29 ans de viol systématique et de résistance

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Il y a 29 ans que les Haïtiens se sont donné une nouvelle Constitution. Le choix de cette nouvelle Charte fondamentale par voie référendaire traduisait notre volonté de tourner la page du duvaliérisme. Cet événement majeur dans notre histoire récente aurait dû ouvrir la voie à la normalisation des rapports entre les pouvoirs de l’Etat, au renforcement de la démocratie naissante, au respect des droits des citoyens haïtiens…30 ans après, où en sommes-nous ? Pas aussi loin que nous l’espérions. L’autorité de l’Etat s’est affaiblie, l’appareil politique n’a pas été modernisé, notre souveraineté s’est effritée, le respect des échéances constitutionnelles est devenu un fardeau, etc. 
29 ans après l’adoption de la Constitution de 1987, nous sommes unanimes à reconnaître que nous avons du mal à la respecter. Son viol est systématique.  Même s’il y a quelques avancés en matière de liberté d’expression. Cette constitution sert de boussole à la population pour empêcher un président de nommer son successeur comme les Duvalier pouvaient le faire. Ceux qui n’ont pas cru que cette pratique était révolue en ont fait les frais récemment. Même si la Constitution n’est pas parfaite, même si certains de ses articles sont anachroniques, elle n’est pas pour autant à maudire. 
La nécessité d’amender la Constitution n’est plus à démontrer. Certains constitutionnalistes se prononcent même en faveur d’une nouvelle loi mère. Est-ce la meilleure réponse au viol systématique de notre Charte fondamentale ? Qui donnera la garantie qu'une nouvelle Constitution ne connaîtra pas le même sort ? En attendant la réponse à ces questions, il serait intéressant que nous jetions un regard sur nos rapports avec la charte fondamentale. Le problème est-il la Constitution ou ceux qui décident de l’adapter à leurs besoins ? 
La Constitution de 1987 fête ses 29 ans dans un contexte particulier. Le pays est dirigé par un gouvernement provisoire faute de l’organisation à temps des élections pour le renouvellement des dirigeants politiques. Des soldats étrangers sont présents sur notre sol. Au grand dam de la Constitution de 1987. L’amendement constitutionnel de l’ère Préval, qui s'est déroulé dans les conditions que l’on sait, n’a pas apporté de solutions aux problèmes relevés. Ledit processus a, au contraire, créé plus de problèmes qu’il n’en a résolu. Nos dirigeants, qui se soucient de l’application de notre Charte que quand elle est à leur avantage, ont dû recourir à l’accord du 5 février, en vue de trouver une sortie «honorable» dans la Constitution. Même le respect de l’accord pose encore problème. Preuve que c’est le rapport de nos chefs avec la loi qui pose problème. 
Le pays ne s’est jamais donné les moyens pour faire respecter la Constitution que nous avons nous même adoptée. Par conséquent, le pays peine à s’arranger aux côtés des Etats modernes. Pour cause. Nous sommes un pays sous protectorat où des experts de tout acabit nous dictent leur loi. Et on n'est pas sorti de l'auberge. Loin de là. Jean Phares Jérome Editorial du Nouvelliste

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