Que se passera-t-il le 13 juin 2016 ?

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En déclarant à la presse mardi soir que si l’Assemblée nationale ne peut pas se réunir pour statuer sur son sort il ne peut pas laisser la barque nationale à la dérive, Jocelerme Privert confirme que la pomme de discorde qui divise la Chambre haute est bien son accession au pouvoir. Dans les deux chambres, le ton monte entre partisans et adversaires du président provisoire après le 14 juin. 
Au Sénat de la République, avec les deux blocs qui s’entredéchirent, Jocelerme Privert peut compter sur ses alliés.  Avec 22 sénateurs en poste, la Chambre haute n’a réalisé qu’une séance pendant les 60 derniers jours. Cette séance du 1er juin a pris fin avant l’épuisement de l’ordre du jour,  en raison de divergences profondes qui caractérisent cette assemblée. 
À la Chambre des députés, le groupe majoritaire est proche du Parti haïtien Tèt Kale (PHTK). Cependant, cette assemblée ne peut décider du sort de Privert, quelle que soit la quantité de députés que le groupe majoritaire peut mobiliser.  La dernière convocation du Parlement en session extraordinaire, le 17 mai dernier, par l'exécutif, n’a produit aucun effet, car les parlementaires ne faisaient que protester contre l’absence des 10 millions de gourdes des fonds communaux dans le budget rectificatif.
L’échéance des 120 jours du mandat du président Jocelerme Privert le 14 juin 2016 va faire l’objet de débat entre celui-ci et les bureaux des deux chambres. L’enjeu des discussions entre le président provisoire et les parlementaires des deux chambres ne sera pas surtout l’échéance du 14 juin, mais la garantie que celles-ci veulent obtenir sur le maintien des 39 députés et 3 sénateurs en fonction ciblés dans le rapport de la Commission indépendante d’évaluation et de vérification électorale. 
Les députés et les sénateurs maintiennent la pression pour éviter l’application de cette disposition par le Conseil électoral provisoire. Les députés savent qu’aucune séance en Assemblée nationale ne peut avoir lieu pour destituer le président provisoire, en raison de la configuration du Sénat. Brandissant l’accord conclu le 5 février dernier entre le président Michel Martelly et les présidents des deux chambres du Parlement, les parlementaires du Parti haïtien Tèt Kale (PHTK) et leurs alliés ont jeté leur dévolu sur le président de la Cour de cassation en remplacement de l’actuel président provisoire comme il était de coutume quand il y a vacance à la présidence de la République. 
Gardant un profil bas, Jocelerme Privert s’en tient à la décision de l’Assemblée nationale qui l’avait élu. Selon toute vraisemblance, le tour sera joué le lundi 13 juin qui marque l’ouverture de la deuxième session annuelle du Parlement. Conformément à la Constitution, les deux Chambres doivent se réunir en Assemblée nationale pour ouvrir la session extraordinaire convoquée par le président Privert et la refermer immédiatement, et ouvrir la deuxième session annuelle. 60 députés qui représentent la majorité absolue du corps doivent être présents ainsi que 16 sénateurs. 
Qu’arrivera-t-il si les deux chambres ne parviennent pas à trouver le quorum nécessaire pour ouvrir la deuxième session législative le lundi 13 juin prochain et que le Bureau du contentieux électoral national (BCEN) confirme que les 39 députés et 3 sénateurs ciblés dans le rapport de la Commission de vérification ont été mal élus ? Le Parlement va-t-il creuser sa propre tombe ?  
Lemoine Bonneau Source Le Nouvelliste

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