« Nou tout sanble, menm lè nou diferan ! »

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  Pourquoi un projet de ce genre ?
Le projet fait partie de la refonte du curriculum du Ministère, même si on le fait en partenariat avec le ministère de la Jeunesse et des Sports. Il consiste à réintroduire dans le cursus deux disciplines : l’éducation à la citoyenneté et l’éducation artistique et esthétique. Dans ce cadre, depuis l’année  dernière, nous avons commencé en lançant une campagne nommée « Kenbe tèt ou », qui avait mobilisé beaucoup d’élèves, surtout au niveau secondaire. On avait enregistré beaucoup de cas de violence en milieu scolaire ; donc on avait utilisé plusieurs artistes pour nous aider à combattre ce fléau en véhiculant des messages de fraternité scolaire, des valeurs qui concernent le comportement des jeunes en milieu scolaire et même en dehors des salles de classe.
Parlez-nous de la campagne de cette année ?
Cette année, nous avons mobilisé plusieurs artistes afin de lancer la campagne d’éducation à la citoyenneté pour l’année scolaire 2015-2016. Le thème de cette année est « Nou tout sanble », avec un sous-titre : « Menm lè nou diferan ». Cela nous permet de facilement expliquer au grand public la décision que nous avons prise cette année de donner le même uniforme à tous les élèves des écoles publiques. C’est aussi une mesure qui nous permet de véhiculer des messages de fraternité scolaire, de bien-vivre, de réussite collective. Elle nous permet du même coup d’attaquer le problème de rivalité qui conduit à des violences au sein des écoles, notamment au niveau de la capitale. Mais, plus encore, c’est une mesure économique pour soulager les parents. 
Quel est l’objectif de « Nou tout sanble » ?
Le vrai focus de « Nou tout sanble » est de véhiculer des messages de positivité. D’apprendre aux jeunes qu’ils peuvent étudier ensemble et qu’ils peuvent aussi réussir ensemble. La notion de fraternité dont nous parlons, nous ne la voulons pas seulement dans les écoles publiques, nous la voulons partout. Nous allons avoir toute une série d’activités qui montreront qu’au-delà du port de l’uniforme, les jeunes ont des pratiques qu’ils peuvent développer ensemble. Le championnat interscolaire en est un bon exemple. Ce sont des occasions que nous créons pour favoriser beaucoup plus de mixité sociale ; que les jeunes se retrouvent même s’ils fréquentent lycées ou collèges, quelles que soient leurs origines sociales, qu’ils aient des espaces où ils peuvent pratiquer des activités sportives, culturelles ou artistiques en commun.
Vous avez parlé d’un ensemble d’activités, dites-nous-en un peu plus...
La première activité, qui est aussi la première phase de la campagne d’éducation civique de cette année, est un concours de logo. Les inscriptions sont lancées depuis le 24 octobre et se poursuivront jusqu’au 13 novembre. Pour participer au concours, il faut être âgé entre 15 et 20 ans et faire partie d’une école qui est en règle avec le ministère de l’Éducation nationale ; s’inspirer de la musique « Nou tout sanble » déjà en rotation ; ne pas copier un logo déjà existant. Le logo peut être fait à la main sur une feuille blanche format huit et demi par onze pouces ou peut être envoyé électroniquement. Les inscriptions sont gratuites et les trois premiers gagnants remporteront des ordinateurs portables, des iPad et des livres. La deuxième phase du concours est pour les dj, avec le mixage de la musique de la campagne. Elle sera lancée après le concours de logo, en janvier. La troisième phase est pour les réalisateurs, qui devront remixer la vidéo de la chanson thème avec les artistes. C’est le dernier concours qui sera organisé pour la campagne.
Le public ciblé est donc plus large que les écoliers ?
Bien entendu. « Nou tout sanble, menm lè nou diferan » est un thème de ralliement. Dans un pays si divisé, nous pensons que ce thème peut dépasser le milieu scolaire et toucher tout le monde. Les artistes qui y participeront ont tout le loisir de toucher toutes les scènes de vie pour prouver que malgré nos différences, nous appartenons à une seule et même communauté, que nous aimons. Et le fait que nous commençons la campagne à l’intérieur des écoles est extrêmement important.
Que faites-vous pour vous assurer que la campagne soit nationale ?
Le ministère de l’Éducation nationale est sur tout le territoire. Les directions départementales sont aussi au courant et elles ont leur propre stratégie de communication. Nous avons une belle promotion à travers les radios communautaires, qui nous assurent un large public. La campagne va s’étaler sur toute l’année et les concours vont nous aider à atteindre un public diversifié. Aussi, dans les prochains jours, nous serons sur toutes les télévisions, sur toutes les radios pour véhiculer le message. C’était malheureusement la limite de la campagne de l’année dernière, nous l’avions lancée trop tard. Bien que nous ayons eu des gagnants de partout. Mais cette année, c’est tout le contraire.
Quels sont les artistes qui vous accompagnent cette année ?
Nous avons Princess Eud, BIC, K-Libr', BelO, Tamara Suffren, Jean Jean Roosevelt, Manno Charlemagne et plusieurs autres artistes qui nous ont  promis leur support pour cette grande campagne durant l’année.
Pour l’accent sur le civisme ?
Chez les jeunes de nos jours, nous avons constaté un grand besoin de repères. Malheureusement, ils manquent de modèles, d’exemples et d’environnement. Il n’y a pas beaucoup d’endroits pour qu’ils s’amusent sainement, pour qu’ils fassent du sport ensemble, pour aller tout simplement regarder un spectacle. L’école n’occupe que 30 % de la vie des jeunes. Le reste de leur temps libre, ils doivent normalement se récréer, construire leur citoyenneté. Trop de fois l’enfant est exposé à la drogue, à l’alcool. Ils n’ont pas le temps de se construire autour des valeurs comme le respect de l’autre et tout ce qui concerne leur réussite collective. Le civisme apprend des valeurs comme la citoyenneté, le respect de l’autre. La citoyenneté veut dire que je m’engage pour que ma communauté change, pour que ma communauté avance et que je participe à ce changement. Trop souvent l’école est l’école de la réussite personnelle, on doit changer cela.
Un message pour les jeunes lecteurs de Ticket ?
Je suis sûr que le jeune qui lit cet article est un futur champion. Seuls les gens qui ne tentent rien se réussissent jamais. Dès qu’un jeune participe, je le considère comme un gagnant. Le temps qu’il passe à l’école additionné au temps qu’il offre à sa communauté vont l’aider à se construire un vrai parcours professionnel. Un concours de ce genre offre des opportunités de rencontre, de discussions, et c’est ce que moi j’appelle un vrai apprentissage. Gaelle Alexis Source Tikcet

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