La POHDH se préoccupe de la sécheresse dans le Sud

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Dans le cadre de son plaidoyer en faveur du droit à l’alimentation et de l’accès à l’eau potable pour tous, la Plateforme des Organisations Haïtiennes Droits Humains (POHDH) a  réalisé une visite d’observation dans les villes des Cayes et de Camp-Perrin dans le but de se renseigner davantage sur la sécheresse qui frappe actuellement le département du Sud. Dans cette note, la Plateforme présente les constats qu’elle a faits afin d’alerter l’opinion publique et les autorités en particulier sur les menaces que représente cette situation pour la population du Sud en particulier et le pays en général.
En effet, la POHDH souligne que depuis environ quatre mois plusieurs villes, localités, sections communales du département du Sud connaissent une situation catastrophique sans précédent. Au niveau de Mersan, première section communale de Camperin, les planteurs ont perdu leur récolte de Tabac, piment, maïs, poireau et choux à cause de la sécheresse. Depuis mars 2015, il n’y a pas eu une goutte de pluie, se plaignent désespérément trois paysans planteurs de Mersan. Le canal d’AVZAR, qui arrosait jadis leurs jardins et qui était aussi utilisé pour la lessive, est complètement sec. Ces paysans-planteurs, qui ne vivent que de l’agriculture, sont aujourd’hui à genou. Ils ne pourront pas rembourser les crédits qui leur ont été octroyés, ce qui laisse planer un sentiment de doute et d’inquiétude  par rapport à la  prochaine rentrée scolaire prévue pour le mois de septembre.
Par ailleurs, au niveau de la deuxième section communale des Cayes qui regroupe á elle seule trente neuf (39) localités dont Laval, Fond Fred et Tifèt, la situation est plus critique. A Laval par exemple, il n’y a pas de rivière et de canaux d’irrigation. Les paysans misent principalement sur la pluie pour planter. Mais pas une goutte de pluie depuis trois mois. De plus, des puits ordinaires que les habitants ont creusés sont étonnement secs ainsi que la ravine du Sud. « Toutes nos récoltes sont perdues. C’est la première fois que nous vivons cette situation dans la zone, a déclaré désolément Francois Zamor, un planteur-éleveur âgé de 48 ans ».
Si la Direction Nationale d’Eau Potable et d’Assainissement (DINEPA) est présente à Mersan via le Comité d’Approvisionnement Eau Potable et d’Assainissement  (CAEPA), elle est par contre inexistante dans la localité de Laval à tel enseigne, les femmes enceintes et les enfants  sont obligées de marcher plus de 15 minutes pour trouver de l’eau dans un puits (dénommé water for life), construit par une ONG Allemande appelée MISEREOR, le seul point qui desservit bon gré mal gré la communauté à la fois pour la lessive, la nourriture, la consommation et aussi pour les animaux. Chaque famille paie 50 gourdes par mois. Vu que le volume d’eau est très faible, il faut disposer des heures pour remplir des seaux d’eau. Il faut préciser que l’eau tirée des puits artésiens n’est pas gratuit.
Au niveau du Centre ville des Cayes, les familles ont d’énormes difficultés pour s’approvisionner en eau. Elles en reçoivent deux fois par semaine seulement. La distribution de l’eau par la DINEPA dans la ville dépend exclusivement du courant électrique. Alors que la ville des Cayes fait face á un sérieux problème d’électricité. Ainsi, seulement les familles ayant des pompes chez elles arrivent à conserver une quantité importante d’eau leur permettant de subsister pendant la grande période de black-out. Donc, on peut comprendre que la distribution de l’eau au Centre ville est  très problématique en termes d’accès á l’eau pour tous comme un droit humain. Notons qu’actuellement, la DINEPA installe des  compteurs par devant les  maisons à l’intérieur de la ville des Cayes, qui fixera la quantité d’eau que chaque ménage doit consommer par jour. Selon l’administrateur de cette institution que nous avons rencontré, cette mesure vise à garantir une meilleure gestion de l’eau.  Toutefois, dans les quartiers populaires de la ville des Cayes comme  Fort-Lislet, la Savane, La Tourterelle, Dalmaniac,  la Créole et Corridor Bouteille, il n’y a aucune présence de la DINEPA. Dans ces quartiers, les familles consomment une eau très douteuse. C’est le cas à la Savane où il y’a un puits artésien en de très mauvaise condition. Dans ce contexte électoral et de diversions politiques, voila une situation qui ronge le département du Sud et qui mérite d’être adressée dans l’immédiat.Commentaires et recommandations
La POHDH tient à rappeler que le département du Sud est l’un des principaux fournisseurs d’un ensemble de denrées comme le maïs, le riz, le manioc, le tabac à  tout le pays. Cette  sécheresse sans précédent qui s’abat sur cette région aura des impacts sociaux et économiques considérables sur le plan national. Les paysans que nous avons rencontrés voient déjà une crise de la faim insoutenable dans les prochains jours. Toutes ces récoltes qu’ils ont perdues  pourront entrainer tres prochainement une augmentation de la misère, de la faim dans d’autres villes du pays notamment Port-au-Prince. Nous pouvons aussi faire remarquer que la rentrée scolaire en septembre est mise en doute sérieusement compte tenu de cette situation. Comment ces paysans dont leur seule activité économique est la culture de la terre pourront continuer à payer la scolarité de leurs enfants ? Le droit á l’alimentation est aussi menacé car c’est à partir des bénéfices tirées des récoltes qu’ils pourvoient aux besoins de leurs familles. Les paysans-planteurs dans le département du sud, qui ont fait des prêts pour préparer les plantations, se trouvent aujourd’hui dans une situation très compliquée. Ils ne savent quoi faire, d’après les témoignages recueillis par l’équipe de la Plate-forme.     Fort de ces constats, la POHDH appelle aux autorités du pays et aux autres acteurs concernés de prendre urgemment des mesures appropriées afin de s’attaquer à cette situation critique sans précédent et permettre à  la population de jouir de ses droits sociaux et économiques comme le veulent la Constitution du pays et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. La POHDH exhorte par ailleurs les autorités à impliquer  la population dans la recherche de solution ou problème de rareté d’eau dans la région du Sud.
Quand le droit à l’alimentation, l’accès à l’eau et la scolarité des enfants sont menacés c’est l’existence même d’une population qui est mise en cause, c’est aussi la République qui est mise en cause. C’est la démocratie en elle-même qui est mise cause. Fait à Port-au-Prince, le 24 Juillet 2015
Antonal MORTIMÉSecrétaire Exécutif

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