Un point que le CEP doit éclaircir avant le 20 novembre

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En quelques heures, entre la fin du dernier scrutin dans l’État avec le fuseau horaire le plus éloigné du premier à avoir voté, les Américains et le monde ont pris connaissance du nom du 45e président des Etats-Unis. Si on a eu quelques moments de flottement entre l’annonce qu’il n’y aura pas de discours de la candidate Hillary Clinton devant ses partisans réunis à New York mardi soir et son appel téléphonique pour présenter ses félicitations à Donald Trump aux premières heures de mercredi, il n’y a pas eu de surprise sur le déroulé de l’élection. Quasi instantanément, le monde a assisté au dépouillement, État par État, jusqu'à la victoire finale de Trump.
Pour y arriver, les Etats-Unis d’Amérique ont édicté des règles claires au fil des siècles. Le vote, pas toujours de tous, décide toujours du vainqueur. Tous les cas de figure sont pris en compte et s’il y a des doutes, comme en 2000 lors de l’affrontement Bush-Gore, les tribunaux tranchent. 
Dans le cas de nos élections haïtiennes, de grosses surprises se produisent périodiquement. A quoi faut-il nous attendre en 2016 pour les infaisables élections de l’an dernier ?
Tous les scénarios sont possibles et même un tout nouveau : un président élu sans avoir obtenu la majorité absolue des votes valides, le fameux 50%+1 de l’article 37 du décret électoral.
Si l’article 37 est clair : «  Le président de la République est élu au suffrage universel direct à la majorité des votes valides (50%+1)… ». Il y a un article 38 du même décret qui stipule : « Le candidat à la présidence qui recueille le plus grand nombre de voix, sans atteindre la majorité absolue est déclaré vainqueur dans le cas où son avance par rapport à son poursuivant immédiat est égale ou supérieure à vingt-cinq pour cent (25%). »
Cet article laisse la porte ouverte à des interprétations. Il est urgent que le Conseil électoral sorte une note explicative sur ce 25%. 25% de quoi ? 25% par rapport à quoi ? Comment le déterminer ?
L’explication est d’autant plus urgente que l’article 38 est en contradiction avec l’article 39 qui dit : « Si cette majorité n’est pas obtenue au premier tour du scrutin, il est procédé à un second tour dans les délais fixés par le Conseil électoral provisoire… ». En disant « si cette majorité n’est pas obtenue…», l’article 39 annule-t-il les effets de l’article 38 pour rester dans le sens de l’article 37 ? 
Comment comprendre le jeu entre ces trois articles du décret électoral sur un sujet aussi sensible ? Comment ne pas perdre du temps et de l’énergie dans des interminables discussions après le scrutin ? Le CEP doit faire preuve de pédagogie.
Aux Etats-Unis, les règles sont claires et les tribunaux tranchent. En Haïti, la règle est floue et, pour compliquer encore plus la situation aux dernières élections d’août 2015, l’organe contentieux du Conseil électoral a interprété le décret de façon peu transparente pour trancher des affaires portées par devant ses juges. 
Qu’en sera-t-il cette année ? Là encore, le CEP doit éclaircir la situation avant que les plaidoiries commencent. Avant le 20 novembre.
Frantz Duval Edito du Nouvelliste

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