L’ambassadeur de Suisse tape les ONG en Haïti

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« Ni l’aide internationale ni les ONG ne font le développement d’un pays. Ce serait une erreur de le croire», a affirmé le diplomate lors de cette activité, qui a conduit, entre autres, à des réflexions sur la problématique des ONG en Haïti. Son regard sur les comportements  des organisations non gouvernementales, des institutions internationales ou même la coopération internationale, est décapant. Il ne  mâche pas ses mots.  Le manque de contrôle des acteurs nationaux  l’interpelle. « Les résultats sont faibles. Sinon, Haïti ne serait pas dans sa situation aujourd’hui», estime-t-il, avant d’inviter les acteurs à faire un constat commun sur leurs manières de coopérer. 
Depuis des années, l’on assiste au pullulement des organismes, notamment des institutions internationales qui, sous le couvert des actions humanitaires ou qui visent le développement, dressent leur drapeau  en Haïti. Celles-ci, éparpillées sur toute l’étendue du territoire, notamment après la catastrophe du 12 janvier 2010, s’adonnent  à des activités qui ne cadrent pas avec la mission de l’État haïtien, en matière de service public. À ce niveau, le diplomate constate et évoque une forme de « substitution aux responsabilités de l’État», tant au niveau de la coopération traditionnelle avec d’autres pays qu’au niveau des organisations non gouvernementales ou des institutions internationales.  
La coopération s’inscrit dans une logique de « projets » et non de « programmes ». Cette réalité affaiblit davantage les capacités de l’État et de la société civile. « On ne travaille pas suffisamment à la création de capacités haitïennes». Et cela pose, à en croire Jean-Luc Virchaux, un vrai problème. « Où en est-on maintenant ? Qui peut se prévaloir de résultats durables, soutenables, avec un impact institutionnel ? », s’interroge le diplomate suisse.  Afin que l’on ne s’illusionne pas, le diplomate précise une fois de plus : « Les ONG n’ont jamais développé un pays. La coopération internationale non plus ».  Les politiques éducatives, développementales,  environnementales, sanitaires et autres doivent  être mises sur pied et articulées par des acteurs nationaux.  
Jamais, il n’avait vu un pays comme celui-là, où tout le monde (même au niveau du Gouvernement) parle de « bénéficiaires et non d’acteurs ». « Le citoyen haïtien est un bénéficiaire, non un acteur. Un bénéficiaire ferme sa gueule et dit merci», a soutenu M. Jean-Luc Virchaux, qui estime que les Haïtiens  devraient être traités comme des êtres responsables, des acteurs politiques de leur société. Quoiqu’il en dise, il n’a pas la solution.  Néanmoins, le diplomate croit que l’on doit tout au moins avoir le mérite de poser les diagnostics  sur la table et les partager. Il faut une autre manière de coopérer, insiste-t-il. C’est à partir de là,  affirme-t-il, que l’on peut refonder quelque chose. 
Worlgenson Noel source le Nouvelliste
 

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