Une fuite perpétuelle devant la misère!

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    Mai 2007. Le monde entier apprend une triste nouvelle!  Des paysans haïtiens qui fuyaient leur pays pour échapper au « mal vivre » sont morts noyés dans les îles Turks et Caïcos. La  page de cette tragédie a été tournée avec mépris et  légèreté... Bien que les survivants du naufrage aient parlé clairement de crime : leur embarcation, soutiennent-ils, aurait été coulée par la marine britannique.  Ces déclarations, qu’il faudrait courageusement ratisser comme le fond de la mer, n’ont jamais pu être vérifiées. Ce jour-là, aux micros de la presse étrangère, les naufragés ont littéralement explosé de colère. Ils n’avaient pas hésité encore une fois à mettre en relief l’implication nébuleuse et criminelle des autorités de la région dans les aboutissements tragiques de ces mésaventures regrettables qui, disaient-ils,  se soldent toujours, étonnamment, par des pertes importantes en vie humaine. De notre côté, nous croyons que la grande fréquence de ces drames, d’une similarité invraisemblable – car ils se produisent toujours de la même façon –  devraient effectivement mettre des puces à l’oreille de l’opinion mondiale. Les termes stupéfiants d’ « assassinat camouflé » revenaient dans toutes les explications que les sinistrés de mai 2007 tentaient de donner à leurs malheurs... L'enquête diligentée par le Premier ministre de l’époque, M. Jacques Édouard Alexis n’a accouché, à notre humble connaissance, que d’un rapport mitigé qui visait ostensiblement à ombrer les zones de responsabilité criminelle. Et c’était toujours ainsi. Les  « élus » ou « nommés » haïtiens l’ont assez montré. Ils sont des « Chefs », mais non des « Dirigeants » : chef d’État, chef de primature, chef de ministère, chef de police, chef de section, chef de quartier… Sans omettre, s’il vous plaît, le fameux « chef de famille » « ringard », cette espèce d’énergumène épais, ignare, arrogant qui s’arroge le droit de maltraiter sa compagne, battre ses enfants, sous prétexte qu’il apporte le pain, le sucre, la semoule de maïs et l’eau fraîche au foyer!    Des dizaines d’Haïtiens périssent chaque année en mer. La plupart sont portés disparus. Mystérieusement. Certaines informations révélées par les miraculés – difficiles à vérifier, certes – vont même jusqu'à parler de torpillage de voiliers... Comme Rony, ce jeune homme d’un bidonville de Port-au-Prince, de niveau universitaire, rescapé d'un naufrage lourdement meurtrier, que nous avons interrogé :     « Nous regardions au loin..., disons pas tellement si loin, les terres de la Floride...Nous jubilions de joie, tous les camarades... Le type complètement chétif, encore plus amaigri par les semaines de jeûne involontaire que nous venions  de passer   à bord  de la bicoque flottante remplie comme un œuf, a souri pour la première fois. Ses lunettes de Gandhi ne tenaient plus sur le visage squelettique creusé par des rides profondes... Il avait finalement entrevu le soleil de la vie. Il allait enfin traverser le seuil du "paradis" de l'Amérique... dans le sens qui fait sourire! Soudain, c'est la grande panique! Au lieu d'entendre la voix bienveillante de Saint Pierre, c'est Lucifer qui crache le feu... en anglais  à travers des mégaphones assourdissants:« Rendez-vous! Vous avez violé les eaux territoriales des États-Unis… »     « ..Et puis j'ai vu cette « chose » qui provenait du navire des gardes côtes américains  fendre  la mer à la vitesse de la lumière pour venir fracasser la frêle embarcation... Nous avons vécu l'horreur du Titanic... Les marines ont repêché quelques uns d'entre nous dans les eaux froides de l’océan, disons les plus résistants; et les autres, ils ont coulé comme des blocs de ciment... Naturellement, les marines ont fait de leur mieux – c'est ce qu'ils ont raconté après – pour sauver