Une profonde réforme électorale s’impose

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Le renouvellement du personnel politique à tous les échelons du pouvoir politique passe par des élections démocratiques.
C’est la formule qui s’impose dans les sociétés occidentales. Haïti y adhère à travers la constitution de 1987, et de fait depuis la chute de la dictature des Duvalier en 1986.
Mais les crises électorales successives ont mis ce principe à rude épreuve, au point qu’on en vient à se demander si les élections représentent véritablement une voie viable pour l’accès au pouvoir.
Autrement dit : les électeurs et électrices parviennent-ils à décider souverainement par leurs votes du sort des prétendants aux postes électifs au niveau de l’exécutif, du législatif, des municipalités et des localités ?
En fait, près de 30 ans après les élections avortées dans le sang en 1987, on s’inquiète de voir que le droit des citoyens et citoyennes à élire leurs dirigeants se trouve confisqué de mille et une manières.
Les controverses entourant les scrutins présidentiel, législatif et municipal d’aout et octobre derniers constituent la preuve que la leçon à propos des élections comme mécanisme d’accès au pouvoir a été mal apprise par nos dirigeants.
Le pire est que, à chaque occasion, la communauté internationale, à travers ses diverses entités représentatives, cautionne ces exercices, qu’aucune société démocratique n’aurait acceptés comme de véritables élections. C’est-à-dire, suivant l’expression consacrée, « libres, honnêtes et démocratiques ».
Ce faisant, la communauté internationale contribue elle-même à éroder la confiance des citoyennes et citoyens dans les processus électoraux et ne fait ainsi que participer à l’alimentation de crises récurrentes à chaque fin de mandat présidentiel.
Alors que l’abstention ne fait que grandir, c’est donc, en réalité, la voie autoritaire, le « dappiyanp » qui prédomine en tant que mécanisme de prise de pouvoir en Haïti. C’est la loi du plus fort, qui nous ramène aux périodes d’avant la fin des administrations rétrogrades précédant le 7 février 1986, date de la fuite de Jean-Claude Duvalier.
Il est évident que de telles pratiques ne conduisent pas à la stabilité que des secteurs de pouvoirs et la communauté internationale disent rechercher de tous leurs vœux.
Il est impossible de construire la stabilité sans des élections véritablement démocratiques aboutissant à la proclamation de résultats les plus sincères. Pour cela, il faut absolument libérer le processus électoral, pris en otage par le pouvoir et l’argent.
La stabilité démocratique se consolidera à partir de processus électoraux transparents et inattaquables. Ce n’est nullement le cas aujourd’hui, car les élections du 9 aout ont été celles des gros-bras et les scrutins du 25 octobre ceux des malins. Nous voilà « tête droite » vers un renforcement à peine voilé de l’autoritarisme qui enfoncera le pays dans une situation dont les conséquences néfastes sont incalculables, du point de vue démocratique, économique et social.
Une réforme profonde du processus électoral, qui touche à la fois le système et les personnes, est à mettre en œuvre en Haïti. Les secteurs démocratiques et populaires doivent faire de ce changement un objectif de lutte pour la consolidation de la démocratie dans le pays.

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