Le débat du moment

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Le débat du moment ne concerne pas le premier face-à-face de la présidentielle américaine entre Hilary Clinton et Donald Trump. Il ne concerne pas la signature de la paix entre les guérilléros du FARC et le gouvernement colombien qui met fin à 52 ans de guerre civile dans un pays proche de nous. 
Il ne concerne pas le débat entre Jean Henry Céant, Jude Célestin, Jean-Charles Moïse et Jovenel Moïse qui aura lieu le 29 septembre prochain. Il ne concerne aucun point du programme de l’un des candidats à la présidence en Haïti. Aucun de ceux qui souhaitent devenir président d’Haïti ne s’est prononcé sur le sujet.
Le débat du moment n’est alimenté par aucune des déclarations, promesses ou actions de l’un des protagonistes de la course électorale, à quelques jours du 9 octobre. Ce n’est même pas la montée sournoise de la violence dans la campagne électorale qui suscite débat. 
Partout à Port-au-Prince, on ne parle que du Festival Massi Madi. Chacun y va de son argument. Pour ou contre. 
Les plus enflammés des opposants s’alignent sur les déclarations du sénateur Jean Renel Sénatus et du commissaire du gouvernement Danton Léger. Les plus forts soutiens de la cause LGBTI (Lesbienne-Gay-Bisexuelle-Transgenre-Intersexes) argumentent que chacun est libre de faire ce qu’il veut de son corps, de sa vie, de son âme.
Il y a ceux qui affirment que le pays n’est pas prêt pour un tel festival et les autres qui pensent que le titre et la date du festival sont des provocations gratuites. Massisi et Madivine n’ayant jamais été des mots doux en Haïti, accoler ces deux injures et en faire une bannière avaient tout pour provoquer un tollé, selon ces observateurs de la scène haïtienne. 
Tout est dans la manière, pour des experts en communication. Tout est une affaire de temps, clament les philosophes.
L’histoire, ici et ailleurs, nous enseigne que fermer des aspirations dans le placard, freiner les instincts naturels, bâillonner les comportements contraires aux nôtres n’ont jamais empêché la marche de l’histoire. Les premiers homosexuels haïtiens ont-ils eu besoin d’un festival pour exister ? Ne vont-ils pas continuer à exister après la débandade de Massi Madi ?
On peut se réjouir de l’échec de Massi Madi, mais le problème reste entier. Notre société repousse le nécessaire débat sur la place de l’autre, sans l’évacuer. On éteint une manifestation du droit à la différence, mais on ne règle pas la question. La tolérance et l’éducation ne sortent pas grandies de cette affaire et qui sait ce qui se passera sous le drap gonflé de menaces qui recouvre les droits des LGBTI haïtiens?
Frantz Duval Editorial du Nouvelliste

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