La réévaluation des relations entre les musiciens et les promoteurs haïtiens pour un meilleur lendemain

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Dans toute industrie musicale, il existe un lien, une relation de travail entre l’artiste, le manager, l’agent artistique et le promoteur. Cette corrélation est inévitable. L’artiste s’occupe de la performance musicale, tandis que le manager / agent artistique aide dans la gestion de ses contrats Il fait des arrangements entourant la promotion et le marketing de ses œuvres. Il négocie aussi les cachets des artistes. L’industrie musicale est aussi connue sous le nom de « l’industrie du disque ». Elle englobe toutes les activités ayant un certain rapport aux produits musicaux disponibles sur le marché (marché musical - marché de la musique). Le marché musical est donc  partie prenante de l’industrie.   Cette industrie inclut également les medias, c'est-à-dire les animateurs de radio / de télévision qui diffusent de la musique ou encore des hôtes de talk-show (animateurs d’émission-débat) qui parlent de cet art. Dans une industrie musicale structurée, le manager engage un promoteur afin que celui-ci organise un concert, un festival ou une soirée. Auteur de l’article: Robert Noël. Dans le marché musical konpa dirèk, c’est l’inverse. Le promoteur assure la promotion de l’événement  et sa publicité après avoir signé un contrat de prestation d’accueil de spectacle avec le manager de l’artiste / du groupe musical et le propriétaire du club / de la salle de spectacle où l’événement doit avoir lieu. Le marché musical « konpa dirèk » tout couvert de confusion Il y a une confusion au niveau de la fonction du promoteur dans notre milieu. Il faudrait plutôt parler d’organisateur / producteur de spectacles. Pour une meilleure compréhension de la situation, le mot « promoteur » est utilisé ici comme on le conçoit dans le monde du konpa dirèk.  Le promoteur n’assure pas la promotion de l’œuvre de l’artiste. Il ne fait que garantir la publicité liée à son plus prochain spectacle / sa soirée dansante. Il a quand même une fonction liée à l’artiste. S’il décide d’engager un artiste, il faut qu’il lui fournisse un contrat d’engagement, que le manager doit vérifier à la loupe. Celui-ci s’assure également de la vérification du montant de la rémunération que, souvent, il détermine en accord avec l’artiste ou la formation musicale qu’il contracte.  Le manager a pour obligation d’exiger que le promoteur et le club possèdent une police d’assurance valide. Le promoteur a pour responsabilités l’accueil du public, la sécurité du spectacle et de l’artiste / des groupes musicaux. L’assurance doit aussi couvrir le public (risque de chute de personnes ou d’objets, de blessures, d’incendie). Cette assurance protège aussi l’artiste / les groupes musicaux, les musiciens, le matériel de sonorisation et les équipements électroniques qu’utilisent les artistes. Tout ceci doit être vérifié au moins trois jours avant le spectacle. Il faut aussi qu’on dispose d’une loge pour musiciens afin d’éviter le contact direct des artistes avec le public avant le spectacle. Regarder des musiciens déambuler dans la salle avant le spectacle reflète leur manque de professionnalisme. Certains le font pour gérer leur vedettariat et attirer les regards. Dans l’industrie musicale haïtienne, ces prérogatives ne sont pas considérées, voire respectées.  Tout se fait à l’improviste et on risque d’être victime d’incidents malheureux quand on s’y attend le moins. L’artiste est aussi sujet aux abus des promoteurs, et cela tant physiques que d’autres. Considérant le mode de fonctionnement des acteurs dans le circuit de divertissement, on n’écarte pas non plus la possibilité que l’artiste ne reçoit pas son salaire selon les prescrits du contrat verbal ou écrit, préalablement discuté entre le manager et le promoteur. La découverte d’un monde méconnu du public Dans un marché musical structuré, le métier de promoteur requiert une licence lui conférant l’autorisation légale de fonctionnement. Il y a de ces promoteurs qui utilisent des comptes bancaires qui ne leur appartiennent pas, mais à une tierce personne-complice dans leurs transactions frauduleuses. Bon nombre d’entre eux n’ont pas un capital disponible leur permettant d’organiser des soirées, des concerts, ou des festivals. Ils empruntent de l’argent de quelques investisseurs qui ne connaissent pas les ouailles du business lié à l’organisation de spectacles. A ces innocents investisseurs, ils donnent le numéro de ce compte bancaire pour qu’ils déposent les sommes verbalement conclues. Des fois, ils n’ont aucune intention de produire un spectacle. Ils empochent l’argent et mènent la belle vie pour un court temps.Ces promoteurs malhonnêtes utilisent une telle modalité pour essayer de détourner l’attention d’un juge, au cas où ils seraient traduits en justice, s’ils n’acquittent pas leur dette envers leurs prêteurs. Fort souvent, ils ne remboursent pas cet argent. À ces promoteurs-brasseurs, on dit : À malin, malin et demi. Leurs fraudes peuvent être retracées sans grande difficulté. Par exemple, un jeune bailleur de fonds de Boston est victime d’un tel acte d’un promoteur de New York très connu dans le monde du divertissement. Aux États-Unis, il y a un État de droit établi et il est respecté. Au pays de l’Oncle Sam, la boutade « l’enquête se poursuit » n’a pas droit de cité.  