Quatre mois d’arriérés de salaire: les employés du SMCRS en plein désarroi

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Il est facile, compte tenu de son inefficacité à s’atteler à la tâche qui lui est attribuée depuis sa création en 1998, de voir que l’institution est mal-en-point. Le Service métropolitain de collecte des résidus solides est confronté à des difficultés, pour le moins, considérables  entortillant  son fonctionnement. Manque de fonds, de moyens, de matériels est souvent évoqué par les responsables pour justifier sa paralysie. Mais il faut aussi ajouter les mauvaises conditions de travail des employés qui, à bout de souffle, ne cessent de monter au créneau pour passer leurs revendications. Ces gens-là, constituant le matériel humain de  cet organe, exposés à toutes sortes de risques dans leur travail, sont pourtant très négligés et méprisés, à en croire les responsables du syndicat assimilant également la défaillance du Service au mauvais traitement des employés. 
Le matériel humain aux abois 
De Préval à Martelly, le SMCRS a connu 11 directeurs. La réalité n’a pas changé. Les conditions de travail restent précaires. Bon nombre de gens y travaillant ont plus de 15 ans. Ils sont tout au moins des personnages harassés par le temps et dont la force de travail n'est pas prise en considération. Le travail de collecte des ordures dans la région métropolitaine n’est pas sans risques. « Nous sommes exposés à toutes sortes de déchets dans les rues. Certains d’entre nous tombent souvent  malades, d’autres sont morts », relatent-ils. Les cas de maladies les plus fréquentes sont « la tuberculose, la hernie, des infections diverses ». Ajoutez à cela des accidents de travail.  L’un d’entre eux, un agent de sécurité, souffre et est hospitalisé actuellement à cause d’une infection, un microbe, a déploré Laurent Oreste, coordinateur adjoint du syndicat consterné par la situation.
« Nous vivons une situation intenable au sein du SMCRS », lance Robert Laure, responsable de la section dispatching qui a dressé un tableau sombre de cet organe de l’État. Pour lui, il ne faut pas résumer les problèmes de l’institution au manque de matériels.  Le mauvais traitement du « matériel humain » représente tout aussi un handicap majeur à l’efficacité du service.  Ce n’est pas la volonté qui leur manque, mais les employés sont traités en parents pauvres, à en croire le responsable. Il suffit de les aborder,  tous, à l’unanimité,  évoquent le mépris et la négligence dont ils font l'objet dans leur travail.  
Travaillant dans l’institution depuis février 1998,  Constant René relate son profond malaise. Ses enfants, tout comme d’autres, ne peuvent pas aller à l’école. « L’État a exigé l’ouverture des classes en septembre, mais les autorités refusent de nous payer depuis quatre mois », regrette-t-il. « Je n'ai aucune assurance. Je ne saurai quoi faire, si quelque chose arrive demain », s'apitoie-t-il, l’air accablé. Du haut de ses 18 ans de service, il en a vu et encaissé. « Sous ses yeux, beaucoup sont tombés malades, et d’autres sont morts. Mais aussi, pour des raisons diverses, certains employés déjà sous-payés sont renvoyés  chez eux, et sont contraints de vivoter dans des mauvaises conditions. » 
Quoiqu’ils œuvrent, pour la plupart, depuis près de deux décennies au Service métropolitain de collectes des résidus solides, les employés, contractuels, inquiets, courent le risque de se faire renvoyer par des dirigeants pour des raisons politiques et des conflits internes, d’après les responsables du syndicat. Le salaire, n’étant pas à même de répondre à leur besoin quotidien, leur revient trois à quatre fois l’an. L’assurance OFATMA dont ils bénéficient n’arrive pas à couvrir leur dépense en soins de santé. «Il n’existe pas, non plus, une infirmerie pour aider les gens à avoir accès aux  premiers soins de santé ». 
Au début du mois, des mouvements de protestation ont été organisés dans les parages du SMCRS, à Petite Place Cazeau. Les employés, aux abois, réclament leur quatre mois d’arriérés de salaire. Si rien n’est fait, les employés menacent  de poursuivre leur mouvement pour contraindre les autorités à satisfaire leurs revendications. Contactée par le journal, Esther Fatal, porte-parole de la boîte, annonce que des mesures sont prises pour remédier promptement à cette situation.
Worlgenson Noel source le nouvelliste

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