Où est passé le secteur privé ?

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En janvier 1986, il y a trente ans, l’Association des Industries d’Haïti avait sorti une note pour désavouer le régime de Jean-Claude Duvalier. Les mots étaient pesés, mais l’intention claire. L’industrie de la sous-traitance avait été le secteur florissant du règne de 14 ans de J.C. Duvalier. Les hommes des factories poignardèrent Baby Doc dans le dos. Le pays avait besoin que ses forces vives élèvent leur voix pour changer de chapitre.
En décembre 2014, le premier ministre Laurent Lamothe reçut le coup de grâce de l’Association touristique d’Haïti. Le secteur hôtelier avait été pourtant celui qui a le plus bénéficié des largesses de la politique « Haiti open for business » initiée par Laurent Lamothe. La situation était coincée, il a fallu que les hommes d’affaires les plus proéminents disent leur sentiment.
Dans les deux cas, on connaît la suite. Duvalier et Lamothe ont dû faire leurs bagages.
Aujourd’hui, devant la grave crise d’orientation et de confiance que vit la nation, les patrons des patrons du secteur privé sont sous leur lit. Ils ne supportent ni l’adelante de Michel Martelly et du CEP ni les récriminations de l’opposition démocratique et de nombreux secteurs de la société civile.
Le Forum du secteur privé comme consortium et ses membres pris un à un laissent le pays aller à la dérive.
Jusqu’à ce vendredi 15 janvier les banques commerciales échangeaient le dollar américain dans une fourchette comprise entre 58 gourdes et 59 gourdes 75 pour un dollar américain. Pour calmer l’appétit des acheteurs, la banque des banques a vendu cette semaine dix millions de dollars. Cela a peu apaisé l’ardeur des demandeurs de la devise américaine et n'a pas suffi à éponger la demande. Haïti a de gros besoins en dollars.
Cette flambée du taux de change, la poussée de l’inflation, la sécheresse depuis des mois, l’incertitude politique, tout milite pour nous annoncer des jours sombres. Comme la cigale, nous avons chanté pendant des années, mangé les réserves de PetroCaribe, peu fait d’investissements productifs, jamais cherché l’équilibre budgétaire, nous allons entrer en hiver bien dépourvus et nos têtes pensantes s’en balancent.
Quelle que soit l’issue du processus électoral, les jours meilleurs avec un gouvernement qui reprend en main les affaires du pays vont encore attendre, un mois, deux, six mois ou plus.
Devant des perspectives si troubles, les forces vives de la nation devraient se lever, parler aux acteurs politiques, parler à la communauté internationale, initier ce dialogue politique que toutes les parties en conflit échouent à lancer. Non, elles ne se secouent pas, restent inertes, ne se sentent pas concernées.
Réveillez-vous, Messieurs et Dames!  Editorial du Grand Quotidient Le Nouvelliste - Frantz Duval

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