tout le monde...! »Les États des pays appauvris ne devraient-ils pas prendre le temps de réfléchir rationnellement sur les « causes véritables » qui provoquent ces tragédies en mer, et qui, de l’avis de plus d’un, semblent s’apparenter plutôt à des meurtres collectifs en série aux effets de dissuasion ? Les gouvernements débauchés comme ceux d’Haïti, de certains pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine n’ont jamais manifesté la ferme volonté d’enquêter sur ces histoires mystérieuses de naufrage meurtrier   et, le cas échéant, de saisir la Cour Pénale Internationale (CPI) à la Haye, aux Pays-Bas, des agissements odieux et révoltants des États délinquants et présumés assassins qui y seraient impliqués.      Durant ces dernières années, beaucoup d’Africains qui tentent de regagner les rives d’Italie connaissent le sort des boat-people haïtiens. Ils meurent noyés dans les eaux glaciales et profondes de Lampedusa sous l’indifférence de l’Union Européenne. La mer de la Méditerranée devient le cimetière de la jeunesse noire de l’Afrique. Là aussi pèsent sur le dos de la communauté internationale des soupçons énormes de bateaux coulés expressément… pour  protéger les territoires de l’Europe de l’émigration indésirable provoquée par le chômage et la pauvreté. Chems Eddine Chitour, le 11 octobre 2013 sur Mondialisation.ca,  dresse le bilan des catastrophes :      « Depuis 1999, plus de 200 000 personnes venant d’Afrique et d’Asie, fuyant la guerre, la faim et la misère, se sont échouées là-bas. On estime que 10 à 20 000 personnes sont mortes pendant la traversée. Depuis janvier 2013, 22 000 réfugiés ont atteint Lampedusa. »     La mairesse de Lampedusa, Giusi Nicolini s’indigne devant ce drame humain et interroge le « Ciel » : « Quelle taille le cimetière doit-il atteindre sur mon île? »    Le drame affreux de Cayo Lobos en 1980 est un fait scandaleux qui a marqué notre mémoire de jeunesse. Des boat people haïtiens sont restés bloqués durant trois mois sur l'île déserte du même nom. Ils se sont nourris, comme des animaux sauvages, de criste-marine : une plante de la famille des ombellifères, au goût de fiel. Le gouvernement de Jean-Claude Duvalier, quoiqu’il ait été informé par un paysan du groupe, qui avait bravé la mer dans le but de trouver de l’aide pour ses compatriotes, choisissait d’ignorer les appels de détresse des éprouvés.      Quelles contradictions ! Des individus qui rêvent de partir! D'autres, de revenir! Et croyez-nous, dans un sens ou dans un autre, les obstacles se dressent aux devants de ces deux rêves contrastants comme la tempête de sable du désert qui enterre vivant le pèlerin égaré. Les répartitions dichotomiques des richesses mondiales ne seraient-elles pas à la base des durcissements des normes migratoires internationales? D’un côté : l’arrogance du gaspillage ! De l’autre : l’indécence de l’insuffisance !  Les pauvres ne sont pas bien accueillis en Europe et en Amérique du Nord. Les  barrières de barbelés se dressent dans tous les  sens pour empêcher le Sud de venir troubler le sommeil de l'opulence du Nord. Le droit à la libre circulation n’existe plus pour les « Dieubon, Dieuseul, Dieumaime» sur la planète du « Bon Dieu ». Des femmes, des hommes, des enfants, des vieillards sont maintenus arbitrairement en prison dans les pays qui s'approprient pourtant la paternité de la civilisation universelle, parce que tout simplement, ils ont cherché à atteindre des rives plus clémentes  qui leur permettraient de rester accrochés à la vie. Le moteur de cette soi-disant civilisation humaine est grippé par la politique d’exclusion sociale et économique que les pays riches appliquent envers les marginalisés. Les pauvres ne sont pas nés « à l’abri du feuillage »(1)    De temps en temps, la presse internationale revient aux problèmes des braceros haïtiens en République dominicaine. Les films documentaires affligeants sur les conditions de vie des « congos » dans les bateys ne se comptent plus. Ils nous parlent tous de sang dans le sucre qui adoucit le café fumant de l'Occident. Et ce sang, c'est celui de nos sœurs et de nos frères terriens que le « capital » suce exécrablement pour étancher sa soif des « plus-values ». Cela fait trop longtemps que l'opinion internationale en parle. Mais l’État haïtien, malheureusement,  reste sur son  séant. Sa nature faiblarde, médiocre, incompétent le cloue dans l’immobilisme.    