Election Présidentielle 2016: Et vive la polémique !

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Dès le lancement de leur campagne, les candidats à la présidence se sont lancés dans une vive polémique. Pas de round d’observation. Les prétendants à la magistrature suprême, les favoris aux sondages d’opinion notamment, se sont investis à fond dans la critique de leurs adversaires. Les critiques portent notamment sur les grandes lignes du programme politique exposé au public lors des meetings. Ils se sont gardé jusqu’ici des attaques personnelles contre leurs concurrents contrairement aux élections de 2010 où le candidat Michel Martelly avait principalement été la cible de ses concurrents. À ce titre, le candidat du parti Lapeh, Jude Célestin, qui a officiellement ouvert sa campagne dans la commune de l’Arcahaie le mercredi 31 août, a répondu à ses rivaux et a du coup contre-attaqué. Vertement critiqué par le leader du PHTK, Jovenel Moïse, sans toutefois le nommer, pour son mutisme et ses distances vis-à-vis du peuple, M. Célestin réplique en évoquant sa grande proximité avec les masses défavorisées souvent perçues à tort, selon lui, pour des bandits. Alors que ces individus issus des quartiers populaires, a-t-il témoigné suivant ses expériences sur le terrain, sont pour la plupart des gens de bien et surtout cultivés.
L’ex-directeur du Centre national des équipements (CNE) attaque Jovenel Moïse dans son domaine de prédilection, l’agriculture. M. Célestin reproche au natif du Nord-Est que son discours sur cette thématique ne soit pas articulé sur du concret. Ce sont de préférence, selon lui, des paroles en l’air. Aussi, pour montrer l’aspect pratique de l’agriculture dans son programme, il annonce que le curage des canaux d’irrigation au niveau du département de l’Artibonite sera sa priorité durant les premiers jours de son quinquennat. Celui qui a bénéficié du soutien de quatre ex-candidats à la présidence s’en est aussi pris à Moïse Jean-Charles qui a débuté sa campagne avant lui, soit le dimanche 28 août à l’Arcahaie. Le candidat de la plateforme Pitit Dessalines avait à ce moment annoncé en grande pompe qu’il allait doubler le salaire des policiers. Pour Jude Célestin, le problème est abordé de manière superficielle. C’est pourquoi cette approche ne saurait apporter de solution durable. En conséquence, il croit judicieux de faciliter aux policiers des avantages sociaux en lieu et place d’un ajustement salarial.
L’indépendance économique, le mot clé
Toutefois, en dépit de ces visions et conceptions différentes du pouvoir, ces candidats à la présidence se rencontrent sur un point fondamental. En effet, un sursaut de nationalisme transpire dans le discours politique des trois favoris suscités. Ce regard tourné vers les idéaux qui ont fondé la nation haïtienne est notamment caractérisé par la quête d’une indépendance économique. Porte-étendard de l’idéal dessalinien, Moïse Jean-Charles estime être celui qui affranchira la population de la misère et de la dépendance économique. C’est pourquoi il prône le développement de la production nationale et l’accès au crédit à travers la création d’une banque de développement. Un projet, s’est-il enorgueilli, que lui seul peut oser proposer à la nation.
De son côté, Jude Célestin promet de transformer Haïti en un pays stable, prospère et économiquement indépendant. Il s’agit toutefois, selon lui, d’une oeuvre nationale axée sur l’unité et l’esprit de solidarité. À ce propos, il a lancé une petite flèche à l’endroit du candidat de Pitit Dessalines en déclarant que le fondateur de la nation haïtienne, Jean-Jacques Dessalines, n’a pas obtenu l’indépendance du pays tout seul. Le candidat du PHTK, Jovenel Moïse, quant à lui, s’est taillé une réputation forte de ses réalisations et de sa connaissance du secteur agricole. Surnommé à juste titre « Nèg bannann nan », il mise gros sur les facteurs de production comme la terre, l’eau et le soleil pour que le pays soit autosuffisant sur le plan alimentaire.
Dans cette course au palais national, un autre favori, la candidate du parti Fanmi Lavalas, Maryse Narcisse, lance officiellement sa campagne électorale le 11 septembre. Une date marquante pour les Lavalassiens puisqu’elle rappelle le massacre perpétré à l’église Saint Jean Bosco en 1988 alors que l’ex-président Jean Bertrand Aristide, prêtre à l’époque, officiait une cérémonie religieuse. Le candidat de Renmen Ayiti, Jean-Henry Céant, pour sa part, marquera son entrée dans l’arène le 3 septembre dans le département de la Grand-Anse.
Jean Michel Cadet source national

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