Nous sommes tous perdants!

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Le ministère du Tourisme avec Stéphanie Villedrouin fait de son mieux pour replacer Haïti sur la carte touristique mondiale. Il faut donner ce crédit à l’administration Martelly. Avant lui, le ministère du Tourisme se cherchait. C’était comme certains autres ministères une institution en plus. On connaissait à peine le nom du ministre. Le ministère du Tourisme se hisse depuis ces dernières années parmi les grands ministères. Il multiplie les initiatives en Haïti comme à l’étranger. 
La dernière en date est le voyage en Haïti d’un groupe de 9 journalistes venus de France ce mardi 2 février 2016 avec Look Voyages. Selon des informations publiées sur la page facebook du ministère du Tourisme, ces journalistes - qui sont en educ tour - viennent de divers médias français, dont le journal Sud-Ouest, Le Monde, le magazine Femme Actuelle, AR Magazine, Whisky Magazine, l’Echo Touristique, La Provence, et Allez Gizèle on se fait la belle. Ces agents de la presse française feront le tour de Port-au-Prince, en passant par Kenscoff, Boutiliers, la Côte-des-Arcadins et Anse-à-Galets, pour ensuite repartir vers Paris le dimanche 7 février. 
On ne sait pas ce que cette activité coûte au Trésor public, mais on ne peut pas nier que c’est intéressant et utile. Qui d’entre nous n’est pas fier de lire un article positif sur Haïti dans un prestigieux journal étranger ? N’a-t-on pas toujours protesté à notre manière contre les articles dénigrant notre pays ? 
La ministre Stéphanie Villedrouin a bien compris qu’il revient à Haïti de soigner son image sur le plan international. En marketing comme en communication, on ne fait pas de cadeau. Soigner l’image d’un pays demande des ressources humaines et financières. Si la publicité positive est coûteuse, la publicité négative est gratuite. On a bien fait le constat cette semaine avec la méringue carnavalesque du président-musicien Michel Martelly dénigrant les journalistes Liliane Pierre-Paul et Jean-Monard Métellus sans les nommer, mais sans vraiment cacher l’intention de dénigrer. Personne ne doutait que la méringue allait provoquer des remous dans la presse nationale. Par solidarité, sans doute, la presse internationale donne aussi une large couverture à la diffusion de la méringue carnavalesque présidentielle. Haïti fait ainsi la une des grands médias internationaux. Dommage pas dans le sens que nous l’aurions souhaité. 
Aujourd'hui, nous sommes les ressortissants du pays le plus pauvre de l’Occident, du pays où sévissent le choléra, la misère, l’insécurité, etc. Avec la méringue carnavalesque présidentielle, la liste des stéréotypes à l’égard de notre pays va sans doute s'allonger. On peut beau inviter des journalistes étrangers à venir visiter nos plages, nos monuments historiques, mais l’image du pays restera ce qu’elle est tant que nous continuerons à nous offrir dans de navrants spectacles à la face du monde. Au final, nous sommes tous des perdants dans cette triste histoire de méringue carnavalesque présidentielle. 
Jean Phares Jérome Editorial du Nouvelliste

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