Alcidamus a dit: « Dieu a fait libre tous les hommes, et la Nature n'en a  fait aucun esclave. » Pourtant, en plein vingt-et-unième siècle, les médias étrangers parlent toujours d’esclaves haïtiens en République dominicaine dans leurs reportages écrits, parlés et télévisés.    Aucun individu ne devrait jouir du privilège de posséder 1 million de dollars sur son compte bancaire, quand des milliards d’autres n’ont même pas de quoi acheter un morceau de pain et une bouteille d’eau potable. C’est encore honteux de constater que, sur une planète qui est censée l’héritage commun de la « Création », des individus habitent dans des châteaux construits sur des milliers d’hectares de terres cultivables, alors que d’autres se recroquevillent toutes les nuits sur les trottoirs humides ou glacés des mégalopoles. Quelle triste vérité d’observer des enfants qui vagabondent dans les ruelles étroites des favelas, alors que d’autres, au même moment, se trouvent dans les meilleurs établissements d’enseignement du monde où ils apprennent les rudiments de l’alphabet, étudient la géographie, l’histoire, la sociologie…, s’initient aux sciences dures (mathématiques, physique, biologie, chimie) pour préparer et assurer leur avenir social, politique, économique, culturel…!     Toutes les richesses matérielles et intellectuelles de la planète ne sont-elles pas confinées entre les mains d’une famille idéologique dominante?Chaque année, le magazine américain Forbes publie des statistiques impressionnantes pour le classement des individus les plus riches de la planète. Pour 2015, Bill Gates (États-Unis) reste en tête de liste avec une fortune évaluée à 79, 2 milliards de dollars. Il est suivi de près par Carlos Slim Helu (Mexique) avec 77,1 milliards. Et Warren Buffet (États-Unis), 72,7 milliards. Les avoirs des 20 individus les plus riches du globe totalisent 899 milliards. Dire qu’il y a 1826 milliardaires en 2015 sur les cinq continents. Selon Jean-Baptiste Chastand du journal français Le Monde, il faudrait 22 milliards d’euros, soit 30 milliards de dollars pour éradiquer durablement le problème de la faim sur la terre.  Si la planète va mal en termes de maladies chroniques liées à la pauvreté extrême, c’est tout simplement à cause d’une mauvaise répartition de ses richesses. Les situations de violences qui se développent tous les jours, et que l’on observe aux quatre coins du globe en sont directement la triste et désobligeante conséquence.     Malgré les réalités dures et cruelles, pour les citoyennes et citoyens qui luttent afin de « laisser un monde meilleur derrière eux », il importe de garder l'espoir que les prisonniers de la faim, les victimes de l’exploitation économique et financière, les esclaves du capital, les sujets de l’exclusion sociale, les vaches à lait de la gabegie fiscale, finissent par reconquérir leur dignité : celle que confère la jouissance pleine et entière des droits individuels et collectifs.     Mais cela ne viendra pas tout seul. Il faut des sacrifices humains. Au-delà des frontières idéologiques, les « esclaves » de la terre doivent se regrouper sur un terrain de lutte commune pour triompher de leurs « maîtres »Robert Lodimus___________________________1.- Jean de La Fontaine, Le chêne et le roseau.

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