Des agents de la Pnh seraient impliqués dans des violences contre les habitants de l’Arcahaie, dénonce le Rnddh

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Des « traitements cruels, inhumains et dégradants » ainsi que des « actes de vandalisme et de sabotage » seraient perpétrés par des agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh) contre des habitantes et habitants de l’Arcahaie (municipalité à une trentaine de km au nord de la capitale), rapporte le Réseau national de défense des droits humains, dans un document en date du 14 octobre 2015, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
En rapport à ces actes de violences, le Rnddh dit prendre au sérieux les déclarations constantes de la population, corroborées en partie par les autorités judiciaires.
La Pnh devrait intervenir et rencontrer les personnes victimes, en vue de fixer les responsabilités des agents de la force publique dans l’aggravation de la situation à l’Arcahaie.
Ces actes violents de la Pnh font suite à un mouvement de mobilisation, organisée par des habitantes et habitants de l’Arcahaie en vue de protester contre un projet de délimitation territoriale du gouvernement haïtien, qui viserait à créer une nouvelle municipalité dénommée « Arcadins », sans aucune concertation avec les représentants de la population concernée.
Une marche pacifique, réalisée à l’Arcahaie le mardi 13 octobre 2015, a été violemment dispersée à coups de gaz lacrymogènes par des agents de la Pnh.
Le Réseau national de défense de droits humains recommande aux autorités concernées de diligenter une enquête pour faire le jour sur les événements survenus à l’Arcahaie, de traduire par-devant la justice toute personne et tout agent de la Pnh, impliqués dans les assassinats, les voies de fait, les blessures et dans les actes de sabotage et de vandalisme.
Il encourage à évaluer les pertes et indemniser les victimes, à abroger le décret du 25 juillet 2015 concernant le projet de délimitation territoriale et à prendre toutes les mesures nécessaires, afin de ramener le calme à l’Arcahaie.
Depuis début septembre 2015, la situation de tension à Arcahaie, émaillée d’actes de violences, a déjà occasionné 4 morts, 8 blessés, plus d’une vingtaine de motocyclettes endommagées ou incendiées et d’immenses dégâts, selon un bilan du Rnddh.
Deux maisons ont été incendiées, dont l’une par les agents de la Pnh, souligne le rapport du Rnndh en date du 14 octobre 2015.
Ezemanie May, âgée de 23 ans, est morte après avoir été atteinte d’un projectile au niveau du bras, qui a traversé sa cage thoracique.
Couvert d’ecchymoses, le cadavre d’un motocycliste - du nom de Gustave Louis - a été retrouvé après avoir été intercepté par les agents de la Brigade d’opération et d’intervention départementale (Boid).
Le cadavre d’Adams Delva, porté disparu, a pu être identifié par les parents, grâce à un tatouage.
Un chauffeur de taxi-moto a été mortellement heurté par un véhicule, au moment où il tentait de fuir des agents de la Pnh qui bastonnaient des chauffeurs de motocyclettes.
Plusieurs personnes blessées à l’Arcahaie ne participaient pas au mouvement de protestation contre le projet de délimitation territoriale, affirme un fonctionnaire dans la zone.
Des agents de la Pnh, notamment ceux de la Boid, rasent des bananeraies, crèvent les réservoirs de motocyclettes pour y mettre le feu, interpellent passants et habitants de l’Arcahaie, sans aucun respect pour les droits humains, pillent les commerces, consomment les marchandises sans payer, selon les informations recueillies par le Rnddh auprès de diverses personnalités à l’Arcahaie.
La population protestataire, représentée par un collectif de citoyennes et citoyens de l’Arcahaie, exige la réparation pour les victimes et le rappel des agents de la Pnh, qui sèment la terreur dans la zone, signale l’organisation de défense des droits humains. alter presse

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