-être qu’on va se rabattre sur le Sud- Est », a analysé Gérald Chéry. 
« C’est évident que le HMI est durement frappé par l’instabilité politique », a indiqué Gaëlle Alexis, rédactrice en chef de Ticket Magazine, le podium des stars. Pour les fêtes de fin d’année, en 2015, des groupes comme Carimi et T-Vice n’avaient pas d’affiche en Haïti. La journaliste souligne, en plus des politiques qui imposent leurs quatres volontés à ceux qui veulent s’amuser, fêter, il y a aussi les catastrophes naturelles. Le tremblement de terre, les cyclones impactent négativement l’industrie musicale haïtienne, explique Gaëlle Alexis. « Décembre 2009 était de loin la meilleure période de fête que nous ayons vécue depuis des et des années. Il y avait des bals, plein de programmes animés par des D.J. haïtiens et étrangers, explique-t-elle, soulignant qu’en dépit des difficultés, « il y a des gens qui font un forcing afin de fêter ». 
 Lionel Guillaume (Ti Lion), animateur vedette de la Caravane des étoiles, de plateforme Magik, sur Magik 9, 100,9, déplore, lui aussi, l’impact négatif de la politique sur le secteur des loisirs. Il soutient, comme Gaëlle Alexis, que les 15 derniers jours de l’année 2016, les gens vont faire « le forcing ». Ils l’ont toujours fait sauf en 2004, a expliqué l’animateur. Pour les prochains jours, beaucoup de groupes ont programmé des bals. Klass, T-vice, Nu Look, Disip, Harmonik. À l’exception de Djakout qui va faire une tournée aux États-Unis, a confié Lionel Guillaume.
Pour l’animateur Zagalo de Zigi Zag Production, les fêtes de fin d’année annoncent la couleur. Il y aura beaucoup d’affiches comme Tropicana/Nu Look le 22 décembre, Sweet-Micky/Klass le 23 décembre. T-Vice, Kreyòl La, K-Zino, Impossible, Nu look, Mousakai de Richard Cavé, Système Band, Zenglen seront à l’affiche ainsi que des D.J. à Tara’s, a expliqué le promoteur qui ne se fait pas de gros souci à cause de la conjoncture politique. T-Vice a un nouveau produit, « Nou tounen pi fò », Harmonik a « Degage », l’album de Klass toujours aussi demandé et Nu Look ont de quoi pour aguicher le public. La crainte du promoteur est ailleurs. Zagalo craint que les gens n’aient pas d’argent pour fêter, s’amuser. « Le dollar grimpe », a-t-il dit.  
« N ap jere bagay yo », a expliqué G.C, fêtard invétéré, confronté comme tout le monde à une situation économique difficile. N’empêche, pour lui et beaucoup d’autres, que les fêtes de fins d’année sont synonymes des corps en sueur enlacés sur une piste de danse, de tables bondées de boissons, de fous rires d’amis tirés à quatre épingles, heureux d’être ensemble, certains  pressés de conclure au moins par un baiser quand l’amour s’invite. Pour eux, les vendeurs de rêves, artistes, musiciens, ingénieurs du son, promoteurs qui s’allient pour fournir le service bonheur au public doivent avancer, envers et contre tout…Fêter à tout prix est leur devise… 
Roberson Alphonse source le nouvelliste

Tags: 

Animateur (s)

Portrait de Anne Merline Eugene
La Mafia existe
1 année 11 mois ago
Portrait de Jacques Adler Jean Pierre
Agenda Culturel RTVC - 20 Avril 2017
2 années 11 mois ago