L’enquête conduit toujours à des résultats, et cela même après des décades. Qu’on ne se trompe pas. Certains promoteurs d’ici et d’ailleurs profitent de l’innocence de certaines gens pour blanchir l’argent de ces pauvres et rudes travailleurs. Ils sablent du champagne au bal pour montrer qu’ils ont du fric, quand en réalité ils sont fauchés jusqu’aux dents. Ils se croient être capables de tout, et ils arrivent même à insulter des gens honnêtes et sérieux,  incluant certains artistes. Certains d’entre eux sont physiquement très agressifs. Aujourd’hui, on vient d’enregistrer un cas de violence sur la personne d’un musicien. L’industrie musicale haïtienne est aujourd’hui en ébullition. Les spéculations de toute nature arrivent de toute part. Les gens réagissent et rendent déjà leur verdict sans connaître et analyser en profondeur la version des deux antagonistes.   L’épuration de l’industrie musicale haïtienne : Une nécessité pour le bien-être collectifCertains artistes et groupes musicaux engagent des managers qui ne sont que des figurants puisque les maestros souvent contrôlent toutes les activités financières de leur orchestre. Ne disent-ils pas souvent: se yon biznis map jere?  Est-ce un écart de langage ou une erreur d’inattention des maestros?  Pour exprimer l’idée de bien-être collectif, ils auraient pu dire : « biznis na p jere ». Ils s’accusent sans s’en rendre compte. Ils envahissent le territoire du manager. Les artistes sont souvent victimes de non-paiement et ne peuvent recourir à la justice à cause de l’illégalité dans laquelle ils opèrent leur business. On ne comprend pas la logique qui fait que l’artiste s’occupe du show et du Biz (showbiz) simultanément. N’est-ce pas la fonction du manager qui discute du contrat et qui doit réclamer du promoteur le solde sur un contrat (solde débiteur)? Dans cet univers konpa dirèk, le musicien s’expose à divers dangers, incluant des confrontations de toutes sortes  avec un promoteur ou ses associés.  Le cas le plus fréquent est remarqué parmi les artistes-solos qui ne se donnent pas la peine d’embaucher un manager, un agent artistique, un avocat / juriste spécialisé dans le droit du spectacle. Les formations musicales ne se conforment  pas non plus à ce principe directeur. Des fois, en voulant tout gagner, on risque de tout perdre. Les groupes musicaux sont victimes de non paiement d’un quelconque promoteur, au moins une fois. Beaucoup de promoteurs s’accaparent de certains groupes musicaux, empêchant aux autres producteurs de spectacles de les engager. Ils deviennent donc des démarcheurs d’orchestres. On les voit partout.
Il faut  dire que tous les promoteurs ne sont pas de la lignée de ces  petits brasseurs d’affaires qui  bourgeonnent comme des champignons dans tous les coins de rues. Mais, ils fonctionnent tous dans les mêmes conditions d’illégalité, sans la licence professionnelle que requiert leur métier de promoteur. Les promoteurs se chamaillent / se querellent pour de tout petits riens. Souvent, ils cherchent un « break » / un rabais de la part de l’artiste ou d’un groupe musical, surtout quand « la vache est  maigre » et que les recettes ne satisfont pas leur espérance. Ce qui attriste, c’est qu’ils affichent des chiffres incroyables sur les réseaux sociaux montrant qu’ils se sont tirés d’affaires, même s’ils sont déficitaires. On peut dire avec certitude, après avoir mené des enquêtes méticuleuses-preuve à l’appui-, que beaucoup de ces promoteurs sont endettés et ne peuvent s’acquitter de leur dette. Les  artistes et groupes musicaux doivent se débarrasser des promoteurs-brasseurs, sans éthique,qui, dans un passé lointain ou proche, avaient manifesté un comportement non professionnel à leur  égard. Il  faut aussi que les musiciens légalisent leur business, tout en ayant soin de créer une association (légale). La légalisation pourra aider, si un jour ils doivent traduire en justice quelqu’un de qui ils sont ou ont été victimes d’un acte de violence verbale ou physique, considérant qu’ils n’ont aucun casier judicaire lié à une opération illégale d’un business ou à une quelconque fraude ayant causé leur arrestation dans le passé. Si un malentendu ne peut pas être résolu à l’amiable, on doit considérer d’autres alternatives. De deux choses l’une.[email protected]

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